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Marché : Le G20 s'engage pour la croissance et l'emploi

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par Louise Egan et Jan Strupczewski

SYDNEY (Reuters) - Les principales puissances économiques mondiales ont affiché dimanche leur volonté de générer plus de 2.000 milliards de dollars (1.450 milliards d'euros) d'activité économique supplémentaires en cinq ans et de créer des dizaines de millions d'emplois, pour tourner définitivement la page de la crise.

Le communiqué final de la réunion de deux jours des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 à Sydney déclare que les pays du groupe vont adopter des mesures concrètes pour favoriser l'investissement et l'emploi.

"Nous allons mettre en oeuvre des politiques ambitieuses mais réalistes avec pour objectif d'augmenter notre PIB commun de plus de 2% sur les cinq prochaines années par rapport à la trajectoire associée aux politiques actuelles", dit le communiqué.

Joe Hockey, le ministre australien des Finances, hôte de la réunion, a déclaré que cette ambition ouvrait une nouvelle ère de coopération au sein du G20, dont les pays membres représentent environ 85% de l'activité économique mondiale.

"Nous nous fixons un chiffre pour la première fois", a-t-il dit. "Nous voulons créer plus de 2.000 milliards de dollars d'activité économique supplémentaire et des dizaines de millions d'emplois nouveaux."

Ces engagements chiffrés constituent une victoire pour Joe Hockey, qui a plaidé lors des débats à Sydney en faveur d'un soutien clair à la croissance face au scepticisme affiché par certains participants, notamment l'Allemagne.

"Les taux de croissance susceptibles d'être atteints résultent d'un processus très complexe", a dit après la réunion Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances. "Le résultat de ce processus ne peut pas être garanti par des responsables politiques."

RENDEZ-VOUS EN NOVEMBRE À BRISBANE

L'Australie préside le G20 cette année, après la Russie l'an dernier et avant la Turquie en 2015.

Le plan de soutien à la croissance s'inspire entre autres d'une étude du Fonds monétaire international (FMI) préparée pour la réunion de Sydney, selon laquelle des réformes structurelles pourraient augmenter la croissance mondiale de 0,5 point par an sur les cinq prochaines années, augmentant ainsi l'activité économique globale de 2.250 milliards de dollars.

Le FMI prévoit une croissance mondiale de 3,75% cette année et de 4% en 2015.

Le G20 ne s'est jusqu'à présent pas accordé sur les moyens permettant d'atteindre ses objectifs, ni sur les répercussions de son éventuelle incapacité à les atteindre.

Désormais, les objectifs étant clairement définis, chaque pays va devoir élaborer un plan d'action et une stratégie de croissance qui seront débattus lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du groupe en novembre à Brisbane.

"Chaque pays doit apporter son propre plan de croissance économique", a dit Joe Hockey. "Chaque pays doit faire un travail de fond."

Le fait que le G20 se soit donné des objectifs communs et chiffrés constitue à lui seul une avancée, les pays du groupe n'étant pas parvenus dans le passé à s'accorder sur des objectifs en termes de déficit et de comptes courants.

Le communiqué de Sydney marque aussi une rupture avec les précédentes réunions, au cours desquelles était apparue une division nette entre les partisans de la croissance et ceux de l'austérité budgétaire.

LES INQUIÉTUDES DES ÉMERGENTS PRISES EN CONSIDÉRATION

"Le texte du communiqué indique que la position habituelle américaine selon laquelle ce qui est bon pour les piliers de l'économie mondiale est bon pour tout le monde semble l'avoir emporté", a commenté Huw McKay, économiste de Westpac.

Le G20 a en outre pris en compte les inquiétudes des économies émergentes quant à l'impact de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.

En commençant à réduire progressivement ses achats d'obligations sur les marchés financiers, la Fed a enclenché un mouvement de rapatriement de capitaux affectant certains marchés émergents.

"Toutes nos banques centrales maintiennent leur engagement à continuer de calibrer soigneusement leurs objectifs de politique monétaire et communiquer clairement dans le contexte des échanges d'informations en cours, et à être attentifs à leur impact sur l'économie mondiale", dit le communiqué.

Joe Hockey a expliqué que la réunion avait donné lieu à des discussions entre pays membres sur l'impact de l'évolution de la politique de la Fed, ajoutant que Janet Yellen, la nouvelle présidente de la banque centrale américaine, avait été "très impressionnante" dans ces débats.

Par ailleurs, le communiqué souligne que le G20 "regrette profondément" l'absence de toute avancée sur le renforcement de la présence des pays émergents au sein du FMI, auquel s'oppose le Congrès américain.

Le groupe progresse en revanche sur les projets visant à "faire en sorte que les entreprises multinationales paient leur juste part" d'impôts, a dit Jack Lew, le secrétaire au Trésor américain.

Avec Cecile Lefort, Ian Chua, Jane Wardell, Gernot Heller et Matt Siegel; Eric Faye et Marc Angrand pour le service français

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