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Marché : Le G20 presse les Etats-Unis d'agir sur leur budget

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par Krista Hughes et Julien Toyer

MEXICO (Reuters) - La perspective de hausses d'impôts et de réductions de dépenses aux Etats-Unis constitue la principale menace à court terme pour l'économie mondiale, estiment les grands argentiers du G20 en appelant de leur voeu un accord rapide pour échapper à ce scénario de "mur budgétaire".

Sauf accord au Congrès après les élections de mardi, quelque 600 milliards de dollars de réductions de dépenses publiques et de hausses d'impôt prendront effet le 1er janvier 2013, menaçant de faire dérailler la reprise de l'économie américaine.

"Si les Etats-Unis ne règlent pas ce problème de mur budgétaire, l'économie américaine mais aussi l'économie mondiale et l'économie japonaise seront affectées. Chaque membre du G20 va donc presser les Etats-Unis de faire vite", a déclaré dimanche le gouverneur de la Banque du Japon, Masaaki Shirakawa, avant la réunion des ministres des finances et banquiers centraux du G20 à Mexico.

Lors de discussions préparatoires, les représentants européens se sont montrés particulièrement préoccupés par la situation américaine - soulagés aussi, peut-être, de voir la crise européenne passer au second plan.

Le ministre des Finances canadien Jim Flaherty a abondé dans leur sens en estimant que le mur budgétaire présentait davantage de risques à court terme pour l'économie mondiale que la crise de la dette dans la zone euro.

Son homologue sud-coréen Bahk Jae-wan a dit craindre que l'incertitude concernant le budget américain ait un impact sur l'économie mondiale au premier trimestre 2013. Mais, a-t-il dit à Reuters, "comparé à la crise de la zone euro, le problème du mur budgétaire semble bien plus aisé à régler".

"LES RISQUES RESTENT ÉLEVÉS"

La crise de l'euro en est à sa troisième année mais elle s'est atténuée depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a présenté, en septembre, un plan de rachat d'obligations souveraines destiné à faire baisser les coûts de refinancement de pays en difficulté. Il reste à voir cependant si l'Espagne voudra bénéficier de cette aide, assortie de strictes conditions, tandis que le problème grec demeure par ailleurs.

Un projet de communiqué pour la réunion de Mexico évoque des "risques élevés" pour l'économie mondiale, y compris la crise européenne, le mur budgétaire américain et des difficultés budgétaires potentielles au Japon.

"La croissance mondiale demeure modeste et les risques restent élevés, en raison de possibles retards dans la mise en oeuvre complexe de récentes décisions en Europe, d'un sévère durcissement budgétaire potentiel aux Etats-Unis et au Japon, du ralentissement de la croissance dans certains marchés émergents et de chocs additionnels sur l'offre dans certains marchés de matières premières", énonce le projet de communiqué, selon une source du G20.

Le communiqué final sera publié lundi à l'issue de la réunion de deux jours.

Selon des responsables du G20, la "mise en oeuvre complexe de récentes décisions en Europe" fait allusion à l'union bancaire, considérée comme une étape essentielle pour renforcer le système financier européen mais objet de divergences entre la France, l'Espagne et l'Italie d'un côté, l'Allemagne de l'autre.

Des avancées sont peu probables à Mexico, d'autant que certains des principaux ministres et banquiers centraux de la planète se sont fait représenter. Le secrétaire américain Timothy Geithner - qui devrait se retirer après l'élection de mardi - mais aussi son homologue chinois et le président de la BCE Mario Draghi n'ont pas fait le déplacement au Mexique.

Bien présent, le ministre allemand Wolfgang Schaüble a affirmé que les Etats-Unis et le Japon partageaient avec l'Europe la responsabilité de la stabilité économique dans le monde, et il a demandé de nouveaux engagements sur la réduction des déficits et de la dette au-delà de 2016.

Avec l'équipe G20 à Mexico, Véronique Tison pour le service français, édité par Catherine Monin

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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