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Marché : Le Sénat américain approuve la désignation de Yellen à la Fed

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par Thomas Ferraro et Richard Cowan

WASHINGTON (Reuters) - Le Sénat des Etats-Unis a donné son feu vert lundi soir à la désignation de Janet Yellen à la présidence de la Réserve fédérale en remplacement de Ben Bernanke, dont le second mandat s'achève le 31 janvier.

Par 56 voix - dont onze républicains - contre 26, les sénateurs américains ont validé le choix de Barack Obama. Janet Yellen, qui est âgée de 67 ans, va devenir la première femme à diriger la plus puissante banque centrale du monde.

Avec l'embellie économique, sa principale tâche sera de poursuivre le dénouement des mesures de soutien extraordinaires à l'économie mises en place par Ben Bernanke dans la foulée de la crise financière de 2007-2009.

Le président de la Réserve fédérale américaine, qui était en fonction depuis 2006, a mis fin le 19 décembre au suspense qu'il avait lui-même entretenu sur la réduction graduelle ("tapering") des rachats d'actifs destinés à contrer les effets de la crise financière de 2008.

A l'issue de son dernier comité de politique monétaire de l'année, la Fed a annoncé une diminution à 75 milliards de dollars mensuels (55 milliards d'euros), contre 85 milliards précédemment, de ses achats d'actifs à compter de janvier, ainsi que de nouvelles réductions au fil de l'année 2014 en fonction de l'affirmation de la reprise de l'économie américaine.

"Avec la confirmation sur des bases non partisanes de Janet Yellen comme prochaine présidente de la Réserve fédérale, le peuple américain aura une championne acharnée qui comprend que l'objectif ultime de la politique économique et financière est d'améliorer l'existence, l'emploi et le niveau de vie des travailleurs américains et de leurs familles", a salué Barack Obama dans un communiqué.

TOLÉRANCE POUR L'INFLATION AU NOM DE L'EMPLOI

Janet Yellen arrive à la tête de la Fed avec deux atouts: elle connaît très bien la Réserve fédérale, dont elle a été l'un des gouverneurs dès 1994, et elle a l'expérience des cercles du pouvoir, ayant entre autres dirigé le conseil des conseillers économiques de Bill Clinton à la Maison blanche.

Au sein de la Fed, elle a notamment oeuvré à améliorer la politique de communication de l'institution envers les marchés financiers, un effort de transparence qu'elle juge capital pour assurer l'efficacité de la politique monétaire.

Mariée à un économiste, George Akerlof, récompensé par un prix Nobel, et mère d'un économiste, Robert Akerlof, enseignant à l'université de Warwick, Janet Yellen a longtemps milité en faveur de la fixation d'un objectif chiffré d'inflation, adopté pour la première fois l'an dernier.

Elle passe pour être l'un des responsables de la Fed les plus disposés à tolérer momentanément une inflation élevée dans le but de faire reculer le chômage. "Alors que l'emploi est aussi loin de son niveau maximal et que l'inflation évolue sous l'objectif de 2%, je crois qu'il est approprié que l'amélioration du marché du travail joue un rôle central dans la conduite de la politique monétaire", expliquait-elle en mars dernier.

Mais elle a prouvé par le passé qu'elle pouvait défendre une politique monétaire plus nuancée et la transition avec Ben Bernanke, qu'elle seconde depuis 2010, s'annonce en douceur.

"Si nous nous doutons qu'elle pourrait tolérer une inflation modérément supérieure à l'objectif afin d'inciter à de plus fortes créations d'emplois, Yellen n'a pas vacillé sur son soutien public à l'objectif de 2% d'inflation de la Fed", note Dana Saporta, économiste au Crédit Suisse à New York.

En prenant l'un des postes les plus influents du monde financier, Janet Yellen brise aussi un "plafond de verre".

"Le secteur financier est l'un des lieux où les femmes sont agressivement exclues du 'top management'. Janet Yellen peut changer les choses", a déclaré Terry O'Neill, présidente de l'Organisation nationale pour les femmes, un groupe de défense de l'égalité entre les sexes.

Un avis que partage Richard Trumka, le président du syndicat AFL-CIO, qui estime que "son ascension bien méritée ouvre une brèche remarquable dans le plafond de verre qui pendant bien trop longtemps a tenu les femmes à l'écart des postes les plus puissants de notre pays".

Nicolas Delame avec Marc Angrand pour le service français; édité par Henri-Pierre André

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