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Marché : Les actionnaires d'AstraZeneca divisés face à Pfizer

Marché : Les actionnaires d'AstraZeneca divisés face à PfizerMarché : Les actionnaires d'AstraZeneca divisés face à Pfizer

par Chris Vellacott

LONDRES (Reuters) - Les actionnaires d'AstraZeneca sont partagés quant au bien fondé de la décision du groupe pharmaceutique britannique de rejeter l'offre finale de 118 milliards de dollars (86 milliards d'euros) de son concurrent américain Pfizer.

Schroders Investment Management, le douzième actionnaire d'AstraZeneca, l'a enjoint de rouvrir des négociations avec le laboratoire américain, tandis que Fidelity Worldwide Investment, 18e actionnaire, a au contraire pris sa défense.

Schroders s'est dit déçu par "le prompt rejet par le conseil d'administration d'AstraZeneca" d'une offre bonifiée de 55 livres par action et par la décision de Pfizer "de tirer un trait prématuré sur ces négociations en déclarant sa dernière offre définitive".

"Compte tenu de l'augmentation de l'offre, nous encourageons la direction d'AstraZeneca à renouer le dialogue avec Pfizer et par là-même avec ses actionnaires", explique le fonds, qui a 2% du capital d'AstraZeneca.

D'autres actionnaires du laboratoire britannique tiennent le même discours, dont Jupiter Asset Management, lui aussi fort marri du "non" britannique.

Fidelity Worldwide Investment, qui détient 1,2% du capital d'AstraZeneca s'est démarqué d'eux. "Je pense qu'Astra a bien fait. Je ne pense pas que Pfizer était un associé approprié. Il n'était motivé que par des considérations fiscales et financières", a dit Dominic Rossi, responsable "equities" du fonds d'investissement.

"Le conseil d'Astra a pris une décision très difficile. Il savait bien qu'en rejetant l'offre il serait critiqué par certains actionnaires. Attendons à présent deux ou trois ans pour voir s'il avait raison; avec un peu de chance, ça pourrait bien être le cas", a-t-il ajouté.

Pour Anne Richards (Aberdeen Asset Management; 2,4% du capital d'AstraZeneca), l'offre de Pfizer "n'était vraiment pas époustouflante".

Neil Woodford, un vétéran de la gestion de fonds qui travaille pour St James's Place, s'est dit "soulagé qu'AstraZeneca ait semblé avoir préservé son indépendance".

AstraZeneca a fait savoir mardi que, conformément au droit des OPA britannique, il ne pourrait y avoir de nouvelles discussions avec Pfizer et que ce dernier ne pouvait même laisser entendre, que ce soit en public ou en privé, qu'il serait prêt à relever son offre "finale" avant la date limite du 26 mai à moins qu'un tiers ne surenchérisse.

"Cette limitation qui empêche toute nouvelle négociation sur la valeur est la conséquence des agissements de Pfizer", a dit le président d'AstraZeneca Leif Johansson dans un communiqué.

Pfizer n'a fait aucun commentaire sur le communiqué de sa cible. Le premier groupe pharmaceutique américain avait déjà dit précédemment qu'il revenait aux actionnaires d'Astra d'exhorter le conseil d'administration à réétudier son offre.

En tous les cas, la rigueur du droit des OPA britannique laisse penser que la confrontation entre les deux groupes se terminera sans accord, à moins que le conseil d'administration d'AstraZeneca ne fasse volte-face.

La fin de non recevoir d'AstraZeneca a provoqué la plus forte baisse en séance de son action depuis sa création en 1999 par la fusion d'une entreprise britannique avec une homologue suédoise.

Mais elle a tout de même terminé en hausse de 0,5% en Bourse de Londres, tandis que son titre coté à New York a gagné 2,2%. Pfizer a fini en légère baisse de 0,1%.

(Avec Ben Hirschler à Londres et Bill Berkrot à New York, Wilfrid Exbrayat pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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