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Marché : Moscou et Kiev toujours pas d'accord sur le prix du gaz

Marché : La Russie rejette la proposition de l'Ukraine sur le prix du gazMarché : La Russie rejette la proposition de l'Ukraine sur le prix du gaz

KIEV/MOSCOU (Reuters) - La Russie n'a pas reçu de réponse "appropriée" de l'Ukraine à ses propositions dans le cadre des discussions entre les deux pays sur le prix du gaz livré par Moscou, a déclaré vendredi le président Vladimir Poutine par la voix de son porte-parole, cité par l'agence Interfax.

La Russie a proposé à l'Ukraine une ristourne de 100 dollars par 1.000 mètres cubes de gaz, soit un prix abaissé à 385 dollars. De son côté, l'Ukraine s'est dite prête à un compromis sur la base d'un prix de 326 dollars.

Moscou a donné à l'Ukraine jusqu'à lundi prochain pour s'acquitter d'une partie de sa dette gazière sous peine de se voir couper l'approvisionnement en provenance de Russie.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dit ne pas être informé d'un projet de nouvelles discussions entre les représentants de Moscou et de Kiev d'ici là.

Le ministre ukrainien de l'Energie, Iouri Prodan, a néanmoins proposé en fin de journée que les discussions se poursuivent à Kiev ou dans une autre ville européenne à partir de samedi.

De son côté, le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a ordonné aux entreprises du secteur de l'énergie de se préparer à des coupures de gaz russe à partir de lundi.

Il a également demandé à l'autorité nationale de régulation de revoir les tarifs de transport du gaz russe en transit via l'Ukraine.

La Russie fait passer par l'Ukraine environ la moitié de ses exportations vers l'Europe, selon un communiqué du gouvernement publié vendredi.

L'Ukraine s'est déclarée prête vendredi à payer le gaz naturel qu'elle importe de Russie à un tarif de 326 dollars les mille mètres cubes, pour une période transitoire de dix-huit mois pendant laquelle des négociations se poursuivraient afin de régler le contentieux tarifaire entre les deux pays.

"DERNIÈRE OFFRE"

Le directeur général de la compagnie publique Naftogaz, Andreï Kobolev, a déclaré que ce prix - à mi-chemin des exigences des deux parties - avait été proposé par la Commission européenne, qui joue les médiatrices dans le conflit.

"Pour nous, la Commission européenne a proposé un compromis qui n'est pas mauvais", a-t-il dit à la presse, semblant suggérer que Kiev paierait ce prix pendant 18 mois.

"L'Ukraine serait prête, dans le cadre d'un tel compromis, à payer ses factures en retard", a-t-il dit.

Il a toutefois estimé que ce prix restait "plutôt élevé" compte tenu de propositions qu'il dit avoir reçu d'autres compagnies gazières européennes qui offriraient de livrer à l'Ukraine du gaz à un prix plus bas.

Il n'a pas donné de détails sur ces offres qu'il dit avoir sur son bureau.

Moscou a présenté comme sa "dernière offre" à Kiev un tarif d'environ 385 dollars pour 1.000 m3 de gaz, soit une baisse de l'ordre de 20%.

"Cette réduction n'est pas suffisante pour nos partenaires ukrainiens, ils veulent plus, même si on ne voit pas clairement sur quelle base", avait déclaré jeudi Vladimir Poutine lors d'une réunion ministérielle à Novo-Ogariovo, près de Moscou.

"Si c'est vraiment le cas, alors il semble bien que nous allions vers une impasse."

L'Ukraine veut un changement aux conditions d'un contrat de 2009 qui l'oblige à acheter un volume déterminé de gaz, à 485 dollars pour 1.000 mètres cubes. Moscou a ensuite revu ce prix à la baisse à 268,50 dollars avant de rétablir l'ancien tarif après l'éviction en février du président pro-russe Viktor Ianoukovitch.

Moscou a offert de ramener le prix à 385 dollars en supprimant une taxe à l'export de 100 dollars pour 1.000 mètres cubes. Cela correspondrait au prix moyen payé par les clients européens au groupe russe Gazprom.

La Russie affirme que l'Ukraine lui doit une facture de quatre milliards de dollars (trois milliards d'euros). Gazprom veut que l'Ukraine ait payé 1,95 milliard de dollars d'ici lundi, faute de quoi elle menace de fermer le robinet des approvisionnements.

(Pavel Politiouk et Natalia Zinets à Kiev, Vladimir Soldatkine à Moscou, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Tangi Salaün)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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