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Marché : Les républicains excluent un accord sur le "séquestre" aux USA

Marché : Les républicains excluent un accord sur le Marché : Les républicains excluent un accord sur le

par Richard Cowan

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis se dirigent tout droit vers le gel automatique de 85 milliards de dollars de crédits publics, malgré une réunion vendredi entre Barack Obama et les chefs de file du Congrès, dont les républicains ont prévenu qu'elle ne déboucherait pas sur un accord de dernière minute.

La Maison blanche et le Parti républicain se renvoient la responsabilité de l'échec des négociations qui rend inévitable l'entrée en vigueur de cette mesure, dont le Fonds monétaire international (FMI) craint qu'elle n'affecte la croissance économique aux Etats-Unis et au-delà.

Faute d'accord, cette mesure, appelée "séquestre", adoptée en 2011 pour pousser le Congrès à trouver un compromis sur la réduction du déficit budgétaire, entrera en vigueur ce vendredi.

Barack Obama recevra avant cela les chefs de file des groupes parlementaires démocrates et républicains pour une réunion de la dernière chance qui doit débuter à 10h00 à Washington (15h00 GMT).

"En tant que Nation, nous ne pouvons pas nous traîner d'une crise annoncée à une autre", a plaidé le président jeudi dans un communiqué.

Ce constat n'a guère ému le chef de file des républicains Mitch McConnell, qui a déclaré qu'aucun compromis de dernière minute ne sortirait du chapeau.

"Je serai ravi de discuter lors de la réunion d'idées pour tenir notre engagement à réduire les dépenses de Washington. Mais il n'y aura pas d'accord de dernière minute négocié en coulisses et certainement pas d'accord pour augmenter les impôts", a assuré le sénateur du Kentucky.

DES SANS-PAPIERS RELÂCHÉS

Républicains et démocrates divergent sur les conséquences de cette mesure, mais le FMI redoute qu'il n'affecte la fragile reprise de la croissance.

"Nous verrons ce qui se produira vendredi, mais tout le monde pense que le séquestre va entrer en vigueur. Cela signifie que nous allons devoir réévaluer entre autres notre prévision de croissance pour les Etats-Unis", a averti William Murray, porte-parole du Fonds.

Si la mesure est pleinement appliquée, la prévision de croissance, actuellement de 2%, devrait être amputée d'un demi-point, selon le FMI.

La majeure partie des crédits concernés seront gelés dans les sept premiers mois et le Congrès peut les débloquer à tout moment en cas d'accord. La moitié doit être prélevée sur le budget de la Défense.

L'impact immédiat devrait être très limité, mais la Maison blanche a expliqué ces derniers jours que l'ensemble des administrations seraient touchées, du contrôle aérien aux garde-côtes en passant par l'éducation, la santé et l'immigration.

Première conséquence concrète : les autorités ont ordonné cette semaine la remise en liberté de centaines de sans-papiers en invoquant le coût de leur détention. Le camp conservateur a accusé les pouvoirs publics d'avoir voulu créer un choc pour lui forcer la main.

"LE SÉQUESTRE DU PRÉSIDENT"

Pour sortir de l'impasse, Barack Obama exige le démantèlement de niches fiscales qui profitent essentiellement aux plus hauts revenus ainsi que l'abrogation d'exonérations accordées aux compagnies pétrolières et des avantages fiscaux des fonds de pension.

Après avoir accepté à contrecoeur un alourdissement de la fiscalité dans le cadre de l'accord de décembre sur le "mur budgétaire", les républicains excluent toute concession.

Visiblement résignés, les services publics ont commencé à se serrer la ceinture et à informer leur personnel. La conséquence la plus concrète de la "séquestration" pourrait être l'envoi à quelque 2,8 millions de fonctionnaires et de militaires d'un préavis de mise en disponibilité temporaire.

Personne n'imaginait il y a deux ans que cette disposition entrerait un jour en vigueur, mais les deux camps n'ont trouvé aucun terrain d'entente et se renvoient aujourd'hui le balle.

"C'est le séquestre du président. C'est son équipe qui a insisté dessus", a lancé John Boehner, président du groupe républicain à la Chambre des représentants.

Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche, a rétorqué : "Le compromis, c'est accepter des mesures qui ne sont pas à 100% conformes à ce qu'on veut. Le président l'a fait et refait. Malheureusement, les républicains n'y semblent pas disposés au sujet du séquestre, il pourrait donc entrer en vigueur".

Avec Steve Holland, Thomas Ferraro et Roberta Rampton, Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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