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Marché : Le FMI abaisse ses prévisions et redoute la stagflation

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par David Lawder

WASHINGTON (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) a revu en baisse ses prévisions pour la croissance mondiale pour la quatrième fois en un an du fait du ralentissement de l'économie chinoise, de la faiblesse persistante des prix du pétrole et de la fragilité de la reprise dans les économies développées.

Dans ses dernières perspectives économiques mondiales publiées mardi, le FMI table sur 3,2% de croissance mondiale en 2016 et 3,5% en 2017 contre des prévisions de 3,4% et 3,6% en janvier.

Il met en garde contre un risque de stagnation généralisée et dit s'inquiéter du risque de voir une croissance plus faible rendre l'économie mondiale plus vulnérable à des chocs comme la dépréciation des devises ou l'aggravation de conflits géopolitiques.

Le FMI appelle donc les responsables économiques et financiers mondiaux réunis à Washington pour les réunions de printemps de l'institution et de la Banque mondiale à prendre des mesures coordonnées de soutien à la demande tout en menant des réformes structurelles, en utilisant les marges de manoeuvre budgétaire quand cela est possible et en maintenant une politique monétaire accommodante.

"Une croissance plus faible laisse moins de marge d'erreur", a déclaré l'économiste en chef du FMI, Maurice Obstfeld, dans un communiqué.

"Une croissance faible persistante a des effets délétères qui (...) réduisent le potentiel de production et avec lui, la demande et l'investissement."

LE BREXIT PARMI LES MENACES POTENTIELLES

Le FMI a revu à la baisse sa prévision de croissance pour les Etats-Unis, l'un des rares moteurs de la croissance mondiale, à 2,4% cette année contre 2,6% en janvier en raison de l'impact attendu de l'appréciation du dollar sur les exportations américaines et de celui de la faiblesse des prix du pétrole sur les investissements dans le secteur de l'énergie.

La prévision de croissance pour la zone euro a été abaissée à 1,5% contre 1,7%.

Le FMI, qui a revu en baisse sa prévision de croissance pour la Grande-Bretagne à 1,9% cette année contre 2,2% précédemment, estime qu'un vote des électeurs britanniques en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne lors du référendum du 23 juin pourrait porter un coup dommageable à une économie mondiale fragile.

"Le référendum prévu en juin (...) a déjà engendré de l'incertitude pour les investisseurs", écrit Maurice Obstfeld. "Un Brexit pourrait causer de graves dégâts à l'échelle régionale et mondiale en perturbant des relations commerciales bien établies."

Le FMI a divisé par deux sa prévision de hausse du produit intérieur brut (PIB) du Japon à 0,5% et s'attend à ce que l'économie brésilienne se contracte de 3,8% cette année contre une prévision de recul du PIB du Brésil de 3,5% en janvier.

Il a en revanche revu en hausse ses prévisions de croissance pour la Chine, à 6,5% cette année et 6,2% en 2017 contre 6,3% et 6,0% respectivement, pour tenir compte notamment des récentes mesures de soutien à l'activité annoncées par Pékin.

RISQUE DE "STAGNATION SÉCULAIRE"

Le FMI considère toutefois que la croissance chinoise va continuer de ralentir avec la transition d'un modèle économique fondé sur l'investissement et l'export vers une économie plus autocentrée et axée sur la demande intérieure.

"Un ralentissement en Chine plus marqué qu'anticipé actuellement pourrait avoir des répercussions internationales au travers des échanges commerciaux, des prix des matières premières et de la confiance et conduirait à un ralentissement plus généralisé au sein de l'économie mondiale, en particulier s'il réduit encore les anticipations de revenus futurs", écrit le FMI.

Il estime que chaque diminution d'un point de la croissance du PIB de la Chine liée au recul de l'investissement ampute la croissance de l'ensemble des pays du G20 de 0,25 point de pourcentage.

"Un rééquilibrage bien géré du modèle de croissance de la Chine augmenterait in fine la croissance mondiale et réduirait les risques extrêmes", estime le FMI, qui recense de nombreuses réformes structurelles à conduire dans le pays, du renforcement des mécanismes de marché à la généralisation de la couverture sociale.

La croissance mondiale pourrait être encore inférieure aux nouvelles prévisions du FMI, a prévenu Maurice Obstfeld, ajoutant que cela renforcerait la spirale déflationniste d'une croissance faible qui éroderait le potentiel de production futur, un phénomène que certains économistes qualifient de "stagnation séculaire", a-t-il rappelé.

Il a aussi souligné que la faiblesse persistante de la croissance pouvait renforcer le sentiment d'inégalités économiques et favoriser des politiques nationalistes et protectionnistes, en particulier au sein de la zone euro, ce qui réduirait le potentiel de croissance.

(Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

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