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Marché : La zone euro demande des gages à Athènes

Marché : L'Eurogroupe sur la Grèce prorogé faute toujours de garantiesMarché : L'Eurogroupe sur la Grèce prorogé faute toujours de garanties

par Julien Ponthus et Renee Maltezou

BRUXELLES (Reuters) - Les partenaires européens de la Grèce ont demandé dimanche des gages à Athènes pour restaurer une confiance brisée par des années de promesses non tenues, un préalable à un nouveau plan de sauvetage indispensable pour éviter un "Grexit".

Les ministres des Finances de la zone euro, réunis à Bruxelles depuis samedi, ont transmis un projet de communiqué aux chefs d'Etat et gouvernement arrivés dimanche à Bruxelles.

Après un long aparté entre François Hollande, la chancelière Angela Merkel et le Premier ministre grec Alexis Tsipras dès le début du sommet, les dirigeants européens ont entamé l'examen de ce texte qui énumère des conditions pour engager des négociations sur un troisième plan d'aide.

"Il y a une très bonne proposition sur la table (...) mais qui a une conditionnalité élevée", a dit le ministre finlandais, Alexander Stubb à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe qui a donné lieu à des échanges très tendus.

Des lois doivent être adoptées d'ici le 15 juillet, par exemple sur la hausse de la TVA et les retraites, une réforme du marché du travail doit être mise en oeuvre et le programme de privatisation doit être renforcé et ses recettes gérées de manière indépendante pour rassurer les créanciers du pays.

"Ce paquet de mesures devra être approuvé par le gouvernement grec et par le Parlement grec, et alors on pourra regarder (pour ouvrir des négociations sur un plan d'aide)", a ajouté Alexander Stubb, dont le pays est très réticent.

Si les dirigeants européens donnent leur feu vert de principe à ce dispositif, les ministres des Finances de la zone euro, qui se rencontrent déjà lundi pour leur réunion mensuelle, pourraient se revoir jeudi ou vendredi prochain, avec pour objet le lancement du processus de déblocage d'une aide d'un montant estimé par l'Eurogroupe de 82 à 86 milliards d'euros.

Le processus de décision prendrait plusieurs semaines pour "boucler" le tout mais un prêt-relais serait accordé rapidement.

" À FLEUR DE PEAU"

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras est arrivé à Bruxelles avec un message volontariste, même si de nombreux Grecs estiment que l'on cherche à les humilier.

"Nous pouvons parvenir à un accord ce soir si toutes les parties le veulent", a-t-il déclaré.

Fidèle à son positionnement de "sauveur" de l'unité de la zone euro, François Hollande a abondé dans le même sens.

"La France va tout faire pour trouver un accord ce soir permettant à la Grèce, si les conditions sont remplies, de rester dans l'euro", a dit le président dont la relation avec Angela Merkel a été mise à rude épreuve ces dernières semaines.

Mais la chancelière a insisté à son arrivée à Bruxelles que les nerfs des négociateurs étaient "à fleur de peau", insistant sur le manque de "confiance" vis-à-vis d'Athènes, une expression retenue par la quasi-totalité des dirigeants européens.

"Ce soir, nous verrons si les conditions sont réunies pour le lancement de négociations sur un programme d'aide du MES (Mécanisme européen de stabilité) pour la Grèce", a-t-elle dit.

L'approbation samedi par le Parlement grec d'un programme de réformes proche de celui proposé par les créanciers et rejeté par référendum en Grèce n'a pas suffi à rassurer le groupe dit des "faucons", qui est puissant dans la zone euro.

PAS DE DÉCOTE POUR LA DETTE

Ces propositions étaient jugées insuffisantes par des pays comme l'Allemagne ou la Finlande, même si la France ainsi que les experts des "institutions" - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - leur ont donné un premier avis favorable vendredi.

Le gouvernement allemand a ainsi fait circuler un document évoquant le scénario d'un "Grexit" provisoire en cas de violation des engagements, une idée qui figure entre crochets dans le document de l'Eurogroupe - elle n'a pas été acceptée.

Une partie des dirigeants européens redoutent qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec n'interrompe la mise en oeuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité.

La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son PIB, est aussi posée mais le document de l'Eurogroupe se contente à ce stade de souligne qu'il ne peut y avoir de décote pure et simple.

L'aménagement de la dette grecque suscite de fortes réticences dans certains pays comme l'Allemagne mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d'austérité.

La Grèce a déjà obtenu deux plans d'aide d'un montant total de 240 milliards d'euros de la zone euro et du FMI, mais son économie a perdu 25% de son PIB depuis le début de la crise et le chômage s'élève à un quart de la population active.

Elle a déjà fait défaut sur des remboursements au FMI et risque la faillite si elle ne rembourse pas 3,5 milliards d'euros à la BCE le 20 juillet.

(Avec le bureau de Bruxelles, édité par Yves Clarisse)

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