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Marché : Le yen dope les volumes sur le change

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LONDRES/SINGAPOUR (Reuters) - La forte chute du yen provoquée par la politique économique expansionniste du Japon a entraîné un regain de volatilité et d'activité sur le marché des changes, selon des intervenants du Sommet Forex organisé lundi par Reuters.

Les prévisionnistes interrogés estiment toutefois entre 5% et 10% la marge de dépréciation supplémentaire de la devise nippone contre le dollar, et l'un d'eux s'attend à ce que l'euro suive le yen sur la voie de la baisse contre le billet vert.

Le début d'année en fanfare en termes de volumes d'activité sur le marché des changes a de bonnes chances de se confirmer mais les grands intervenants devront renforcer leurs plates-formes de trading électronique pour en tirer pleinement partie, a dit le responsable mondial de l'activité changes de Nomura.

"L'année 2013 a l'air d'être une meilleure année", a déclaré Jai Rajpal, qui a aussi identifié le marché des options sur la devise chinoise comme une opportunité de développement.

"Il y a une tendance manifeste à la hausse des volumes sur les changes", a-t-il ajouté en prévenant de la nécessité pour les grands intervenants du marché d'investir dans le développement de leur plate-forme de trading.

"Sans une plate-forme compétitive, vous perdez votre avantage", a-t-il dit.

Le CME, le marché organisé des dérivés de Chicago, a lui aussi bénéficié à plein de l'effet yen avec une progression de 110% des volumes sur les contrats à terme sur la devise japonaise depuis le début de cette année par rapport à la période correspondante de 2012. Sur les options, la hausse atteint 149%. L'activité sur les seuls contrats à terme sur l'euro-yen a quant à elle bondi de 373%.

"Nous avons enregistré un record sur la position ouverte et sur les volumes sur le yen en février et en mars", a dit Derek Sammann, l'un des cadres dirigeants de CME Group.

"RISQUE EXISTENTIEL" DE L'EURO

L'entreprise de marché a lancé ses premiers contrats à terme sur les devises asiatiques émergentes cette année en commençant par la roupie indienne fin janvier et le yuan chinois le 25 février. Les volumes sur ces contrats sont faibles en moyenne mais font partie des marchés affichant la plus forte croissance. Les volume sur les produits de change ont augmenté de 19% en mars tandis que la progression a été de 44% pour le segment asiatique.

CME Group doit lancer son antenne européenne - CME Europe - d'ici la fin de l'année avec comme objectif d'offrir une alternative aux clients qui souhaitent réaliser et régler leurs transactions dans le cadre de la réglementation britannique, sous l'égide de la Financial Services Authority.

La dépréciation de la devise nipponne est appelée à se poursuivre et elle pourrait tomber à 105 yens pour un dollar, a déclaré Christopher Brandon, directeur général de Rhicon Currency Management, une société de gestion basée à Singapour et dont les actifs atteignent 350 millions de dollars.

"Je pense cependant qu'une appréciation plus large de la devise américaine serait nécessaire pour que le dollar/yen aille beaucoup plus haut que cela", a-t-il ajouté.

Pour James Wood-Collins, directeur général de Record Currency Management, l'euro pourrait emboîter le pas au yen dans la baisse contre le dollar en raison de la baisse attendue des taux directeurs de la Banque centrale européenne mais surtout de la persistance du "risque existentiel" de l'euro.

Pour James Wood-Collins, dont la société de gestion totalise 35 milliards de dollars d'actifs, le risque d'éclatement de l'euro n'a pas disparu et l'absence d'union budgétaire et bancaire continue de peser sur l'avenir de la monnaie unique.

"L'engagement de faire tout ce qui sera nécessaire est bel et bon et cela a manifestement rassuré le marché, mais il y a encore des lacunes dans les réformes structurelles indispensables", a-t-il souligné en référence aux déclarations du président de la BCE Mario Draghi de faire tout ce qui est en son pouvoir pour préserver l'intégrité de la zone euro.

Yuuki Sakurai, PDG de Fukoku Capital Management qui gère 16 milliards de dollars d'actifs, juge peu probable que la devise japonaise se déprécie jusqu'à 110 yens pour un dollar en raison des incertitudes pesant sur l'économie mondiale.

Pour lui, le statut de valeur refuge du yen pourrait même le conduire à regagner une partie des quelque 28% cédés contre le billet vert depuis la mi-septembre si les signes de ratés de la croissance en Chine, d'hésitation de la reprise aux Etats-Unis et de récession au sein de la zone euro persistent.

Marc Joanny pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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