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Marché : Le PIB américain s'est contracté, une première en trois ans

Marché : Le PIB américain s'est contracté de 1,0% au premier trimestreMarché : Le PIB américain s'est contracté de 1,0% au premier trimestre

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - Les rigueurs de l'hiver ont eu raison de la croissance américaine en début d'année, le produit intérieur brut s'étant contracté de 1% au cours des trois premiers mois de 2014, mais de nombreux signes montrent que ce coup de frein n'augure en rien des perspectives réelles de la première économie mondiale.

Le PIB américain s'est contracté de 1,0% au premier trimestre, un rythme plus élevé que ce qu'attendaient les économistes, qui anticipaient une contraction de 0,5%, montre la deuxième estimation livrée jeudi par le département du Commerce.

C'est la première fois depuis le premier trimestre 2011 que l'économie américaine détruit de la richesse. Au quatrième trimestre 2013, l'expansion avait atteint le rythme de 2,6%.

Fin avril, la première estimation de la croissance du PIB était ressortie quasi nulle, à +0,1%, la plus faible depuis le premier trimestre 2012.

Les rendements des Treasuries ont légèrement baissé, tandis que les futures ont réduit leurs gains à Wall Street et que le dollar a reculé face à l'euro en réaction à ces chiffres.

Un hiver extrêmement froid et une moindre accumulation de stocks par les entreprises expliquent en grande partie ce chiffre. L'hiver rigoureux que viennent de vivre les Etats-Unis a eu des conséquences néfastes sur de nombreuses composantes de l'économie comme la production, reflet d'un plongeon de l'investissement en actifs immobilisés plus fort que ce qu'attendait Wall Street.

Certains économistes estiment que le froid, avec des températures qui ont approché en janvier les -40°C, dans certaines régions, a coûté 1,5 point de pourcentage à la croissance. Les chiffres du gouvernement ne donnent, eux, aucune estimation de l'impact hivernal.

Parmi les explications apportées à la contraction de l'économie, figure une moindre accumulation des stocks, établie en valeur à 49 milliards de dollars, un montant bien inférieur aux 87,4 milliards estimés fin avril et qui a coûté 1,62 point de pourcentage à la croissance.

Elle est toutefois de nature à nourrir l'optimisme pour le trimestre en cours, la reconstitution des stocks ayant de grandes chances de contribuer très fortement au rebond au deuxième trimestre.

UN MEILLEUR MARCHÉ DE L'EMPLOI

Le commerce extérieur a également contribué à freiner le mouvement de croissance. La baisse des exportations n'a pas été aussi forte qu'on l'avait d'abord cru mais la croissance des importations a été plus soutenue. Le déficit commercial a en conséquence retranché 0,95 point à la croissance du PIB.

Et si la contraction annoncée jeudi est deux fois plus élevée que ce qu'attendaient les économistes, elle ne devrait avoir qu'un impact limité sur le moral d'un grand nombre d'investisseurs qui préfèrent mettre ce premier trimestre 2014 de côté pour se concentrer sur les signes d'amélioration de la conjoncture.

Ils pourront notamment s'appuyer sur un marché du travail en constante amélioration comme en témoignent les chiffres des inscriptions hebdomadaires au chômage publiés jeudi.

Non seulement ces dernières ont diminué plus qu'attendu, mais le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités de chômage a reculé à son niveau le plus bas depuis novembre 2007.

Une mesure de la demande intérieure qui fait abstraction des exportations et des stocks a connu une croissance de 1,6% au lieu de 1,5% en première estimation, laissant penser que l'économie américaine a encore des ressources.

Les dépenses de consommation, qui comptent pour plus des deux tiers du PIB, ont augmenté de 3,1% au lieu de 3,0% en première estimation et 3,3% au dernier trimestre 2013.

Les investissements en actifs immobilisés non résidentiels, comme les matériels de forage, se sont contractés de 7,5%. Une première estimation les donnait en hausse de 0,2%.

Le rapport du département du Commerce signale enfin une chute de 13,7% des bénéfices nets des entreprises au premier trimestre, un recul sans précédent depuis le quatrième trimestre 2008.

(Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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