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Marché : Montebourg s'en prend à Merkel après le vote italien

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PARIS (Reuters) - Les Italiens ont sanctionné la politique économique imposée par l'Allemagne, a déclaré mardi Arnaud Montebourg, qui plaide pour une "politisation de l'euro" et un financement des dettes publiques par la Banque centrale européenne après le vote italien.

Le ministre français du Redressement productif s'est félicité de l'affaiblissement de l'euro entraîné par ce scrutin, qui n'a pas dégagé de majorité stable dans la Péninsule.

"Les Italiens ont dit qu'ils n'étaient pas d'accord avec la politique imposée par les marchés", a-t-il dit à l'occasion d'une rencontre avec la presse économique. "Je pense que les peuples ne sont pas prêts à passer sous la table et c'est la démonstration italienne."

Arnaud Montebourg a dénoncé "le verrouillage monétaire" de la zone euro, qui correspond, selon lui, à une situation où la chancelière allemande "dicte le taux de l'euro".

"Madame Merkel ne peut diriger seule l'Europe et fixer la parité", a-t-il enchaîné.

"Je suis pour l'euro moins fort. L'euro est trop fort et il ne correspond pas aux fondamentaux économique", a-t-il dit. "Je suis très content de la baisse de l'euro et cette baisse doit continuer."

Pour lui, la parité de l'euro est "une décision collective, qui doit correspondre aux fondamentaux des économies de la zone euro".

"GUERRE DES MONNAIES"

"Je défends avec Pierre Moscovici, l'idée que l'Eurogroupe et la Banque centrale européenne fassent leur travail et se préparent à affronter ce qui vient d'être déclenché par de nombreux pays, à commencer par le Japon, une nouvelle guerre des monnaies, où l'affaissement des monnaies devient une arme politique", a poursuivi le ministre du Redressement productif, qui a dit s'exprimer à titre personnel.

"Je demande à ce que nous politisions davantage l'euro et que la banque centrale européenne s'occupe du taux de change", a dit Arnaud Montebourg, franchissant une première ligne rouge vis-à-vis de Berlin, où l'absence d'intervention sur la parité de la monnaie fait largement consensus.

"D'ailleurs l'Eurogroupe est chargé de dire quelle est la préférence politique vis-à-vis de la parité euro-dollar, euro-yen, euro-yuan", a-t-il poursuivi.

Le ministre a ensuite plaidé pour une monétisation de dettes publiques par la banque centrale européenne, agitant un deuxième chiffon rouge aux yeux des Allemands pour lesquels cette question constitue un véritable tabou.

"Je considère que la question doit être posée à la Banque centrale de faire ce que fait par exemple la banque centrale d'Angleterre qui a monétisé une partie de sa dette pour soulager le contribuable britannique", a-t-il dit en référence au programme d'achat massif d'obligations du Trésor britannique mis en oeuvre par la Banque d'Angleterre.

Arnaud Montebourg a aussi cité l'exemple américain où la banque centrale a aussi mis en oeuvre un vaste programme de rachats d'actifs dont des emprunts du Trésor.

"La Federal Reserve Bank a fait son travail pour éviter de ne pas trop aggraver les mesures d'ajustement budgétaire", a-t-il dit.

"Il y a des efforts à faire pour remettre de l'ordre dans les finances publiques mais considérer que la totalité des efforts doit porter sur les impôts et la réduction des dépenses c'est excessif", a poursuivi Arnaud Montebourg.

"Nous devons donc partager une partie des efforts entre la monétisation de la dette qui est bien naturelle puisqu'elle est directement liée aux errements du système financier bancaire que les dites banques centrales n'ont pas suffisamment surveillé dans le passé", a estimé le ministre.

Marc Joanny, édité par Yves Clarisse

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