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Marché : Les créanciers d'Athènes bouclent un projet d'accord

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par Jan Strupczewski et Renee Maltezou

BRUXELLES/ATHENES/PARIS (Reuters) - Les créanciers internationaux de la Grèce ont bouclé un projet d'accord qu'ils soumettront au gouvernement d'Alexis Tsipras, a-t-on appris mardi d'un haut responsable européen.

Les présidents de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international sont parvenus à se mettre d'accord sur un texte après des discussions, lundi, avec François Hollande et Angela Merkel.

Le projet "couvre tous les aspects politiques cruciaux et reflète les discussions des dernières semaines", a déclaré le responsable. "Il en sera discuté avec Tsipras demain (mercredi)."

Angela Merkel et François Hollande s'entretiendront avec Alexis Tsipras au téléphone dans les prochaines heures pour tenter de lui faire accepter ce projet d'accord, a déclaré un autre responsable

Quelques heures plus tôt, le Premier ministre grec a annoncé qu'Athènes avait soumis à ses bailleurs de fonds un projet de réformes "global" et "réaliste", ajoutant qu'un accord dépendait désormais des dirigeants politiques européens.

Ses propos ont été interprétés comme une tentative de couper l'herbe sous le pied aux créanciers pour les empêcher de lui faire une offre "à prendre ou à laisser" et de prouver aux électeurs grecs que leur pays conservait l'initiative.

Sans en préciser le contenu, Alexis Tsipras a déclaré que les propositions de son gouvernement avaient été transmises aux créanciers lundi soir. Un responsable grec a précisé que le document leur avait été envoyé avant la réunion en fin de soirée à Berlin des dirigeants allemand et français et de ceux de la BCE et du FMI.

"Nous avons soumis un projet réaliste pour sortir la Grèce de la crise. Un projet réaliste dont l'acceptation par les institutions, nos créanciers et nos partenaires en Europe marquera la fin du scénario de la division de l'Europe", a dit le chef du gouvernement à la presse à l'issue d'une réunion à Athènes.

"Nous n'attendons pas d'eux qu'ils soumettent une proposition. La Grèce soumet un projet, il est désormais clair que (...) la décision appartient aux dirigeants politiques de l'Europe", a-t-il ajouté.

Alexis Tsipras se rendra mercredi à Bruxelles où il rencontrera dans la soirée Jean-Claude Juncker pour lui présenter son projet, répondant ainsi à une requête du président de la Commission européenne, a déclaré un responsable du gouvernement grec.

DIJSSELBLOEM NE CROIT PAS À UN ACCORD CETTE SEMAINE

Une porte-parole de la Commission européenne a expliqué que les négociateurs des deux parties échangeaient de multiples documents, ce qui était en soi "déjà un bon signe". Les discussions continuent et "nous ne sommes pas encore au bout", a-t-elle ajouté.

Pour le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, une reprise de l'aide financière à la Grèce n'est "même pas théoriquement possible" cette semaine.

"Même si les institutions en Grèce parviennent à un accord cette semaine, il faudrait qu'il passe par l'Eurogroupe", a-t-il expliqué à la chaîne de télévision néerlandaise RTL. "Donc théoriquement, il n'est pas possible cette semaine" de reprendre le versement des aides à Athènes, a-t-il ajouté.

On ignorait dans l'immédiat si le document rédigé par le gouvernement grec, que certains représentants de l'UE ont dit ne pas avoir pu consulter pour l'instant, contenait des avancées sur les dossiers les plus épineux, comme les retraites, la réforme du marché du travail, les objectifs d'excédent budgétaire primaire ou encore les effectifs de la fonction publique.

Des sources proches des négociations ont déclaré que le document grec n'incluait aucune concession sur les sujets majeurs.

En début de journée, Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, avait évoqué de "vrais progrès" dans les discussions, notamment sur les retraites.

"Mais nous n'y sommes pas encore", avait-il ajouté.

300 MILLIONS D'EUROS À PAYER VENDREDI AU FMI

Cette rencontre au sommet tenue à l'improviste illustre une volonté apparente des responsables politiques de reprendre le dossier en main, alors qu'ils insistaient ces derniers mois sur le fait que les négociations devaient se poursuivre au niveau des experts.

Le temps presse pour toutes les parties puisque la Grèce doit faire face dès vendredi et au cours des prochaines semaines à des échéances financières de plus en plus difficiles à honorer.

Or un défaut d'Athènes ne manquerait pas d'attiser les craintes d'un "Grexit", une sortie pure et simple de la Grèce de la zone euro, et de déclencher de nouvelles turbulences sur les marchés financiers.

Le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel a affirmé mardi qu'un défaut de la Grèce aurait des conséquences "gigantesques" pour l'Europe, tout en ajoutant espérer qu'un accord soit conclu pour éviter un tel scénario.

Une source gouvernementale grecque a déclaré que le remboursement d'environ 300 millions d'euros au FMI dû vendredi serait effectué en cas d'accord avec les créanciers, ce qui sous-entend à l'inverse qu'Athènes pourrait ne pas payer en l'absence de compromis.

Ce responsable a précisé que ce versement aurait lieu en cas d'accord préliminaire même si celui-ci n'était pas encore approuvé par l'Eurogroupe.

Le versement dû au 5 juin est le premier des quatre remboursements que la Grèce doit effectuer au FMI d'ici la fin du mois, pour un montant total de 1,6 milliard d'euros.

Un éventuel accord permettrait en principe à Athènes de percevoir le solde d'environ 7,2 milliards d'euros des aides prévues par le plan d'aide en cours, censé s'achever le 30 juin.

(avec Karolina Tagaris à Athènes et Yann Le Guernigou à Paris,; Jean-Stéphane Brosse, Marc Angrand et Patrick Vignal pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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