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Marché : Le moral des patrons allemands monte malgré le risque chinois

Marché : Le climat des affaires s'améliore en Allemagne malgré la ChineMarché : Le climat des affaires s'améliore en Allemagne malgré la Chine

par Paul Carrel et Irene Preisinger

BERLIN/MUNICH (Reuters) - Le climat des affaires a continué de s'améliorer au mois d'août en Allemagne mais les exportations, qui ont soutenu la croissance au deuxième trimestre, risquent fort de subir un coup de frein brutal avec le ralentissement de l'économie chinoise, a déclaré mardi l'institut d'études économiques Ifo.

Son indice du climat des affaires, calculé mensuellement sur la base d'une enquête auprès d'environ 7.000 entreprises, a atteint 108,3 contre 108,0 en juillet, au plus haut depuis mai.

Il dépasse ainsi le consensus des estimations d'économistes recueillies par Reuters, qui le donnait à 107,7.

Cette bonne surprise a été annoncée deux heures après la publication des chiffres détaillées du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre, qui confirment une croissance de 0,4% par rapport aux trois premiers mois de l'année et de 1,6% en rythme annuel.

Mais pour Klaus Wohlrabe, économiste de l'Ifo, les turbulences actuelles en Chine, conséquence du ralentissement marqué de la croissance, sont peu prises en compte dans l'enquête d'août.

"Le thème de la Chine et des marchés émergents aura une importance accrue à l'avenir", a-t-il dit à Reuters.

Les marchés boursiers chinois ont poursuivi leur chute mardi, sans empêcher un rebond d'autres marchés asiatiques et des places européennes au lendemain d'un "lundi noir".

Ces turbulences font craindre un ralentissement accentué de la croissance de la deuxième économie mondiale, après une série d'indicateurs jugés préoccupants ces dernières semaines.

En Allemagne, le ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, a relativisé le risque lié aux répercussions de la situation chinoise sur l'économie allemande.

"Les inquiétudes nées de l'évolution de la situation en Chine sont certainement justifiées. Néanmoins, je pense qu'il faut dire, pour ce que nous pouvons en juger, que cela ne contribuera pas à une dégradation de la situation en Allemagne", a-t-il déclaré, ajoutant que la dynamique actuelle en Europe et la baisse des prix du pétrole constituaient des facteurs de soutien.

INVESTISSEMENT ET DÉSTOCKAGE ONT PESÉ SUR LE PIB

Sigmar Gabriel s'exprimait avant l'annonce par la banque centrale chinoise de nouvelles mesures d'assouplissement de sa politique monétaire.

Klaus Wohlrabe a dit de son côté ne pas s'attendre à une détérioration accrue des exportations allemandes et a maintenu sa prévision d'une croissance de 0,4% du PIB allemand au troisième trimestre et de 1,7% pour l'ensemble de l'année.

Le gouvernement allemand a certes des arguments pour justifier la confiance affichée ces derniers temps: les chiffres publiés au début du mois ont montré que les commandes à l'industrie avaient enregistré sur avril-juin leur plus forte hausse depuis début 2011, grâce principalement à la demande étrangère.

Les exportations allemandes, moteur historique de la croissance, ont augmenté de 2,2% au deuxième trimestre, alors que les importations progressaient de 0,8%. Au final, le commerce extérieur a ainsi apporté une contribution positive de 0,7 point de pourcentage au PIB, alors que la contribution de la demande intérieure est négative de 0,3 point.

Mais les investissements ont reculé sur avril-juin, une évolution plus préoccupante pour l'avenir dans un contexte de ralentissement global.

"Les entreprises n'investissent pas comme elles devraient le faire", estime Ulrike Kastens, de Sal. Oppenheim.

"Ce n'est pas la faiblesse des taux d'intérêt qui constitue le facteur décisif pour elles, c'est plutôt l'évolution de leurs principaux marchés. Et c'est là que se trouvent les principaux points d'interrogation, comme le montre l'évolution en Chine et sur d'autres marchés émergents."

La formation brute de capital fixe (FCBF) a soustrait 0,1 point à la croissance du PIB au deuxième trimestre et les stocks 0,4 point, les entreprises privilégiant le déstockage.

"Les inquiétudes chinoises, et plus généralement la crainte que d'importants marchés émergents ne soient plus vraiment 'émergents' suffisent à peser sur les investissements, y compris à l'avenir", estime Holger Sandte, de Nordea.

(Paul Carrel; Patrick Vignal et Marc Angrand pour le service français)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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