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Marché : Le PIB japonais subit sa plus forte contraction depuis 2011

Marché : L'économie japonaise s'est contractée de 6,8% au 2e trimestreMarché : L'économie japonaise s'est contractée de 6,8% au 2e trimestre

par Leika Kihara et Tetsushi Kajimoto

TOKYO (Reuters) - La hausse de la TVA le 1er avril au Japon a provoqué la plus forte contraction de l'activité économique depuis le séisme et le tsunami de mars 2011, montrent les statistiques officielles publiées mercredi, qui plaident pour un soutien accru du gouvernement et de la banque centrale aux entreprises et aux ménages.

Le relèvement de trois points du taux normal de TVA a plombé la consommation des ménages avec pour conséquence une chute de 6,8% en rythme annualisé du produit intérieur brut (PIB) sur le trimestre avril-juin, qui a totalement effacé la croissance de 6,1% enregistrée sur les trois premiers mois de l'année.

Cette inversion quasi-parfaite reflète principalement l'anticipation de nombreux achats entre janvier et mars, avant la hausse de la TVA.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une contraction de 7,1% en rythme annualisé de la troisième économie mondiale.

La Banque du Japon (BoJ), qui considère cet accès de faiblesse comme un simple incident de parcours, réaffirme que le Japon est engagé dans une reprise modérée, et elle n'a pas l'intention d'augmenter de sitôt ses soutiens à l'activité.

Mais les chiffres du deuxième trimestre pourraient l'obliger à revoir à la baisse ses prévisions économiques en octobre.

La pression en faveur d'un soutien accru pourrait être d'autant plus forte à l'automne que le Premier ministre, Shinzo Abe, doit prendre pendant cette période une décision sur un possible relèvement supplémentaire de la TVA, qui passerait alors de 8% à 10%.

"Si le prochain trimestre était plus mauvais que prévu, il est possible que la BoJ soit conduite à s'engager dans un assouplissement supplémentaire", explique Yuichi Kodama, économiste de Meiji Yasuda Life Insurance.

Le ministre de l'Economie, Akira Amari, a laissé entendre que le gouvernement pourrait annoncer un collectif budgétaire d'ici la fin de l'année si la croissance du troisième trimestre était plus faible qu'attendu.

Mais les marges de manoeuvre budgétaires sont si minces qu'un tel effort serait sans doute insuffisant pour avoir un impact marqué sur l'économie.

UNE DEUXIÈME HAUSSE DE TVA EN VUE

"Pour l'instant, je ne ressens pas le besoin (d'un soutien budgétaire supplémentaire) mais nous prendrons les mesures nécessaire et appropriées en fonction de l'évolution de la situation à partir de maintenant. Les mesures appropriées signifient toutes les mesures possibles", a dit le ministre à la presse après la publication des chiffres du PIB.

Par rapport à janvier-mars, l'économie s'est contractée de 1,7% au deuxième trimestre, un chiffre inférieur de 0,1 point au consensus.

La consommation privée, qui représente 60% de l'économie japonaise, a particulièrement souffert de la hausse de la TVA. Elle a reculé de 5% sur le trimestre alors que le marché attendait une baisse de 4,3%.

L'investissement des entreprises accuse parallèlement une baisse de 2,5%, une évolution préoccupante alors que les autorités comptent sur les entreprises pour soutenir la reprise en augmentant leurs dépenses.

La demande extérieure s'est traduite par une contribution positive de 1,1 point au PIB, après une contribution négative de 0,2 point au premier trimestre, mais cela traduit avant tout la baisse des importations au printemps: les exportations ont reculé de 0,4% sur avril-juin.

La plupart des observateurs s'attendent à une reprise sur juillet-septembre, l'impact de la hausse de TVA s'estompant, certains allant même jusqu'à prévoir une hausse de 3% à 5% du PIB en rythme annualisé.

Cette embellie devrait profiter entre autres de la hausse des salaires et des traditionnels primes d'été, à même de soutenir la consommation.

Néanmoins, une majorité d'économistes s'attendent à ce que la croissance de l'ensemble de l'exercice budgétaire en cours, entamé en avril, soit bien inférieure au chiffre de 1,0% projeté par la BoJ.

Certains pointent du doigt la hausse des stocks sur avril-juin, qui risque de peser sur la production.

"La contribution positive des stocks est un facteur de risque pour l'avenir. Cela signifie qu'une hausse de la demande intérieure est nécessaire sur juillet-septembre pour parvenir à un rebond suffisamment fort pour justifier une deuxième hausse de la TVA", explique Masayuki Kichikawa, chef économiste Japon de Bank of America Merrill Lynch.

"Je crois qu'il y a une probabilité de 70% à 80% qu'Abe relève encore la TVA tout en faisant un collectif budgétaire."

(Leila Kihara et Tesushi Kajimoto; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Véronique Tison)

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