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Marché : Les députés grecs votent le plan d'aide, Syriza divisé

Marché : Le Parlement grec approuve l'accord sur le nouveau plan d'aideMarché : Le Parlement grec approuve l'accord sur le nouveau plan d'aide

par Lefteris Papadimas et Karolina Tagaris

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a surmonté provisoirement vendredi les divisions de plus en plus marquées de son parti Syriza, en faisant adopter par les députés le troisième plan d'aide négocié en cinq ans avec les créanciers du pays.

Le scrutin a été retardé par la prolongation pendant la majeure partie de la nuit des débats à la Vouli, certains élus multipliant les recours de procédure à quelques heures seulement de la réunion des ministres des Finances de la zone euro censée donner un feu vert décisif à l'accord.

Grâce au soutien des partis d'opposition favorables au maintien de la Grèce dans la zone euro, Alexis Tsipras est parvenu sans difficulté à franchir le seuil des 151 voix nécessaires pour assurer l'adoption du texte, recueillant un total de 222 voix sur 300.

Mais 43 parlementaires, soit près d'un tiers du groupe Syriza, ont voté contre ou se sont abstenus, alors qu'ils n'étaient qu'une trentaine lors d'un vote important sur les mesures de réforme le mois dernier.

Alexis Tsipras sollicitera la confiance de la Vouli une fois que la Grèce aura remboursé une échéance de 3,2 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 août, a déclaré un responsable gouvernemental.

Et ce nouveau scrutin pourrait être bien plus délicat pour le Premier ministre: Mikis Voridis, élu de Nouvelle Démocratie, le principal mouvement d'opposition, a déclaré que son parti ne voterait pas la confiance au gouvernement.

Certains des élus Syriza qui ont voté pour l'accord vendredi pourraient néanmoins maintenir leur confiance à Alexis Tsipras et ce dernier pourrait bénéficier du soutien d'élus du parti centriste Potami ou du Pasok, le parti socialiste grec.

S'exprimant devant les députés juste avant le vote de vendredi, le Premier ministre a plaidé en faveur du nouveau plan d'aide, dont le montant pourrait avoisiner 85 milliards d'euros et qui implique une hausse de la fiscalité, des coupes dans les dépenses publiques et des réformes économiques, en parlant d'un choix entre "rester en vie et le suicide".

"Je ne regrette pas ma décision d'avoir conclu un compromis", a dit Alexis Tsipras. "Nous n'exultons pas mais nous ne nous lamentons pas non plus après cet accord difficile. J'ai la conscience tranquille en sachant qu'il s'agit du meilleur que nous pouvions conclure au vu de l'équilibre actuel des pouvoirs en Europe et de la situation d'asphyxie économique et financière qui nous est imposée."

LA COMMISSION CONFIANTE DANS L'ISSUE DE L'EUROGROUPE

Les ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir à Bruxelles à 15h00 (13h00 GMT). Leur feu vert est indispensable pour permettre le versement d'une première tranche d'aide à Athènes avant l'échéance du 20 août à la BCE.

Une porte-parole de la Commission européenne a déclaré que les conditions à l'octroi de ce feu vert semblaient réunies.

"Nous sommes encouragés par le vote clair de ce matin au Parlement grec et, sur cette base et sur la base de l'accord ambitieux conclu entre les institutions et les autorités grecques, une issue favorable est tout à fait envisageable aujourd'hui", a dit Annika Breidthardt lors d'une conférence de presse.

L'Allemagne, premier pays contributeur à l'aide financière à Athènes, reste sceptique sur la capacité de la Grèce à réformer son économie et son système politique, et donc réticente à donner son aval au plan d'aide.

La Commission s'est d'ailleurs préparée à l'éventualité d'un nouveau prêt-relais de 6,04 milliards d'euros à la Grèce dans le cas où le nouveau plan d'aide ne serait pas adopté aussi vite qu'espéré, montre un document de l'Union que s'est procuré Reuters.

Du point de vue de la politique intérieure grecque, avant même le vote de vendredi matin, les débats ont illustré l'ampleur des divisions au sein de Syriza.

Le chef de file de sa branche la plus radicale, l'ex-ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis, a ainsi appelé jeudi à la création d'un nouveau "mouvement" opposé au plan d'aide, menaçant implicitement de faire éclater le parti.

"La lutte contre le nouveau renflouement commence aujourd'hui, en mobilisant la population partout dans le pays", affirme un communiqué signé par Panagiotis Lafazanis et 11 autres membres de Syriza et publié sur le site internet d'extrême gauche Iskra.

Le communiqué plaide pour la création d'un "un mouvement uni qui justifiera le désir du peuple pour la démocratie et la justice sociale", mais il n'appelle pas explicitement à la fondation d'un nouveau parti.

Les "frondeurs" de Syriza ajoutent que le gouvernement doit s'en tenir aux promesses grâce auxquelles il est parvenu au pouvoir fin janvier, à savoir la remise en cause des coupes dans les dépenses et des hausses d'impôts et de taxes qui ont eu un effet dévastateur sur l'économie ces dernières années.

(avec Alastair Macdonald à Bruxelles; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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