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Marché : Les auto-entrepreneurs restent fragiles

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PARIS (Reuters) - Trois ans après leur immatriculation, seuls 30% des auto-entrepreneurs inscrits au premier semestre 2010 étaient toujours actifs dans ce régime, selon une enquête publiée jeudi par l'Insee.

Et parmi les 62% qui ont réellement démarré une activité, 49% étaient encore là trois ans plus tard, soit nettement moins que les 62% créateurs d'entreprises individuelles classiques de la même génération.

L'enquête de l'Insee porte sur les 191.000 auto-entrepreneurs inscrits au premier semestre 2010, un an après la mise en place de ce nouveau régime rebaptisé depuis micro-entrepreneurs, qui s'est soldée par une forte hausse des créations d'entreprises.

A fin juin 2015, le réseau des Urssaf recensait 1.075.000 auto-entrepreneurs inscrits, dont 600.000 économiquement actifs (ayant déclaré un chiffre d'affaires positif sur le dernier trimestre).

Sur l'échantillon du premier semestre 2010, 38% n'ont jamais été actifs, les taux d'activité variant fortement selon les secteurs : seulement 54% des auto-entrepreneurs inscrits dans le commerce ont démarré une activité mais plus de 75% dans l'enseignement, la santé et l'action sociale.

Trois ans après, 30% étaient encore actifs dans le régime

d’auto-entrepreneur et moins de 2% l’ont quitté au profit du régime général.

Le taux de pérennité à trois ans des auto-entrepreneurs ayant démarré en activité principale (52%) était plus élevé que celui de ceux qui l'ont débuté en activité de complément (45%), même si, pour un tiers des premiers, "l’activité principale au démarrage devient une simple source de revenu d’appoint quelques années plus tard", note l'Insee.

La pérennité est la plus élevée dans la santé humaine-action sociale et l’enseignement, plus faible dans le commerce, les activités spécialisées scientifiques et techniques et l'information-communication.

De plus, les chances de pérennité à trois ans d’un auto-entrepreneur augmentent avec son âge - elles passent de 40% avant 30 ans à 55% au-delà de 50 ans - quand, pour une entreprise individuelle classique, les chance de survie sont les plus fortes quand le créateur a entre 30 et 39 ans.

Enfin, son chiffre d’affaires reste beaucoup plus faible que celui des créateurs individuels classiques : les auto-entrepreneurs toujours actifs fin 2013 déclaraient en moyenne 10.000 euros en 2012 et les trois quarts un chiffre d’affaires inférieur à 15.000 euros contre seulement 14% des créateurs individuels.

La moyenne était un peu plus haute (13.000 euros) pour ceux dont l'auto-entreprise était la principale source de revenu

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

Copyright © 2016 Thomson Reuters

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