Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Mario Draghi minimise le risque de "guerre des monnaies"

Marché : Mario Draghi minimise le risque de "guerre des monnaies"

Marché : L'euro fort exerce un risque baissier sur les prix, selon DraghiMarché : L'euro fort exerce un risque baissier sur les prix, selon Draghi

par Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, s'est efforcé lundi d'apaiser le débat en cours sur les risques de "guerre des monnaies", tout en expliquant que la BCE n'avait pas encore mesuré l'impact économique de l'appréciation de l'euro.

Ce dernier a touché un plus haut de 15 mois face au dollar au début du mois, une évolution qui a compliqué la tâche de la BCE en pesant sur la croissance et en alimentant les spéculations selon lesquelles la banque centrale serait obligée de prendre de nouvelles mesures de soutien à l'économie, même si certains de ses membres y sont opposés.

Lors de son audition trimestrielle devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Mario Draghi a déclaré s'attendre à une reprise progressive dans la zone euro au cours des prochains mois mais il a souligné l'importance du taux de change de l'euro pour la croissance et pour les prix, précisant qu'il pourrait faire baisser exagérément l'inflation.

"Nous devrons analyser dans nos prochaines projections si le taux de change a eu un impact sur notre profil inflationniste, car c'est toujours à travers la stabilité des prix que nous traitons de questions comme celle-là", a ajouté Mario Draghi.

Le G20 a conclu samedi une réunion à Moscou en promettant de ne pas s'engager dans une "guerre des monnaies", tout en se gardant de critiquer la politique de relance du Japon qui a fait chuter le yen de 20% et suscité les protestations de ses rivaux commerciaux.

Alors que la Banque du Japon et la Réserve fédérale américaine poursuivent des politiques monétaires ultra-accommodantes, la BCE commence à démanteler progressivement certains des mécanismes mis en place depuis la crise financière, une divergence qui a également contribué à faire monter l'euro.

"La plupart des mouvements que nous avons vus sur les taux de change n'étaient pas ciblés explicitement, ils résultaient de politiques macroéconomiques nationales destinées à renforcer l'économie", a-t-il expliqué.

L'INFLATION DEVRAIT REVENIR SOUS 2%

"De ce point de vue, je trouve très excessif tout langage évoquant une guerre des monnaies", a-t-il ajouté, estimant que le taux de change de l'euro était "autour des moyennes à long terme".

Il a expliqué avoir, lors de la réunion du G20, appelé toutes les parties concernées à "une discipline verbale très, très stricte".

L'euro a baissé après ces déclarations, se traitant autour de 1,3350 dollar vers 17h30 GMT contre 1,3359 avant l'intervention de Mario Draghi.

A Vienne, un autre responsable de la BCE, l'Autrichien Ewald Nowotny, a jugé que les fluctuations actuelles de l'euro face au dollar n'étaient pas sans précédent et que l'appréciation de la monnaie unique face au yen n'était pas grave.

"Cela signifie que si les choses restent en l'état, nous sommes en train de discuter pour rien", a-t-il poursuivi en jugeant "totalement inutile" de parler de guerre des monnaies.

Mario Draghi, lui, a réaffirmé aux députés européens que le taux de change de l'euro ne faisait pas partie des objectifs de la politique de la BCE mais il a reconnu qu'il était "important pour la croissance et la stabilité des prix".

La BCE vise une inflation inférieure à mais proche de 2%.

"L'inflation devrait baisser sous les 2% à court terme", a-t-il dit.

Mario Draghi s'est également exprimé sur les perspectives économiques de la zone euro, et a prévu qu'une reprise "très progressive" suivrait les débuts moroses de 2013.

"Le renforcement de la demande mondiale, notre politique monétaire accommodante et l'amélioration de la confiance des marchés financiers dans les pays de la zone euro devraient se traduire par des décisions de dépenses et d'investissement et soutenir la reprise", a-t-il dit.

Il a toutefois souligné que la probabilité d'une dégradation des perspectives économiques des Dix-Sept restait supérieure à celle d'une amélioration.

Avec Michael Shields à Vienne, Juliette Rouillon et Julien Dury pour le service français, édité par Véronique Tison

Copyright © 2013 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...