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Marché : Leclerc pense passer devant Carrefour dès 2014

Marché : Leclerc pense passer devant Carrefour dès 2014Marché : Leclerc pense passer devant Carrefour dès 2014

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Leclerc, reparti à l'offensive sur les prix avec un comparateur nouvelle formule, pense atteindre dès 2014, avec un an d'avance, son objectif de ravir à Carrefour sa place de numéro un de la distribution en France.

Alors que la crise rogne le pouvoir d'achat des Français, Leclerc, qui a fait des prix bas sa marque de fabrique, estime que son attractivité devrait encore se renforcer.

"Je pensais que les courbes (de parts de marché) se croiseraient en 2015, je pense maintenant qu'elles y parviendront un an plus tôt", a déclaré à la presse jeudi Michel-Edouard Leclerc, président du groupement d'indépendants.

La part de marché de Carrefour, tous formats confondus, était de 20,5% en France en année mobile au 24 mars, selon les données de l'institut Kantar obtenues par Reuters, tandis que celle de Leclerc se situait à 18,8%.

Dans une riposte à peine voilée à l'offensive de son grand rival, Leclerc a dévoilé un nouveau comparateur de prix sur internet -quiestlemoinscher.com- permettant des comparaisons avec les concurrents dans une zone de chalandise donnée.

Cet outil se double d'une application mobile et de bornes dans les magasins permettant de scanner un produit et d'avoir le prix du produit vendu chez les concurrents les plus proches.

Pour relancer ses hypermarchés et réduire l'écart avec Leclerc, Carrefour a lancé à l'été 2011 une campagne de prix bas sur 500 produits courants. Ulcéré par les campagnes de Leclerc, son PDG Georges Plassat est ensuite passé à la vitesse supérieure avec des publicités comparatives à la télévision.

Casino s'est lui aussi lancé dans la bataille fin 2012 en abaissant massivement ses prix et lançant des campagnes sur "les prix les plus bas" sur 3.000 produits.

POUVOIR D'ACHAT

Alors que le pouvoir d'achat a subi en 2012 son premier recul depuis trente ans en France (-0,4% selon l'Insee et -1,0% corrigé de la croissance démographique), la guerre des prix et de l'"image prix" (le sentiment de cherté) gagne en intensité.

"On n'avait pas eu de vraie offensive généralisée sur les prix depuis 4-5 ans", relève Jacques Dupré, directeur des études de l'institut Symphony Iri. "Aujourd'hui, ce qui domine, c'est l'agressivité et la communication massive pour favoriser l'image prix. Tout le monde le fait, violemment parfois", ajoute-t-il.

Michel-Edouard Leclerc a indiqué quant à lui vouloir "rester de trois à quatre points en tête de la course aux prix bas".

Il a aussi rappelé sa ferme opposition au projet de loi sur la consommation qui doit être débattu à l'Assemblée en juin.

La clause de "revoyure", qui permettrait par décret que le prix de certains produits agroalimentaires soit renégocié en cours d'année, ou la possibilité d'indexer de façon automatique des produits sur le prix de certaines matières premières constituent selon lui la "ligne rouge" à ne pas franchir.

Une indexation automatique constitue une "véritable prime à la spéculation sur les matières premières", plaide-t-il. Après avoir rencontré François Hollande, il a estimé que le président semblait conscient des risques inflationnistes de cette mesure.

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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