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Marché : Le crédit en zone euro toujours au ralenti

FRANCFORT (Reuters) - La baisse des prêts aux entreprises de la zone euro s'est poursuivie en novembre, soulignant le ralentissement de l'activité économique et fournissant un argument supplémentaire aux partisans d'une nouvelle baisse des taux de la Banque centrale européenne.

Par rapport à novembre 2011, les prêts au secteur privé ont diminué de 0,8%, un chiffre inchangé par rapport à octobre. Le détail des statistiques publiées jeudi par la BCE montre que la baisse concerne à la fois le crédit à la consommation et les prêts aux entreprises.

"La faiblesse des prêts résulte sans aucun doute de la baisse de la demande émanant du secteur privé non financier", explique Howard Archer, économiste de Global Insight.

"Mais ce qui est inquiétant, c'est qu'un certain nombre d'entreprises qui veulent emprunter (...) et sont en bonne forme ont du mal à le faire, ce qui veut dire que le durcissement des conditions de crédit pèse sur les perspectives de croissance de la zone euro", ajoute-t-il.

La BCE prévoit une contraction de 0,3% de l'économie de la zone euro cette année et son conseil des gouverneurs a débattu lors de sa réunion du mois dernier de l'opportunité d'une baisse des taux d'intérêt. Les discussions se sont soldées par un statu quo, le taux de refinancement, principal instrument de la politique monétaire, restant fixé à 0,75%, son plus bas niveau historique.

Les données publiées jeudi montrent une accentuation de la baisse du crédit à la consommation en novembre, de 3,1% sur un an après 2,9% en octobre. Les prêts aux entreprises non financières, eux, ont reculé de 1,4% après -1,5% en octobre.

LES OMT, UN ARGUMENT POUR LES "FAUCONS" ?

Plus encourageant, la croissance des dépôts des ménages et de ceux des entreprises non financières s'est accélérée, à 3,8% et 4,2% sur un an respectivement.

"La contraction des prêts aux entreprises pourrait s'inverser si le regain de confiance suscité par les mécanismes de secours de la BCE et l'amélioration de la gestion de crise dans la zone euro se propage des marchés financiers à l'économie réelle et si l'austérité commence à s'atténuer, au moins dans quelques pays", estime Christian Schulz, économiste de Berenberg Bank.

La BCE a fortement contribué à apaiser les tensions financières liées à la crise de la zone euro ces derniers mois en lançant les OMT (opérations monétaires sur titres), son nouveau dispositif de soutien aux Etats en difficulté par le biais d'achats d'obligations souveraines.

En dépit de cet apaisement relatif, certains analystes jugent toujours nécessaire une baisse des taux d'intérêt. Howard Archer s'attend ainsi à un nouvel assouplissement au premier trimestre.

Mais une telle hypothèse suppose que le conseil de la BCE surmonte ses divisions, plusieurs de ses membres influents, comme l'Allemand Jörg Asmussen, le Luxembourgeois Yves Mersch ou le Belge Peter Praet, ayant clairement exprimé leurs réticences.

"La promesse d'achats d'obligations potentiellement illimités (via les OMT) est le principal instrument de la politique monétaire de la BCE", explique Christian Schulz.

"Pour assurer sa crédibilité, le président (de la BCE Mario) Draghi devra s'assurer qu'elle bénéficie d'un soutien le plus large possible au sein du conseil des gouverneurs, ce qui confère un poids disproportionné aux 'faucons' et empêchera donc sans doute une nouvelle baisse des taux pour soutenir l'économie."

Paul Carrel, Eva Kuehnen Sakari Suoninen, Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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