Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Le FMI veut laisser du temps à Madrid pour assainir ses finances

Marché : Le FMI veut laisser du temps à Madrid pour assainir ses finances

Marché : Le FMI veut laisser du temps à Madrid pour assainir ses financesMarché : Le FMI veut laisser du temps à Madrid pour assainir ses finances

WASHINGTON/MADRID (Reuters) - L'Espagne a besoin de plus de temps pour assainir ses finances publiques, a jugé jeudi Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), alors que l'Union européenne (UE) envisage d'accorder un nouveau délai à Madrid pour réduire son déficit budgétaire.

"Etant donnés la situation du pays et les efforts accomplis, ainsi que le taux de chômage actuel de 25%, nous pensons que l'assainissement budgétaire est une nécessité, mais nous ne voyons pas pourquoi il faudrait le mener aussi brusquement que ce qui a été initialement prévu", a dit Christine Lagarde.

"L'Espagne a besoin de plus de temps et il faut qu'elle puisse s'adapter aux efforts de consolidation qu'elle a déjà menés", a-t-elle continué.

Le gouvernement espagnol, mené par le conservateur Mariano Rajoy, va adresser le 26 avril à la Commission européenne un programme actualisé de réformes pour les trois prochaines années ainsi que des prévisions budgétaires révisées.

La Commission européenne doit se prononcer en retour sur un report d'un an ou deux de la date, actuellement fixée pour l'an prochain, à laquelle l'Espagne doit ramener son déficit budgétaire sous la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB).

L'Espagne a réduit son déficit à 7% de son PIB l'an dernier, sans parvenir à atteindre son objectif de 6,3%. Elle vise cette année à abaisser son déficit à 4,5% du PIB.

La majorité des économistes jugent toutefois improbable que Madrid présente à la fin du mois un programme de réformes assez ambitieuses, notamment en ce qui concerne la fiscalité, le marché de l'emploi ou l'administration publique, alors que le gouvernement commence à se préparer aux élections législatives prévues en 2015.

"Les conservateurs disposent de quelque chose de très rare et très précieux, et c'est une majorité absolue (au parlement)", explique Javier Diaz-Gimenez, économiste à l'école madrilène de commerce IESE. "Ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Mais Rajoy (...) veut juste en faire le moins possible."

TROP MODESTE

Mariano Rajoy a déjà annoncé que le plan présenté à la Commission européenne se concentrerait sur des mesures destinées à favoriser la croissance, comme des baisses d'impôts pour les petites entreprises, et s'attaquerait de nouveau à des réformes inachevées du secteur de l'énergie et du système de retraites.

Les économistes craignent néanmoins que ce programme soit bien trop modeste pour sortir l'économie de la récession et aider les six millions de chômeurs espagnols à retrouver un emploi, alors même qu'une bonne partie des 90 mesures décidées l'année dernière, dans le cadre du précédent plan de ce type, n'ont pas encore été mises en oeuvre.

"Si l'Espagne ne parvient pas à adopter des réformes structurelles et à développer une stratégie crédible pour assainir ses finances, cela pourrait menacer la soutenabilité de sa dette", prévient Ruben Segura-Cayuela, économiste chez Merrill Lynch et ancien conseiller économique du précédent gouvernement, mené par le socialiste José Luis Zapatero.

"Je perçois une volonté politique de satisfaire Bruxelles et d'obéir à toutes les demandes, mais cela ne veut pas dire qu'ils mèneront les réformes jusqu'au bout", ajoute-t-il.

Mariano Rajoy est également confronté à la fronde de certaines des 17 communautés autonomes espagnoles, comme la Catalogne, qui refuse d'appliquer des coupes budgétaires demandées par le gouvernement central, et représentant 4,8 milliards d'euros.

"Les habitants ne peuvent supporter les choses que jusqu'à un certain point", a déclaré à Reuters Andreu Mas-Colell, ministre de l'Economie de la Catalogne, qui représente 20% du PIB espagnol.

Les désaccords budgétaires entre le gouvernement central et la Catalogne, qui demande aussi une plus grande autonomie en matière de perception des impôts, attisent les revendications indépendantistes, et Artur Mas, président de la région, s'est engagé à accélérer l'organisation d'un référendum sur la question d'ici 2014.

Jan Strupczewski et Leila Kihara à Washington, Paul Day à Madridn et Sonya Dowsett à Barcelone; Julien Dury pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2013 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...