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Marché : Le renflouement de Chypre pourrait ne pas être le dernier

Marché : Le renflouement de Chypre pourrait ne pas être le dernierMarché : Le renflouement de Chypre pourrait ne pas être le dernier

par Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - Chypre ne sera sans doute pas le dernier pays de la zone euro à solliciter une aide internationale, selon une enquête de Reuters auprès d'économistes qui voient en l'Espagne et la Slovénie les pays les plus exposés à cette éventualité.

L'enquête montre également que les économistes sont partagés sur la question de savoir si les modalités du plan d'aide à Chypre, qui prévoit la fermeture de l'une des deux plus grandes banques du pays en mettant à contribution les gros déposants, seront meilleures ou pires pour la stabilité financière de la zone euro.

Chypre a passé lundi un accord de 10 milliards d'euros avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international qui aura entre autres pour effet de rendre l'île moins dépendante d'un secteur bancaire hypertrophié et en pleine déconfiture.

Sur 48 économistes interrogés cette semaine, 36 pensent que d'autres pays de la zone euro auront besoin d'une aide. Seize évoquent l'Espagne et 16 autres la Slovénie, dont le secteur bancaire surdéveloppé la fait comparer à Chypre sur ce point.

"L'accord pour Chypre porte la crise bancaire européenne à un nouveau niveau ", dit Lena Komileva, directrice de G+ Economics, un cabinet de consultants londonien.

Elle explique qu'il implique un retour du risque de convertibilité dans la zone euro, autrement dit qu'on ne peut traiter les euros de Chypre comme les autres euros.

Le contrôle des capitaux préparés pour Chypre sont l'un des motifs expliquant ce risque de convertibilité. Destiné à empêcher une ruée aux guichets, ce contrôle rend de fait un euro chypriote moins liquide que partout ailleurs dans la zone euro où n'existe pas une telle limitation.

Pour autant, 38 des 46 économistes interrogés jugent pertinent ce contrôle des capitaux, l'alternative étant une fuite des capitaux incontrôlée.

Les responsables européens ont insisté sur le fait que ce contrôle serait momentané mais pour 30 des 46 économistes il risque de durer des mois, voire des années pour trois d'entre eux, à l'exemple de l'Islande, les 13 autres estimant sa durée en semaines.

Enfin, 19 des économistes interrogés pensent qu'avoir dissous la deuxième banque du pays, plutôt que de la recapitaliser, est une meilleure solution pour la stabilité financière de la zone euro. Quatorze pensent l'inverse et 12 ne voient aucune différence.

"Même si la méthode implique qu'on peut traiter plus rapidement les problèmes du secteur financier, ce qui est positif pour ce qui est d'une perspective à long terme, il n'empêche que cela affecte dans les faits la stabilité financière à court terme", commente Elwin de Groot (Rabobank International).

"Cela pourrait déboucher sur une nouvelle fragmentation entre le noyau dur et la périphérie et alimenter les ruées aux guichets au moindre soupçon de renflouement".

Parmi les autres pays cités comme candidats éventuels au renflouement figurent l'Italie, mentionnée par six économistes, puis Malte, la France et le Portugal, ce dernier pays faisant déjà l'objet d'une aide internationale.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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