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Marché : La Vouli approuve le plan Tsipras, les créanciers bien disposés

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par Angeliki Koutantou et Renee Maltezou

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a obtenu aux premières heures de samedi le soutien du Parlement grec à son programme de réformes présenté aux créanciers du pays dans le but d'obtenir un nouveau plan de sauvetage.

Ces mesures ont également reçu un premier avis favorable des experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international qui ont passé la journée de vendredi à les disséquer.

Fort de cet avis favorable, l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro se réunit samedi après-midi à Bruxelles à partir de 15h00 (13h00 GMT) pour examiner les conditions d'un renflouement de la Grèce.

Les experts de la BCE, de la CE et du FMI ont chiffré à 74 milliards d'euros les besoins financiers de la Grèce pour faire face à ses obligations. Alexis Tsipras a demandé une aide de 53,5 milliards d'euros sur les trois prochaines années.

Une source au sein de la zone euro a déclaré qu'il était désormais "100% certain" que les ministres seraient d'accord pour lancer des négociations. Parallèlement, ils étudieront aussi une aide à court terme pour dépanner la Grèce en attendant que le nouveau prêt sur trois ans sollicité par Alexis Tsipras ait été accepté et que les fonds soient effectivement déboursés.

Alors que les banques grecques sont fermées et sont complètement dépendantes d'une ligne de crédit de la BCE, le plan Tsipras est considéré comme la dernière chance d'éviter un effondrement du système financier et une éviction de la Grèce de la zone euro.

Alexis Tsipras a obtenu le soutien de la Vouli à une confortable majorité - avec 251 voix sur 300 - mais le chef du gouvernement de la gauche radicale n'a pas fait le plein des voix de son parti, Syriza et a dû compter sur le vote des partis d'opposition pro-européens et notamment de Nouvelle démocratie.

Les figures les plus à gauche de Syriza avaient signalé avant le vote qu'elles ne pouvaient soutenir la hausse de la fiscalité et la baisse des dépenses proposées par Alexis Tsipras après le rejet sans appel par les Grecs de mesures similaires lors du référendum de dimanche dernier.

Le ministre de l'Energie, Panagiotis Lafazanis, le vice-ministre du Travail, Dimitris Stratoulis et la présidente du Parlement, Zoé Constantopoulou, se sont abstenus.

"MANDAT CLAIR"

Plusieurs milliers de manifestants de gauche se sont rassemblés devant le Parlement vendredi soir en signe de protestation.

"Le gouvernement fait l'objet d'un chantage total pour qu'il consente à quelque chose qui ne reflète pas ce qu'il représente", a déclaré Zoé Constantopoulou.

"Les propositions ne sont pas compatibles avec le programme de Syriza", avait déclaré Lafazanis à Reuters avant le vote.

A l'issue du vote par le Parlement, Alexis Tsipras n'a pas fait mention des "frondeurs" de son parti qui n'ont pas voté son plan. Il a indiqué qu'il allait maintenant se consacrer à la conclusion d'un accord.

"Le Parlement a aujourd'hui donné un mandat clair au gouvernement pour mener à bien les négociations et parvenir avec ses partenaires à un accord économiquement viable et socialement juste", a déclaré le chef du gouvernement.

"La priorité maintenant est d'avoir une issue positive aux négociations", a déclaré Alexis Tsipras en soulignant que "le reste" viendrait après.

Le vote des mesures d'austérité voulues par les créanciers ne s'est pas fait sans difficulté.

Le président-fondateur des Grecs indépendants, le parti de droite souverainiste qui soutient le gouvernement Syriza, avait expliqué avant le vote que ses députés voteraient le plan de réformes "le coeur lourd".

Cinq membres radicaux de Syriza ont signé une lettre pour dire qu'une sortie de la zone euro et un retour à la drachme étaient préférables à un accord avec les créanciers impliquant une nouvelle cure d'austérité sans perspective de réduction de la dette.

Lors de la réunion de l'Eurogroupe samedi, la demande grecque de rééchelonnement d'une partie de sa dette, qui représente 175% de son produit intérieur brut (PIB), devrait être également discutée.

L'Allemagne s'est montrée circonspecte face aux nouvelles propositions mais la France, principal soutien de la Grèce parmi les grande puissances de la zone euro, les a saluées. Le président François Hollande les a qualifiées de "sérieuses et crédibles".

Le ministre néerlandais des Finances et président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a estimé que le plan envoyé par le Premier ministre grec était exhaustif, mais n'a pas voulu donner de commentaires précis.

(Avec Michele Kambas, Georges Georgiopoulos, Costas Pitas, Lefteris Karagiannopoulos, Marius Zaharia, Alastair Macdonald, Caroline Copley, Georgia Kalovyrna, Anthony Deutsch, Toby Sterling, Julien Ponthus et Jan Strupczewski; Danielle Rouquié pour le service français)

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