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Marché : La zone euro prête au mieux à rééchelonner la dette grecque

Marché : La zone euro prête au mieux à rééchelonner la dette grecqueMarché : La zone euro prête au mieux à rééchelonner la dette grecque

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Le parti de gauche anti-austérité grec Syriza devra honorer les dettes d'Athènes et poursuivre les réformes s'il parvient aux affaires après les élections législatives du 25 janvier en Grèce mais la zone euro pourrait accepter un rééchelonnement de la dette, estiment plusieurs responsables européens.

La formation dirigée par Alexis Tsipras, en tête des sondages à neuf jours du scrutin, s'est engagée à négocier une réduction de l'endettement du pays et à mettre fin à l'austérité budgétaire mais elle s'est aussi déclarée déterminée à maintenir la Grèce au sein de la zone euro.

L'Allemagne a mis en garde de manière répétée et cette semaine encore la Grèce contre une remise en cause des réformes économiques et a exclu toute décote sur la dette grecque.

"Nous n'envisageons pas d'annulations de la dette", a dit pour sa part à Reuters Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne.

Des responsables européens ont déclaré que le nouveau gouvernement grec pourrait discuter de changements dans les politiques économiques mais que les marges de manoeuvre étaient limitées.

"Si Tsipras veut survivre, être accepté en Europe, il devra faire preuve d'un certain degré de réalisme", a expliqué un représentant de la zone euro.

Une extension de la maturité des prêts à la Grèce et la suppression de la petite prime d'intérêt encore appliquée sur certains de ces prêts, des options envisagées depuis un certain temps déjà, sont ce que Syriza peut espérer de mieux.

"La zone euro serait certainement prête à faire le maximum de ce qui est en son pouvoir pour répondre à une partie du programme politique de Syriza mais il y des limites claires : une annulation de dette est inacceptable", a dit ce représentant de la zone euro. "Et la Grèce doit poursuivre les réformes et l'amélioration de sa situation financière, cela fera partie de tout accord."

Les responsables européens pensent qu'un accord avec Tsipras est possible, espérant que le discours musclé de Syriza est avant tout dicté par des préoccupations électorales, tout comme les mises en garde des partis au pouvoir à Athènes sur une sortie de la Grèce de la zone euro en cas de victoire de Syriza.

UN SCÉNARIO CATASTROPHE JUGÉ PEU PROBABLE

Alexis Tsipras a certes modéré ses critiques contre le renflouement du pays mais il a déclaré de manière répétée qu'il annulerait certaines des mesures du programme d'aide quel que soit le résultat des négociations sur la dette.

Il est peu probable que Syriza enterre rapidement cette promesse s'il arrive aux affaires sachant qu'il a laissé entendre que la Grèce avait assuré son financement pour plusieurs mois sans l'aide de ses créanciers, estiment des analystes.

Syriza a aussi évoqué une extension du programme d'aide censé s'achever en février, afin de se donner plus de temps pour le renégocier dans sa globalité.

La Banque centrale européenne (BCE) a lancé une mise en garde la semaine dernière en prévenant qu'elle ne serait plus en mesure d'alimenter les banques grecques en liquidités si la Grèce ne bénéficiait plus d'un programme d'aide.

Cela ne laisserait qu'un mois à Athènes pour négocier un nouvel accord permettant aux banques grecques de continuer à se refinancer auprès de la BCE.

La situation est très différente aujourd'hui de celle de 2010, lorsque les difficultés d'Athènes avaient déclenché la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro. Cette dernière s'est notamment dotée d'institutions permettant de prévenir les risques de contagion.

MOINS D'INTÉRÊTS, UNE MATURITÉ ALLONGÉE ?

Ses responsables sont convaincus qu'ils pourraient faire face à de nouvelles turbulences en Grèce, voire à une sortie de la Grèce de la zone euro.

"Si la Grèce faisait défaut ou sortait de la zone euro, voire si elle optait pour un scénario franchement hostile, elle se tirerait une balle dans le pied", a dit un autre représentant de la zone euro.

"Il va y avoir du changement mais la probabilité d'un scénario catastrophe est extrêmement faible."

Fin 2012, les ministres des Finances de la zone euro avaient accepté d'envisager les moyens d'alléger le fardeau de la dette grecque une fois qu'Athènes aurait renoué avec un excédent primaire (un excédent des comptes publics hors charge de la dette), ce qui est le cas depuis l'an dernier.

Ils avaient aussi accepté de réduire la prime de 50 points de base payée par Athènes sur les 53 milliards d'euros de prêts consentis dans le cadre du premier des deux plans de renflouement dont le pays a bénéficié.

L'essentiel de l'allègement résulterait toutefois d'une extension de la maturité des prêts et d'un rééchelonnement des pics de remboursement.

"Je n'ai rien vu d'autre qui ait été discuté", a dit le premier responsable cité.

La maturité des prêts a déjà été prolongée pour atteindre 30 ans en moyenne et la Grèce dispose d'un délai de grâce de 10 ans sur près des trois quarts de sa dette.

Si la maturité des prêts était prolongée jusqu'à 50 ans, comme le souhaite Athènes, le service de la dette diminuerait fortement, ce qui redonnerait des marges de manoeuvre pour soutenir la croissance et rembourser la dette.

Klaus Regling, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité a dit que le plan de novembre 2012 pouvait toujours être pris en compte.

"Je suis sûr que si les réformes continuent, l'Eurogroupe l'examinera à nouveau', a-t-il déclaré dans un entretien publié mercredi par le quotidien portugais Diario Economico.

(Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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