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Marché : Le statu quo de la Fed propulse l'euro

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(CercleFinance.com) - Contre toute attente, la Réserve fédérale américaine n'a annoncé aucun changement de sa politique monétaire hier soir, et s'est donc montrée bien plus accommodante que prévu. Le marché des devises donne une idée de la surprise des marchés. Juste après cette annonce, hier soir à 20 heures (heure de Paris), l'euro est monté en flèche contre le dollar. Il a terminé dans la soirée sur un fort gain de 1,16% à 1,3513. Ce midi, il continue sa marche en avant en prenant encore 0,36% à 1,3559 dollar l'euro.

Rappelons que Ben Bernanke avait annoncé, au printemps, que la Fed allait réduire d'ici la fin de l'année 2013 le montant des rachats d'actifs obligataires menés au rythme de 85 milliards de dollars par mois. Puis qu'elle les arrêterait totalement mi-2014.

Les opérateurs de marché étaient, du moins en bonne partie, convaincus que la banque centrale américaine annoncerait une première réduction à l'issue du FOMC, le comité de politique monétaire de la Fed, qui s'est terminé hier soir. Dans le détail, le consensus tablait sur le maintien des rachats de créances hypothécaires titrisées (les MBS), en soutien aux acquisitions immobilières, à 40 milliards de dollars par mois. L'enveloppe consacrée aux rachats d'emprunts d'Etat, les T-Bonds (45 milliards de dollars mensuels), devait elle être réduite.

Or la Fed a annoncé que ces deux montants resteraient inchangés.

Certains intervenants estiment que la Fed a décidé d'attendre alors que le risque d'un nouveau débat budgétaire houleux menace le Capitole, le parlement américain. Le “plafond” de l'endettement public fédéral est toujours fixé de manière nominale et Washington a annoncé tout dernièrement, par le voix du secrétaire au Trésor, que l'Etat pourrait se trouver à court de liquidités dès le mois prochain.

Mais dans son communiqué, le FOMC indique qu'il a décidé “d'attendre de nouveaux éléments indiquant une amélioration soutenable de la conjoncture avant d'ajuster les rachats d'actifs.” Si la croissance accélère aux Etats-Unis et que nombre d'indicateurs sont mieux orientés ces derniers temps, nombreux sont ceux qui jugent les créations d'emplois encore limitées. Sans compter que le retour, en août, du taux de chômage à son niveau de décembre 2008 s'explique en partie par une baisse du taux d'activité, c'est-à-dire par une diminution de la population active occupée et de celle cherchant un emploi.

D'ailleurs, la Fed a aussi réduit sa prévision de croissance du PIB américain en 2013 pour la 4ème fois d'affilée à 2,15% en moyenne, contre 2,75% selon la prévision formulée en septembre 2012.

Selon Société Générale, Ben Bernanke “pouvait difficilement se montrer plus accommodant”. En décidant d'attendre, “la Fed mène une politique résolument favorable à la croissance. Par conséquent, nous ne déclinerons pas son invitation à prendre davantage de risques, du moins pendant un certain temps', jugent les spécialistes de Société Générale.

Ce qui explique la montée des actions et la baisse du dollar : non seulement ce dernier est une devise refuge, mais la perspective de voir la Fed dégrader son bilan plus longtemps que prévu pénalise la valeur du billet vert. Et incite les cambistes à jouer des devises certes moins sûres, mais aux rendements plus élevés que ceux des produits de taux en dollars.

De ce fait, les anticipations quant à la date à laquelle la Fed annoncera la première baisse des QE se sont décalées. Les 'décembristes', c'est-à-dire les partisans d'une annonce en décembre, ont de nouveau le vent en poupe alors qu'ils étaient jusqu'alors minoritaires.

C'est d'ailleurs l'opinion de Keith Wade, économiste en chef du gérant d'actifs britannique Schroders : ce dernier déduit des propos tenus par Ben Bernanke lors de la conférence de presse qu'une telle décision pourrait être annoncée non pas lors du FOMC des 29 et 30 octobre, mais plutôt lors de celui des 17 et 18 décembre.

Société Générale en déduit autre chose. Hier soir, notent les analystes, “Bernanke a aussi écarté qu'un taux de 7% constituait le 'seuil informel' à partir duquel il considérerait qu'il faut mettre un terme au QE”, selon une opinion que nombre d'investisseurs s'étaient forgés sur la base des propos tenus par le président de la banque centrale cet été.

Bref, estiment les spécialistes, la politique de la Réserve fédérale américaine a donc perdu en lisibilité. Selon SG, cette décision “implique une moindre transparence (quant à la politique du FOMC, ndlr) et mènera à davantage de volatilité, puisque le calendrier de la réduction des QE devient bien plus incertain”.

D'autres, encore, sont plus inquiets. 'Les investisseurs restent dans l'expectative et se posent de nouvelles questions, à savoir comment la Fed va-t-elle sortir du QE3, n'est-elle pas coincée, ou encore est-elle dans l'incapacité d'agir efficacement ?', doute pour sa part Saxo Banque.

Egalement sensible à la politique monétaire américaine, l'once d'or est venue tester les 1.375 dollars ce matin, soit presque 100 dollars de plus que le plus bas de la veille.

L'euro s'envole aussi contre le yen (+ 1,23% à 134,05 yens l'euro), le sterling (+ 0,71% à 0,8433), mais pas face au franc suisse (- 0,03% à 1,2331).

En attendant, les indicateurs économiques - invoqués par la Fed dans sa décision - seront tout à l'heure suivis de près. Du côté américain, on attend ainsi les traditionnelles inscriptions hebdomadaires au chômage, attendues vers 340.000 après 292.000 la semaine précédente, où des problèmes de collecte ont pu affecter les données.

A 16h00 paraîtront les ventes de logements anciens pour août, l'indicateur avancé du Conference Board pour août et l'indice de la Fed de Philadelphie pour septembre, attendus respectivement en repli de 2,6%, en hausse de 0,6% et en progression à 10.


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