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Marché : La zone euro entame sa deuxième récession en trois ans

Marché : La zone euro entame sa deuxième récession en trois ansMarché : La zone euro entame sa deuxième récession en trois ans

par Robin Emmott et Michelle Martin

BRUXELLES/BERLIN (Reuters) - La zone euro est entrée au troisième trimestre dans sa deuxième phase de récession depuis 2009, le maintien d'une croissance modeste en Allemagne et en France ne suffisant pas à compenser l'impact de l'austérité budgétaire sur la plupart de ses pays membres, Grèce, Portugal et Espagne notamment.

Le produit intérieur brut (PIB) des Dix-Sept, qui avoisine 9.400 milliards d'euros par an au total, a reculé de 0,1% sur juillet-septembre par rapport aux trois mois précédents, après une baisse de 0,4% au deuxième trimestre.

La récession est définie par deux trimestres consécutifs de baisse de l'activité. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une baisse de 0,2% du PIB sur juillet-septembre.

L'Allemagne et la France, les deux premières économies du continent, affichent l'une comme l'autre une croissance de 0,2% au troisième trimestre. Un chiffre qui marque un net ralentissement pour Berlin alors qu'il traduit une résistance inattendue pour Paris.

Mais ces deux poids lourds ne sont pas parvenus à empêcher la rechute en récession ("double dip") à laquelle la région semblait condamnée par l'impact de la crise de la dette qui plombe l'activité depuis bientôt trois ans.

Car parallèlement, l'Italie (-0,2%) et l'Espagne (-0,3%) sont restées en récession au troisième trimestre tandis que d'autres pays, comme les Pays-Bas (-1,1%) et l'Autriche (-0,1%), voyaient leur économie se contracter de nouveau. La Belgique, dépendante de ses exportations, a quant à elle stagné.

Mercredi le Portugal et la Grèce, deux des pays contraints ces dernières années de faire appel à l'aide financière internationale pour éviter la faillite, avaient confirmé l'aggravation de la chute de leur économie cet été.

TENSIONS SOCIALES

"C'était totalement prévisible en raison des politiques d'austérité qui s'ajoutent au ralentissement de la croissance mondiale et de la chute marquée de l'activité en Allemagne et aux Pays-Bas", explique Steen Jakobsen, chef économiste de Saxobank, à propos des chiffres de la zone euro.

"Les tensions sociales sont en train de monter, comme on a pu le voir hier, parce que l'économie réelle est la première victime."

Plusieurs millions de personnes ont manifesté mercredi dans toute l'Europe pour protester contre les coupes claires dans les dépenses publiques à l'oeuvre dans la plupart des pays de l'Union. Une austérité budgétaire jugée indispensable par les gouvernements qui la mettent en oeuvre, mais qu'un nombre croissant d'observateurs rendent coresponsable de la récession.

"Nous entrons désormais dans une récession en 'double dip' qui est entièrement auto-entretenue", estime Paul de Grauwe, économiste de la London Scholl of Economics. "C'est le résultat de l'austérité excessive dans les pays du sud et du refus de ceux du nord de faire quoi que ce soit d'autre."

Cette opinion n'est toutefois pas unanime: la Commission européenne s'est ainsi félicitée de la baisse des coûts salariaux et de la hausse des exportations en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Irlande, jugeant que l'austérité budgétaire était un mal nécessaire pour assainir les comptes publics.

L'exécutif communautaire, qui prévoit une contraction de 0,4% de l'économie de la zone euro sur l'ensemble de cette année, ne s'attend qu'à une reprise symbolique en 2013 avec une croissance de 0,1%.

Et en attendant, le quatrième trimestre pourrait bien voir la France et l'Allemagne rattrapées à leur tour par la récession.

2013 S'ANNONCE À PEINE MIEUX

"Si l'on regarde les indicateurs pour le quatrième trimestre, on constate que même l'Allemagne pourrait cesser de croître, ce qui montre que l'économie souffre d'un énorme besoin de soutien supplémentaire", souligne ainsi Martin Van Vliet, économiste d'ING.

Tous les yeux sont désormais tournés vers la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait réduire ses taux d'intérêt d'ici au début de l'an prochain afin de soutenir le crédit et l'activité.

Elle pourrait tirer parti du ralentissement de l'inflation dans la zone euro, revenue à 2,5% en rythme annuel en octobre contre 2,7% le mois précédent et dont le reflux devrait se poursuivre au cours des mois à venir.

L'ensemble de l'Union européenne affiche une croissance de 0,1% au troisième trimestre après une contraction de 0,2% au deuxième. Sur un an, le PIB des 27 baisse de 0,4% sur juillet-septembre après -0,3% sur avril-juin.

Le détail des statistiques montre entre autres une aggravation de la récession dans plusieurs d'Europe centrale et orientale, comme la Hongrie ou la République tchèque.

Dans ce paysage sombre, le Royaume-Uni fait figure d'exception avec une croissance de 1,0% au troisième trimestre, dopée par les Jeux olympiques de Londres. Mais les économistes s'attendent là encore à une contraction au cours des trois derniers mois de l'année.

Avec Robin Emmott à Bruxelles, Jean-Baptiste Vey à Paris, , Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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