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Marché : Les créanciers de la Grèce présentent un projet d'accord

Marché : Les créanciers de la Grèce présentent un projet d'accordMarché : Les créanciers de la Grèce présentent un projet d'accord

par Karolina Tagaris et Deepa Babington

ATHENES (Reuters) - Les créanciers de la Grèce doivent présenter mercredi soir à la Grèce un projet d'accord sur sa dette, censé mettre fin aux spéculations sur une sortie d'Athènes de la zone euro et éloigner le spectre d'un défaut.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras est attendu vers 19h00 GMT à Bruxelles pour y rencontrer des responsables européens qui lui présenteront les termes du projet d'accord élaboré cette semaine par les principaux dirigeants du bloc.

Alexis Tsipras a appelé les créanciers de la Grèce à faire preuve de réalisme pour favoriser un accord et mettre fin aux spéculations sur une sortie d'Athènes de la zone euro.

La Grèce, a-t-il expliqué, souhaite un accord lui assurant "la capacité de sortir de l'asphyxie économique" et lui permettant "de mettre un terme aux scénarios de Grexit, aux scénarios apocalyptiques".

Des sources de la zone euro ont déclaré mercredi à Reuters que les créanciers souhaitaient que la Grèce dégage un excédent primaire de 1% cette année, excédent qui sera progressivement augmenté pour atteindre 3,5% en 2018.

Le projet établi par la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) comporte un objectif d'excédent primaire de 1% du PIB en 2015, de 2% en 2016, de 3% en 2017 et de 3,5% en 2018, selon des hauts fonctionnaires européens au fait du dossier.

Ces chiffres sont sensiblement moins élevés que les objectifs d'excédent primaire définis avec le précédent gouvernement grec, qui étaient compris entre 3 et 4,5%, ce qui peut être perçu comme un gage de bonne volonté de la part des créanciers.

LA CE PRUDENTE, HOLLANDE OPTIMISTE

Privée d'accès aux marchés internationaux de la dette, la Grèce n'a plus reçu le moindre euro de la part de ses créanciers depuis août dernier et ses caisses sont vides.

Elle doit rembourser vendredi 300 millions d'euros au FMI mais un porte-parole du parti au pouvoir, Syriza, a dit qu'Athènes n'honorerait pas ce versement faute d'un accord avec ses créanciers.

"S'il n'y a aucune perspective d'accord d'ici vendredi ou lundi, je ne sais pas quand exactement, nous ne paierons pas", a dit Nikos Filis à la chaîne Mega TV.

Le versement dû au 5 juin est le premier des quatre remboursements que la Grèce doit effectuer au FMI d'ici la fin du mois, pour un montant total de 1,6 milliard d'euros.

"Nous ne nous attendons pas à conclure un accord ce soir", a prévenu Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne. "C'est une première discussion."

A Paris, François Hollande a fait part de son optimisme, disant penser que les créanciers de la Grèce étaient tout proches d'un accord.

"Nous sommes à quelques jours, (...) même à quelques heures d'un possible règlement", a déclaré le président français lors d'un discours à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

"Tout doit être fait dans des conditions qui respectent le peuple grec mais qui respectent aussi les règles que l'Europe s'est données pour qu'une solution puisse être négociée durablement", a-t-il ajouté.

CONTRE-PROJET

Le Premier ministre grec, qui s'est engagé à ne pas infliger à son peuple de nouvelles mesures d'austérité et qui risque d'être contesté au sein de son propre parti s'il reniait sa promesse, a expliqué qu'il se rendrait à Bruxelles pour défendre un projet élaboré par son propre gouvernement.

Sans en préciser le contenu, Alexis Tsipras a déclaré que les propositions de son gouvernement avaient été transmises aux créanciers lundi soir. Un responsable grec a précisé que le document leur avait été envoyé avant la réunion en fin de soirée à Berlin des dirigeants allemand et français et de ceux de la BCE et du FMI.

"Nous avons soumis un projet réaliste pour sortir la Grèce de la crise. Un projet réaliste dont l'acceptation par les institutions, nos créanciers et nos partenaires en Europe marquera la fin du scénario de la division de l'Europe", a dit mardi le chef du gouvernement à l'issue d'une réunion à Athènes.

Son projet risque toutefois de se heurter à la résistance de certains de ses partenaires. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a prévenu qu'à première vue les propositions grecques ne laissaient pas entrevoir de dénouement rapide.

La Grèce doit un total 320 milliards à ces créanciers, ce qui représente 175% de son produit intérieur brut. Quelque 65% de ces créances sont détenues par les gouvernements de la zone euro et 8,7 milliards d'euros par la Banque centrale européenne.

Beaucoup de responsables de la zone euro ne sont pas disposés à accorder une trop grande marge de manoeuvre à Athènes, de peur que la Grèce en profite pour ralentir l'assainissement de son économie.

Un défaut d'Athènes ne manquerait pas d'attiser les craintes d'un "Grexit", une sortie pure et simple de la Grèce de la zone euro, et de déclencher de nouvelles turbulences sur les marchés financiers susceptibles de se propager au-delà du bloc monétaire.

(Nicolas Delame et Marc Angrand pour le service français)

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