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Marché : Les cours du brut plombés par l'accord sur le nucléaire iranien

Marché : Les cours du brut plombés par l'accord sur le nucléaire iranienMarché : Les cours du brut plombés par l'accord sur le nucléaire iranien

par Manash Goswami et Jacob Gronholt-Pedersen

SINGAPOUR (Reuters) - Les cours du pétrole accusaient un net recul lundi, l'accord sur le nucléaire conclu dimanche à Genève entre l'Iran et l'Occident allant se traduire, entre autres, par un retour en force du brut iranien sur le marché de l'or noir.

Le rapprochement sans précédent depuis 1979 entre Téhéran et Washington prévoit une limitation de l'enrichissement d'uranium en Iran en échange d'un allégement des sanctions frappant actuellement le pays.

Ces sanctions, imposées au cours des deux dernières années par l'Occident à l'un des membres les plus importants de l'Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (Opep), ont divisé par deux les exportations iraniennes et privé Téhéran de milliards de dollars de recettes.

La tension sur l'offre qui en a résulté a contribué à ce que le Brent de la mer du Nord se maintienne au-dessus de la barre des 100 dollars même lorsque l'économie mondiale tournait au ralenti.

De manière générale, cela faisait des années qu'une prime de risque était inscrite dans les cours du brut en raison des tensions entre l'Iran et les grandes puissances au sujet de programme nucléaire de Téhéran.

Vers 10h00 GMT, le cours du Brent reculait de 2,05 dollars (-1,85%) à 109,00 dollars après avoir perdu près de trois dollars dans les premiers échanges en Europe. L'autre cours de référence du pétrole, celui du brut léger américain, abandonnait 1,20 dollar (-1,27%) à 93,64 dollars.

Le texte adopté à Genève, qui porte sur une période de six mois, a pour but de rétablir pas à pas la confiance entre Téhéran et les puissances occidentales après des décennies de tensions. Un accord définitif doit être conclu à la suite de cette période d'essai.

"Ce qui inquiète réellement les intervenants est ce qui va se passer après cette période, quand plus de brut iranien viendra inonder le marché", a déclaré Chee Tat Tan, analyste chez Phillip Futures.

"Quand les marchés ouvriront tout à l'heure aux Etats-Unis, nous pensons que le repli du Brent, et dans une moindre mesure celui du brut léger américain, devraient s'accentuer."

PAS D'AFFLUX RAPIDE DES EXPORTATIONS IRANIENNES

D'autres spécialistes du secteur pétrolier notent cependant que les cours du brut ne devraient guère baisser davantage tant qu'on n'en saura pas plus sur les modalités concrètes de l'accord de dimanche.

Ils soulignent que d'autres facteurs jouent sur les cours, comme l'effondrement des livraisons en provenance de la Libye à la suite des turbulences politiques qui secouent le pays ou encore le calendrier du dénouement des mesures de soutien à l'économie mises en place par la Réserve fédérale américaine.

Les Etats-Unis, qui connaissent un nouveau boom pétrolier grâce au gaz de schiste, sont le premier consommateur mondial de brut devant la Chine.

Maria van der Hoeven, directrice générale de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), précise en outre que, même en cas de levée définitive des sanctions sur les exportations de brut iranien, l'Iran éprouverait des difficultés à augmenter rapidement ses livraisons.

"Si certaines restrictions sont levées (...) il est hautement improbable que l'Iran retrouvera immédiatement son niveau de production d'avant les sanctions", a-t-elle déclaré.

Selon l'accord conclu à Genève, l'embargo américain et européen sur le brut iranien reste en place pendant six mois, mais un assouplissement des sanctions en matière d'assurance du transport du pétrole pourrait faciliter les livraisons d'or noir iranien vers des pays en Asie.

Les sanctions imposées par l'Occident à l'Iran ont fait tomber la production de pétrole du pays à environ un million de barils par jour contre 2,5 millions avant leur imposition.

Selon la Maison blanche, l'Iran a perdu plus de 80 milliards de dollars de recettes pétrolières depuis le début de 2012.

Avec la contribution de Katya Golubkova à Moscou, Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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