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Marché : Les résultats de Deutsche Bank et UBS plombés par les litiges

Marché : UBS repousse son principal objectif de rentabilitéMarché : UBS repousse son principal objectif de rentabilité

par Katharina Bart et Thomas Atkins

ZURICH/FRANCFORT (Reuters) - La question de l'assainissement du secteur bancaire a dominé les publications trimestrielles de Deutsche Bank et UBS mardi, les résultats des deux banques ayant été amputés par des provisions inattendues pour risques juridiques.

La première banque allemande a dû augmenter ces provisions de 1,2 milliard d'euros au troisième trimestre, ce qui a contribué à la chute de 98% de son bénéfice imposable à 18 millions d'euros au lieu des 642 millions attendus en moyenne par les analystes.

Après cette annonce, son titre perdait 2% vers 11h50.

Sa rivale suisse UBS a dû, elle, reporter d'un an au moins de son principal objectif de rentabilité en raison des besoins temporaires de renforcement de ses fonds propres imposés par son autorité de tutelle, un retard qui a largement occulté des résultats trimestriels meilleurs qu'attendu.

L'action UBS chute de son côté de 6,4% à Zurich.

Ces deux annonces montrent le long chemin qu'il reste à parcourir aux banques européennes pour émerger des scandales révélés après la crise financière, des casseroles qui ont récemment obligé leurs concurrentes JPMorgan et Rabobank à mettre de côté des milliards de dollars pour couvrir leurs frais juridiques et les amendes qui leur ont été imposées.

"Alors que l'on croyait que les problèmes de régulation étaient passés, les voilà de retour", souligne Andrea Williams, gérant chez Royal London Asset Management, à propos d'UBS.

"Je crois que personne n'avait anticipé que le régulateur imposerait davantage de fonds propres."

RÉSERVES

Quant à Deutsche Bank, ses réserves juridiques s'élèvent désormais à 4,1 milliards d'euros à la suite des provisions pour charges passé sur les comptes du troisième trimestre.

"Nous nous attendons à ce que le contexte juridique reste difficile", a déclaré la banque dans un communiqué, laissant entendre que le pire en la matière n'était pas encore passé.

Plus d'une douzaine de banques et d'intermédiaires financiers - dont Deutsche Bank, JPMorgan et Citigroup - font l'objet d'enquêtes des régulateurs de marchés dans le cadre d'un scandale de manipulation de taux - y compris du taux interbancaire fixé à Londres, le Libor - qui servent de référence pour des milliers de milliards de dollars de prêts.

Contrairement à Barclays et à UBS, Deutsche Bank n'a pas conclu d'accord à l'amiable pour régler cette affaire.

Le groupe allemand a expliqué qu'une enquête sur ses activités pourrait se traduire par d'importantes pénalités financières et par d'autres conséquences.

UBS a annoncé de son côté que la Finma, l'autorité de régulation du secteur financier helvétique, avait imposé à titre temporaire une augmentation de 50% de ses fonds propres pour être en mesure de faire face au coût d'éventuels "litiges connus ou inconnus" et au respect des règles de conformité. Cette contrainte signifie que son objectif de 15% de rendement des fonds propres d'ici 2015 est repoussé d'au moins un an.

"Le consensus n'avait pas pris en compte l'objectif de 15% de retour sur capitaux, ce qui fait que c'est moins grave", remarque Kian Abouhossein, analyste bancaire chez JP Morgan.

"La véritable inquiétude vient du fait qu'il y ait de nouvelles provisions pour litiges."

Plusieurs autorités de régulation ont récemment lancé des enquêtes sur d'éventuelles manipulations du marché des changes et UBS a annoncé qu'elle menait sa propre enquête interne.

Matt Spick, analyste chez Deutsche Bank, note que cette exigence de fonds propres supplémentaires n'avait "absolument pas" été anticipée.

"En gros, Finma est en train de dire à UBS qu'elle a besoin de trois milliards de francs suisses (2,43 milliards d'euros) supplémentaires pour faire face aux litiges", dit-il.

UBS a toutefois confirmé son engagement à distribuer 50% de ses profits à ses actionnaires après avoir atteint un ratio de fonds propres "common equity tier 1" de 13%, ce qui est prévu en 2014.

TRADING

Tant UBS que Deutsche Bank ont également annoncé mardi des difficultés dans leurs opérations au jour le jour.

Les revenus des activités de vente et de trading obligataire de Deutsche Bank, l'une des principales sources de profits du groupe, ont reculé de 48% sur un an à 1,2 milliard d'euros.

Des concurrents comme Credit suisse et Goldman Sachs ont également souffert d'une baisse des revenus de leurs activités de trading après que la Réserve fédérale américaine a décidé de ne pas limiter ses rachats d'actifs, une décision qui a pris la plupart des intervenants à contre-pied.

UBS a réalisé des résultats globalement supérieurs aux attentes. Les analystes notent que cette bonne surprise est surtout le fait d'éléments exceptionnels, mais que le plan de redressement de la banque suisse reste en bonne voie.

"Le plan de transformation d'UBS en banque de gestion de fortune et d'investissement sur les marchés d'actions reste intact", estime Matt Spick. "Tous les objectifs sont désormais reportés d'environ douze mois à cause de l'ampleur des litiges et peut-être d'une hausse plus lente que prévu des taux d'intérêt, mais le résultat final reste le même."

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison

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