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Marché : Le G20 préoccupé par la croissance mondiale "modeste"

Marché : Les ministres des Finances du G20 veulent doper la croissanceMarché : Les ministres des Finances du G20 veulent doper la croissance

par David Lawder

WASHINGTON (Reuters) - Les pays du G20 ont salué vendredi l'amélioration récente de la situation sur les marchés financiers mais ils ont averti que la croissance mondiale, toujours "modeste et inégale", restait menacée par la faiblesse de certaines économies dépendantes des matières premières.

Dans un communiqué publié après leur réunion à Washington, les ministres des Finances et les banquiers centraux du Groupe ont pris acte du rebond des marchés après les turbulences du début de l'année, constatant qu'ils étaient en meilleure forme que lors de leur précédente rencontre, en février à Shanghai.

"Toutefois, la croissance reste modeste et inégale, et des risques à la baisse et des incertitudes persistent dans un contexte de volatilité financière continue, de difficultés pour les exportateurs de matières premières et d'inflation faible", ajoutent-ils.

Le communiqué mentionne aussi, parmi les risques auxquels est exposée l'économie mondiale, la possibilité d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les conflits géopolitiques et les flux de réfugiés.

Les pays du G20 réaffirment parallèlement leur engagement de longue date à coopérer étroitement sur les questions liées aux changes.

"Nous réaffirmons nos engagements antérieurs en matière de taux de change, y compris celui de nous abstenir de toute dévaluation compétitive, et nous ne fixerons pas nos taux de change dans un but de concurrence. Nous résisterons à toutes les formes de protectionnisme", dit le communiqué.

Les ministres et banquiers centraux n'ont toutefois présenté aucune initiative nouvelle pour soutenir la croissance économique, répétant simplement que les pays membres continueraient d'étudier différentes options.

PLAIDOYER DE L'INDE POUR L'INVESTISSEMENT

Organisée à Washington à l'occasion des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui se terminent dimanche, la réunion du G20, entité qui regroupe pays développés et pays émergents, s'est déroulé dans un contexte de pressions croissantes exercées sur les nations les plus riches pour qu'elles augmentent leurs dépenses d'infrastructures, dérégulent leurs économies et favorisent l'emploi.

Mardi, le FMI a revu en baisse ses prévisions pour la croissance mondiale pour la quatrième fois en un an du fait du ralentissement de l'économie chinoise, de la faiblesse persistante des prix du pétrole et de la fragilité de la reprise dans les économies développées. [ID:nL5N17E4NV]

La réunion coïncide aussi avec l'accumulation de difficultés dans un certain nombre de pays dépendant à des degrés divers de la santé du marché des matières premières, comme le Brésil, qui traverse sa pire récession depuis plus de 20 ans.

Dans un communiqué adressé jeudi soir aux autres pays du G20, le ministre des Finances indien, Arun Jaitley, a déclaré que les gouvernements devaient cesser de laisser les banques centrales prendre l'initiative dans les mesures de relance de la croissance et réfléchir à une hausse des dépenses.

"Nous sommes d'avis que les outils de politique monétaire ont atteint les limites de leur efficacité (...) Le temps est venu de la revalorisation de la politique budgétaire, avec un plus grand accent qui doit être mis sur les investissements publics", a-t-il écrit.

LE JAPON S'INQUIÈTE DE LA HAUSSE "EXCESSIVE" DU YEN

Selon le FMI, l'Inde devrait voir son produit intérieur brut (PIB) augmenter de 7,5%, ce qui en ferait l'un des pays les plus dynamiques du monde.

Arun Jaitley a néanmoins souligné que la reprise économique mondiale était fragile et qu'elle pouvait facilement se gripper, que ce soit par la faiblesse de la demande, un tassement du commerce ou encore par une volatilité des flux de capitaux.

"De ce fait, nous devons élaborer une réponse efficace (...) afin de raviver le moteur commercial de l'économie mondiale. Les pays doivent éviter des mesures protectionnistes et s'abstenir de dévaluations compétitives", a-t-il dit.

Sur ce dernier point, il semble en désaccord avec le Japon, qui reste préoccupé par la vigueur du yen, lequel a récemment atteint son plus haut niveau depuis 17 ans face au dollar américain.

Le ministre des Finances japonais, Taro Aso, a déclaré jeudi soir à la presse avoir évoqué ces inquiétudes avec le secrétaire au Trésor américain, Jack Lew.

"J'ai dit (à Jack Lew) qu'une volatilité excessive et des fluctuations désordonnées des devises auraient un impact négatif sur l'économie. J'ai aussi exprimé ma profonde inquiétude à propos des mouvements unilatéraux sur le marché des changes", a-t-il dit.

De son côté, le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a qualifié d'"excessive" la hausse du yen depuis le début de l'année, utilisant pour la première fois cet adjectif pour qualifier l'évolution de la monnaie japonaise.

(avec Jason Lange, Balazs Koranyi, Jan Strupczewski, Lindsay Dunsmuir, Leika Kihara, Gernot Heller et Koh Gui Qing; Benoît Van Overstraeten et Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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