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Marché : Le FMI chiffre le gouffre financier grec avant le référendum

Marché : Blocages et tensions à l'approche du référendum grecMarché : Blocages et tensions à l'approche du référendum grec

par Renee Maltezou et David Chance

ATHENES/WASHINGTON (Reuters) - La Grèce a encore besoin de 50 milliards d'euros d'aides au cours des trois prochaines années, a déclaré jeudi le Fonds monétaire international (FMI), mettant ainsi un chiffre sur le trou dans les finances publiques du pays à trois jours d'un référendum qui pourrait décider de son sort au sein de la zone euro.

Deux jours après que la Grèce s'est retrouvée en situation de défaut de paiement vis-à-vis du FMI, l'une des trois "institutions", avec la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne ayant octroyé les deux premiers plans d'aide, la FMI dit également qu'il faudra annuler une partie de la dette colossale du pays.

Les conclusions du FMI, qui figurent dans un projet de rapport sur la viabilité de la dette grecque, illustrent l'ampleur des problèmes auxquels doit faire face la Grèce, quelle que soit l'issue du référendum de dimanche portant sur les propositions avancées par le mois dernier par les créanciers en échange d'une nouvelle aide.

Dans la journée, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a réitéré son appel à voter "non" au référendum, son pays faisant, à l'en croire, l'objet d'un "chantage".

Dans un contexte d'exaspération de nombre de Grecs en raison du quatrième jour de suite de fermeture des banques, l'avenir du gouvernement dirigé par Alexis Tsipras se jouera vraisemblablement à l'occasion du référendum, le Premier ministre ayant laissé entendre qu'il démissionnerait en cas de victoire du "oui".

De son côté, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, s'est montré encore plus explicite, liant son propre avenir à l'issue du référendum dn assurant qu'il démissionnerait si le "oui" l'emportait.

Il s'est dit en outre convaincu qu'Athènes pourrait négocier de meilleures conditions dont un allégement de sa dette si les électeurs rejettent les conditions proposées actuellement par les Européens.

Le référendum prévu dimanche a entraîné les premières fissures dans la coalition qui soutient le gouvernement d'Alexis Tsipras. Quatre députés du parti des Grecs indépendants (droite souverainiste) dont Syriza, le parti de la gauche radicale du Premier ministre, a besoin des voix pour gouverner, ont fait défection en 24 heures en demandant de voter "oui". Ces défections ne sont toutefois pas suffisantes pour mettre en danger le gouvernement

LES CONSÉQUENCES DU "NON"

Le Premier ministre français Manuel Valls a dit dans la journée que les Grecs que leur pays pourrait être obligé de sortir de l'euro s'ils votent contre les propositions de leurs créanciers lors du référendum de dimanche prochain.

"Nous leur demandons de voter les yeux ouverts en tirant aussi toutes les conséquences de ce que pourrait être un vote 'non' qui pourrait faire glisser la Grèce hors de la zone euro", a-t-il déclaré en marge du sommet économique franco-chinois à Lyon.

Manuel Valls a par ailleurs démenti toute divergence de vues entre l'Allemagne et la France sur le dossier grec.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi au coeur de Paris, entre les places de la Bastille et de la République, en soutien au peuple grec et au gouvernement de la gauche radicale Syriza.

Le président du Conseil italien Matteo Renzi s'est montré moins alarmiste que son homologue français en disant qu'il ne voyait pas la Grèce sortir de la zone euro, ajoutant qu'Athènes et ses créanciers devaient reprendre les négociations quel que soit le résultat du référendum.

Pour Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, une victoire du "non" placerait la Grèce mais aussi l'Europe "dans une position très difficile".

"L'avenir de la Grèce est entre les mains du peuple grec", a-t-il dit au parlement néerlandais.

"Si l'issue est positive, il y aura évidemment, du côté européen, une volonté d'aider la Grèce à s'en sortir", a-t-il dit. "Si le résultat est négatif, l'avenir sera considérablement plus compliqué".

INCERTITUDES SUR LE RÉSULTAT

Le seul sondage en bonne et due forme publié depuis l'annonce du référendum le week-end dernier donne le "non" en tête mais montre que le camp du "oui" a progressé sensiblement après l'annonce de la fermeture des banques pour la semaine.

Un autre sondage, publié par le site d'information grec euro2day, donne le "oui" en tête avec 47% contre 43% pour le "non", mais l'institut GPO, qui l'a réalisé, a souligné qu'il ne s'agissait que d'un instantané partiel, sur une journée, et que l'opinion restait très versatile en la matière.

La vue des banques fermées et les longues files d'attente de retraités faisant la queue pour obtenir de l'argent liquide ont choqué profondément nombre de Grecs et rappelé le prix qui pourrait être à payer en cas de sortie de la zone euro.

Alexis Tsipras a déclaré que les problèmes causés par la fermeture des banques ne dureraient "pas longtemps", soulignant qu'il pensait parvenir à un accord avec ses créanciers 48 heures après le référendum de dimanche.

Aux yeux de l'agence de notation Fitch Ratings, les quatre plus grandes banques du pays sont déjà en situation de faillite et ne tiennent que grâce à l'imposition des contrôles de capitaux.

A moins que la BCE ne décide pas lundi de relever le plafond de liquidités d'urgence allouées aux banques grecques, certains disent qu'il y a peu de chances qu'elles rouvrent leurs portes dans un avenir proche.

"Si les gens continuent de retirer 60 euros par jour (le plafond autorisé par la gouvernement, NDLR), nous pourrions être à court de billets dès mardi", a dit un responsable bancaire.

(avec la contribution de Toby Sterling à La Haye et de Lefteris Papadimas, Lefteris Karagiannopoulos, Yvonne Bell et George Georgiopoulos à Athènes, Eric Faye et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Pierre Serisier)

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