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Marché : Le scrutin italien, de mauvais augure pour la BCE

Marché : Le scrutin italien, de mauvais augure pour la BCEMarché : Le scrutin italien, de mauvais augure pour la BCE

par Mike Dolan

LONDRES (Reuters) - Les résultats des élections en Italie, marquées par le succès des partis opposés à l'austérité, pourraient compliquer la tâche de la Banque centrale européenne en limitant sa capacité à mettre en oeuvre ses "opérations monétaires sur titres" (OMT), sa principale arme contre la crise de la dette, estiment nombre d'investisseurs.

Les OMT prévoient que la BCE rachète sur les marchés de la dette publique des Etats qui en feraient la demande, à condition que ceux-ci se soumettent à des conditions strictes négociées avec les autorités monétaires.

Ce mécanisme, élaboré par la BCE après la promesse de son président Mario Draghi de faire "tout ce qu'il faudra" pour sauvegarder l'euro, a largement contribué au retour au calme sur les marchés puis à leur rebond après les tensions sur les dettes espagnole et italienne.

Mais l'absence d'une majorité capable de gouverner en Italie et le rejet exprimé par les électeurs des programmes d'austérité correspondant aux principes édictés par la banque centrale met en doute la capacité de celle-ci à mettre effectivement en oeuvre les OMT.

"La BCE a clairement dit l'an dernier qu'elle était prête à aider, mais seulement si un pays demande cette aide et s'il en accepte les conditions. En d'autres termes, les OMT sont un partenariat et ce vote anti-austérité remet en cause ce partenariat", estime Russell Silbertson, responsable taux d'Investec Asset Management.

Yves Bonzon, directeur des investissements de Pictet Wealth Management, n'est pas convaincu que le scrutin italien constitue un nouveau "point d'inflexion" de la crise de la zone euro, mais il reste sous-pondéré en actifs libellés en euro et surveille de près l'évolution de la situation.

"L'élément le plus ennuyeux dans ces résultats, c'est le fait que la BCE puisse ne pas avoir les coudées franches lorsqu'elle lancera un programme d'OMT. Sans gouvernement fort en Italie, il sera difficile d'aboutir à un protocole d'accord avec les autorités européennes."

LA BCE EST LOIN D'ÊTRE DÉSARMÉE

Pour de nombreux investisseurs défiants à l'égard de la zone euro, la principale conséquence de la situation politique en Italie est un retour des marchés à des niveaux plus conformes à la situation de l'économie et de l'endettement de la région.

"On a assisté à plusieurs mois de calme inhabituel dans la crise de la zone euro et nous avons l'impression qu'il s'agit davantage d'un retour à la réalité que d'une véritable nouvelle phase", explique Iain Stealey, gérant de portefeuille obligataire de JP Morgan Asset Management, ajoutant qu'il préfère se tenir à l'écart des marchés en euro dans l'immédiat.

"L'incertitude et la volatilité vont faire leur retour pendant quelques semaines au moins et nous ne voyons pas pourquoi le (rendement de l'emprunt à) 10 ans italien ne remonterait pas de nouveau au-dessus de 5%."

Si les OMT semblent potentiellement moins efficaces en raison de la résistance croissante de l'opinion publique à l'austérité, la BCE n'est pas totalement désarmée face au risque de récession et de baisse du crédit.

La décrue amorcée de son bilan, conséquence du remboursement anticipé par les banques d'une partie des quelque 1.000 milliards d'euros de liquidités qu'elle leur a prêtés fin 2011 et début 2012, lui offre en effet la possibilité d'envisager de nouvelles interventions en cas de besoin.

"La BCE est la seule institution réellement capable de passer à l'offensive. Une baisse des taux de la BCE la semaine prochaine semble désormais possible", estime Tristan Cooper, analyste de Fidelity Worldwide Investment.

D'autres investisseurs soulignent que la conjoncture économique mondiale s'améliore et pensent que les coupes budgétaires les plus sévères dans la zone euro appartiennent désormais au passé.

"Il y a dans le sud de l'Europe un vote clair contre l'austérité seule", explique Giordano Lombardo, directeur des investissements de Pioneer Investments à Milan, pour qui les politiques économiques pourraient désormais s'infléchir en faveur d'un soutien accru à la croissance.

"Au-delà de la volatilité immédiate, ce n'est pas nécessairement un mauvais résultat."

Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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