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Marché : Le 'shutdown' continue, mais l'euro se stabilise

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(CercleFinance.com) - Mettant à une série de séances haussières, la monnaie unique européenne se repliait légèrement contre le dollar vendredi juste au-dessous de la barre symbolique des 1,36 dollar. A cette l'euro, l'euro cède 0,18% à 1,3598 dollar. En séance ce matin, le point haut s'établit à 1,3642, contre 1,3646 la veille.

Face au yen nippon, la devise européenne cède 0,32% à 132,08 yens, quand l'euro prend 0,33% contre le sterling à 0,8459. Contre le franc suisse, l'euro prend aussi à 1,2263.

Le “shutdown”, c'est-à-dire la fermeture des services de l'administration fédérale américaine considérés comme les moins vitaux, est entré ce matin dans son 4e jour. Faute d'accord entre les parlementaires, aucun budget 2012/2013 (pour l'année fiscale commençant le 1er octobre) n'a effectivement été voté et le plafond la dette fédérale, fixé par la loi à 16.699 milliards de dollars, sera atteint le 17 octobre. S'il n'est pas relevé, Washington risque le défaut de paiement.

Le Trésor américain a averti hier qu'un défaut de paiement des Etats-Unis sur leur dette 'serait sans précédent et potentiellement catastrophique', avec un impact plus grave que la crise financière de 2008”, rapporte-t-on chez Barclays Bourse. Alarmiste, le Trésor indique d'ailleurs que les conséquences d'une telle éventualité se feraient sentir “pendant plus d'une génération”.

Chez Deutsche Bank, les analystes établissent une liste de six scénarios possibles envisageant d'abord une solution de court terme prévoyant de nouvelles 'continued resolutions' (grosso modo, des mini-budgets 'bouche-trous' n'étant pas sans rappeler les 'douzièmes provisoires' de la IVe République) et un relèvement du plafond de la dette fédérale (scénario n° 1).

Parmi les autres éventualités : une poursuite du 'shutdown' pendant plusieurs jours ou semaines et, du côté du plafond de la dette, un report au-delà du 17 octobre de la date du vote fatidique, sans relèvement (scénario n° 4).

Et enfin l'ultime scénario n° 6 : 'un retard dans le paiement des intérêts de sa dette par l'Etat fédéral, et donc un défaut technique'.

Justement, Bruno Cavalier, économiste en chef chez Oddo & Cie, s'est essayé à 'imaginer l'absurdité jusqu'au bout'. Que se passerait-il si ce plafond n'était pas relevé et que l'Etat fédéral américain faisait défaut ?

Voici ce que pronostique le spécialiste, dans ce cas : “la note américaine serait reléguée de 'AAA/AA+' à 'défaut sélectif'. On imagine les rotations de portefeuille qui pourraient en résulter. Ensuite, le budget fédéral devrait instantanément revenir à l'équilibre, puisque l'Etat ne pourrait plus s'endetter”. D'où une baisse “indiscriminée” de plus de moitié des dépenses fédérales de consommation et d'investissement. De ce fait; “le taux de chômage (7,3% en août) ferait un bond de 1,5 point”, et aussi : “la Chine voudra sans doute se débarrasser des 3.000 milliards de dollars d'actifs américains qu'elle détient”. “On vous avait prévenu, c'est absurde !”, conclut Bruno Cavalier.

Les cambistes de Deutsche Bank poursuivent : “la plupart de nos clients-investisseurs se concentrent sur le 6e scénario - le défaut technique. Il s'agit d'une éventualité dont la probabilité est extrêmement faible, mais si hautement déstabilisante qu'elle contraint les opérateurs de marché à penser l'impensable”.

Bref, pratiquement tous les spécialistes qui ne peuvent qu'envisager ce scénario noir, ce qui engendre un regain de volatilité, mais très rares sont ceux qui y croient : 'le bruit parasite généré par l'absence de réduction de ses rachats d'actifs par la Fed, puis par le conflit budgétaire américain diluent les indicateurs qui signalent toujours une robuste reprise de l'économie américaine', indiquent les spécialistes qui restent optimistes et attendent qu'une solution soit trouvée avant le 17 octobre.

Et ce d'autant que la BCE sera in fine forcée d'agir pour lutter contre la désinflation qui sévit en Europe, estime les analystes de SG, et la baisse des liquidités bancaires excédentaires. Bref, la vigueur relative de l'euro leur semble transitoire et le dollar devrait ensuite se reprendre.

Notons cependant que le FMI s'est à son tour alarmé des conséquences de ce qui se passe aux Etats-Unis non seulement pour le pays, mais pour la planète dans son ensemble : “le FMI s'attend à ce que la croissance des pays émergents soit affaiblie d'un demi-point, voire d'un point, dans les prochains mois en raison de l'instabilité provoquée sur les marchés financiers par la Réserve fédérale américaine du fait de sa volonté de ralentir progressivement son programme de rachats d'actifs”, commente ainsi Daniel Gravier, chez XTB France, après une intervention hier de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

En raison du 'shutdown' qui paralyse nombre de services administratifs américains, dont le Bureau of Labor Statistics (BLS), “la journée sera calme en raison de l'annulation de la publication des chiffres sur le chômage aux Etats-Unis', indique Saxo Banque.

Initialement, le rapport du BLS sur l'emploi au titre du mois de septembre était attendu cet après-midi. Le dernier consensus disponible était voisin de 180.000 créations d'emplois non-agricoles, après un chiffre décevant de 169.000 le mois précédent.

Notons que l'institut privé ADP, qui publie la même mesure sur une base statistique différente, a déjà fait état de son côté 166.000 créations de postes pour septembre, manquant le consensus (180.000 également). Habituellement, les chiffres d'ADP et du BLS convergent en tendance.


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