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Marché : Matteo Renzi présente son budget, Bruxelles en embuscade

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par Gavin Jones

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien a approuvé mercredi soir un projet de budget 2015 prévoyant 18 milliards d'euros d'allègements fiscaux qui ne devraient pas être du goût de la Commission européenne, cette dernière estimant que Rome doit faire davantage pour réduire sa dette.

Le projet de loi de Finances du président du Conseil, Matteo Renzi, confronté à une économie en berne, ne prévoit qu'une réduction marginale du déficit tout en augmentant les nouveaux emprunts pour favoriser la croissance.

Ce budget, qui propose, selon l'ancien maire de Florence, "la plus forte réduction d'impôt jamais tentée" dans le pays, a été transmis immédiatement à la Commission européenne pour respecter le délai fixé au 15 octobre.

Matteo Renzi a déclaré qu'il pensait que Bruxelles pouvait accepter le texte, en prenant en compte des circonstances économiques exceptionnelles et le fait que l'Italie a entrepris des réformes structurelles.

L'Italie est "disposée à réfléchir et à discuter avec la Commission européenne de la question de l'ajustement structurel", a déclaré le chef du gouvernement italien.

Sur les 18 milliards de réductions d'impôts prévues, Matteo Renzi a dit qu'une dizaine de milliards d'euros proviendraient du maintien d'une mesure de réduction d'impôt bénéficiant aux bas revenus, mise en place en avril, et 6,5 milliards de la réduction de l'"impôt régional sur les activités productives" (IRAP).

Le gouvernement prévoit en outre un milliard d'euros d'incitations fiscales pour les entreprises qui embauchent de nouveaux salariés à durée indéterminée.

"La différence entre le budget 2014 et celui de 2015, c'est 18 milliards d'euros d'impôts en moins", a-t-il tweeté mercredi.

La Commission a demandé à Rome de réduire davantage son déficit pour faire face au fardeau de la dette qui a augmenté de façon continue jusqu'à représenter plus de 130% du produit intérieur brut (PIB), le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce, a-t-on appris auprès de sources de l'Union européenne (UE).

Matteo Renzi attribue la hausse de la dette à la faiblesse persistante de l'économie et estime que la rigueur budgétaire l'aggrave à elle seule.

L'Italie table sur une baisse de 0,3% de son PIB cette année, qui constituerait la troisième année consécutive de contraction, avant une croissance modeste de 0,6% en 2015.

DÉFICIT PUBLIC À 3,8% DU PIB AU 1ER SEMESTRE

Ces questions ont suscité un vaste débat sur l'avenir des règles budgétaires en vigueur dans la zone euro. La France et l'Italie réclament plus de marge de manoeuvre pour permettre d'augmenter les dépenses, tandis que l'Allemagne insiste sur la nécessité d'une discipline budgétaire stricte. La Commission est dans l'entre-deux.

La position de la France est jugée plus inconfortable que celle de l'Italie car, si sa dette publique est inférieure, son déficit budgétaire dépasse la limite de 3% du PIB fixée par l'UE, contrairement à celui de l'Italie (2,8% en 2013).Les données officielles publiées mercredi ont souligné le peu de marge de manoeuvre dont dispose le chef du gouvernement italien. L'Institut national de la statistique (Istat) a annoncé que le déficit public avait atteint 3,8% du PIB au premier semestre.

Matteo Renzi n'a pas clairement dit comment seraient financés ces allègements fiscaux. Il a récemment rejeté une série de propositions formulées par le commissaire à la réduction des dépenses publiques, Carlo Cottarelli, qui a ensuite annoncé sa démission.

En septembre, le président du Conseil avait annoncé que le budget comprendrait une baisse des dépenses à hauteur de 20 milliards d'euros avant d'en limiter lundi le montant à 16 milliards. Des médias italiens ont rapporté mercredi que la baisse des dépenses publiques ne dépasserait pas 13 milliards d'euros.

Le conflit avec Bruxelles tourne autour du déficit "structurel" de l'Italie, c'est-à-dire ajusté des facteurs exceptionnels et du cycle conjoncturel, que l'Italie propose de réduire de seulement 0,1% du PIB.

La Commission réclame une correction d'"au moins 0,7%", a déclaré mardi une source au sein de l'Union européenne.

En l'absence de compromis de part et d'autre, il est probable qu'une longue période de négociations va s'ouvrir entre Matteo Renzi, la Commission et les dirigeants des autres pays membres de la zone euro avant que l'organe exécutif de l'UE ne livre son verdict.

(avec Steve Scherer et Isla Binnie, Mathilde Gardin et Patrick Vignal pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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