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Marché : Lejaby n'exclut pas une mise en Bourse pour croître

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par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Lejaby, emblématique marque française de lingerie qui fête ses 130 ans cette année, n'exclut pas une mise en Bourse pour financer sa montée en gamme et son développement international, a déclaré à Reuters son président Alain Prost.

Mise en liquidation judiciaire et reprise il y a deux ans par l'entrepreneur, la société a redressé la barre et a besoin d'argent frais pour accélérer sa croissance.

Elle envisage de procéder à une augmentation de capital d'une dizaine de millions d'euros auprès de fonds d'investissement ou de "family offices" et étudie, en parallèle, la possibilité d'une mise en Bourse.

"Lejaby est à un tournant. La phase de reprise est derrière nous. Nous entamons un nouveau départ", a déclaré Alain Prost, disant espérer arrêter son choix d'ici la fin de l'été.

La société a réalisé un chiffre d'affaires de 28 millions d'euros en 2013, contre 20 millions en 2012, et a enregistré une perte d'Ebitda de 230.000 euros.

Pour 2014, Alain Prost vise un Ebitda positif de 500.000 à un million d'euros, avec une croissance révisée en baisse à environ 10%, au lieu des 15% attendus en début d'année, pour cause de ralentissement en Russie, premier marché à l'export de Lejaby qui y réalise 20% de son chiffre d'affaires.

"Avec la chute du rouble, qui renchérit les importations, nos distributeurs ont réduit leurs commandes de 30% pour les collections automne-hiver", a expliqué Alain Prost, ajoutant avoir peu d'informations sur l'évolution de la demande locale.

"Nous avons déjà intégré dans nos prévisions de résultats une évolution moins bonne que prévu en Russie", a-t-il dit.

MOYEN ORIENT PROMETTEUR

Rebaptisée "Maison Lejaby", l'entreprise s'est repositionnée sur le haut de gamme et pourrait doubler ses ventes en cinq ans, selon son président, ancien directeur général de La Perla passé chez L'Oréal.

Elle fait fabriquer l'essentiel de ses produits en Tunisie et veut se développer dans le luxe avec sa ligne dite "couture".

Des parures vendues entre 80 et 150 euros, qui rivalisent avec des marques comme Chantèle ou Simone Pérèle, constituent encore la majeure partie (65%) de ses ventes.

Une ligne "experte" pour les grandes tailles pèse pour 27% des ventes tandis qu'une ligne entièrement fabriquée en France, dont les prix oscillent entre 200 et 400 euros, se positionne sur le créneau du luxe comme Erès (groupe Chanel) ou La Perla.

Ces pièces produites pour partie en interne, ont vocation à monter en puissance et Alain Prost ambitionne que ces produits atteignent 20% des ventes (8% aujourd'hui) grâce à l'export.

Alors que le marché français de la lingerie reste atone - il a reculé en valeur de 1,7% en 2013 à 3,3 milliards d'euros - Lejaby voit sa croissance passer par une accélération à l'international, où la société réalise déjà 65% de ses ventes.

Le Moyen-Orient semble très prometteur, notamment Dubaï où la consommation de lingerie par habitant est la plus élevée du monde.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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