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Marché : Le moral des investisseurs allemands chute en mai

Marché : Forte détérioration du moral des investisseurs allemands en maiMarché : Forte détérioration du moral des investisseurs allemands en mai

par Kirsti et Knolle et Eva et Taylor

MANNHEIM, Allemagne (Reuters) - Le sentiment des investisseurs et analystes allemands s'est très nettement dégradé au mois de mai, faisant craindre un ralentissement de la croissance de la première économie européenne au deuxième semestre.

Publié mardi, l'indice du sentiment économique calculé par l'institut ZEW est tombé à 33,1 ce mois-ci contre 43,2 en avril, une cinquième baisse consécutive qui le ramène à son niveau de janvier 2013.

C'est nettement inférieur aux attentes des économistes interrogés par Reuters qui anticipaient en moyenne un indice à 41,0, l'estimation la plus basse étant à 37,1.

L'euro, dans la foulée, a reculé à un plus bas d'un mois à 1,3742 dollar.

"La cinquième baisse consécutive de l'indice ZEW en mai fait craindre que l'économie allemande va marquer le pas", commente Jessica Hinds, économiste chez Capital Economics.

"Les chiffres du PIB attendus cette semaine devraient témoigner d'un solide premier trimestre, avec peut-être une croissance de 0,7%. Mais l'enquête d'aujourd'hui conforte notre opinion que ce rythme de croissance ne pourra être soutenu."

L'indice Ifo du climat des affaires, publié le 24 avril, avait toutefois dénoté une amélioration attribuée alors à un relatif apaisement des tensions en Ukraine. Et la composante des conditions actuelles de l'indice ZEW est ressortie en hausse à 62,1, un chiffre meilleur que prévu qui constitue un plus haut depuis juillet 2011.

Autre point positif de l'enquête, les experts interrogés s'attendent à une dépréciation de l'euro de nature à écarter les craintes de déflation dans la zone euro.

VENTS DE FACE

Après une croissance de 0,4% en 2013, le gouvernement allemand table sur une hausse du produit intérieur brut de 1,8% cette année, grâce principalement à la demande intérieure.

"La baisse des anticipations économiques des experts pour l'Allemagne doit être replacée dans le contexte d'une forte croissance au premier trimestre", a souligné Clemens Fuest, le président de l'institut ZEW. "D'ores et déjà, il y a des indications qui montrent que l'Allemagne ne pourra maintenir ce rythme de croissance."

Dans son rapport mensuel publié mardi, le ministère de l'Economie estime que la croissance plus robuste que prévu en janvier-mars, due aux températures clémentes de l'hiver, pourrait être suivie d'un printemps plus faible.

La crise ukrainienne a peut-être contribué aussi à la baisse de l'indice ZEW mais l'institut de Mannheim a dit ne pas être en mesure d'en quantifier l'impact, cependant bien réel pour les économistes.

"Ce conflit géopolitique tout proche de l'Allemagne, mais aussi les inquiétudes sur l'état de l'économie chinoise et la récente correction boursière ont clairement modéré l'optimisme des investisseurs", commente Carsten Brzeski, chez ING.

"Après un excellent début d'année, l'économie allemande se trouve maintenant confrontée à quelques vents de face", ajoute-t-il.

L'enquête ZEW de ce mois-ci a été réalisée auprès de 248 analystes et investisseurs interrogés entre le 28 avril et le 12 mai.

(Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Joanny)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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