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Marché : Laurence Parisot perd la bataille de la présidence du Medef

Marché : Le Medef refuse de donner un nouveau mandat à Laurence ParisotMarché : Le Medef refuse de donner un nouveau mandat à Laurence Parisot

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Laurence Parisot a perdu jeudi la bataille de la présidence du Medef et ne pourra pas briguer en juillet un troisième mandat comme elle l'espérait, après un vote interne très serré.

Le conseil exécutif de l'organisation patronale a rejeté de justesse un projet de réforme statutaire que la "patronne des patrons" voulait, au grand dam de ses adversaires, soumettre le 16 avril à une assemblée générale extraordinaire.

Lors du scrutin à bulletin secret, surveillé par un huissier, 22 membres du conseil ont approuvé le projet de modification des statuts, 22 l'ont rejeté, un a voté blanc. Pour passer, le projet aurait dû recueillir au moins 23 votes pour.

"Le Conseil exécutif (...) a décidé de ne pas convoquer l'assemblée générale extraordinaire du 16 avril", a annoncé le secrétaire général du Medef, Hubert de L'Estoile.

Laurence Parisot, 53 ans, avait soutenu Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2012, une proximité qu'elle a tenté de faire oublier en défendant les négociations avec les syndicats sur la réforme du marché du travail voulues par son successeur socialiste François Hollande.

Elle achèvera le 1er juillet un règne de huit ans et a pris acte de sa défaite, tout de noir vêtue et d'une voix émue, lors d'une brève déclaration à la presse.

"Je serai la garante de la bonne tenue de la campagne électorale qui s'ouvre désormais", a-t-elle dit. "Nous devons clairement refuser le mensonge, la ruse, le discrédit."

Elle a promis de faire en sorte que les valeurs de dialogue, de réforme et de transformation sociale "par le compromis" soient "portées et défendues". "J'espère que celui ou celle qui sera mon successeur les incarnera également", a-t-elle déclaré.

Quatre hommes sont à ce jour candidats à sa succession et s'étaient opposés à une modification de statuts l'autorisant à briguer un troisième mandat, projet dans lequel ils dénonçaient notamment un changement de règles pour convenances personnelles.

PARISOT ISOLÉE

"C'est une parenthèse qui se referme et on peut entrer dans une nouvelle ère maintenant, l'ère du débat, de la respiration", a déclaré à Reuters l'un d'eux, Pierre Gattaz, président du Groupe des fédérations industrielles (GFI).

L'ancien médiateur des entreprises, Jean-Claude Volot, qui était l'un des détracteurs les plus virulents de la présidente du Medef, a assuré que, "bien évidemment, ni le bilan, ni la personne de Laurence Parisot ne sont en cause".

"Le Medef préserve son unité et peut se consacrer à un débat serein sur le fond", s'est félicité Thibault Lanxade, le PDG d'une entreprise, Aqoba, qui propose des cartes de paiement sur mesure -il est à 42 ans le benjamin des candidats.

La toute puissante Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), qui fait un retour en force comme faiseuse de roi au Medef, a salué la fin d'une "période d'incertitude" et confirmé qu'elle auditionnerait les candidats le 18 avril.

De plus en plus contestée, Laurence Parisot avait été lâchée par certaines des fédérations les plus puissantes du Medef et de ses plus grosses branches régionales, ainsi que par des proches.

Le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, un de ses fidèles, s'est en revanche dit déçu par le vote.

Le président du Club des entrepreneurs, Guillaume Cairou, a pour sa part regretté dans un communiqué que Laurence Parisot ne puisse pas, "à une voix près", se représenter.

EN ATTENDANT SAINT-GEOURS?

Si elle s'est pliée au verdict du conseil exécutif, elle n'en a pas moins regretté l'issue et jugé que le résultat serré soulignait "la valeur et l'importance" de la réforme proposée.

Celle-ci stipulait que le président du Medef était élu pour cinq ans et pouvait se représenter autant de fois qu'il le voulait, au lieu d'un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois pour trois ans.

"Cette réforme aurait marqué un progrès de démocratie interne. Cette réforme aurait permis de mettre un terme définitif à des logiques de cooptation ou de renouvellements empêchés, négociés dans le secret ou sous les pressions", a fait valoir Laurence Parisot.

Elle s'est déclarée persuadée que ce projet de modification statutaire redeviendrait d'actualité et serait un jour adopté.

Outre Pierre Gattaz, Thibault Lanxade et Jean-Claude Volot, le président de Virgin Mobile France, Geoffroy Roux de Bézieux, brigue sa succession. Mais la liste n'est pas close.

Font notamment figure de candidats potentiels Patrick Bernasconi, négociateur du Medef et président de la Fédération nationale des travaux publics et, surtout, le président de l'UIMM, Frédéric Saint-Geours.

"S'il se déclare, je dirai bienvenu au club", commente Pierre Gattaz. "Frédéric a une autre expérience que moi, a eu d'autres responsabilités et un parcours professionnel totalement différent. Ça fera un choix de candidats intéressant."

Edité par Yves Clarisse

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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