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Marché : La tourmente sur les marchés s'invite dans les débats de Davos

Marché : La tourmente sur les marchés s'invite dans les débats de DavosMarché : La tourmente sur les marchés s'invite dans les débats de Davos

par Kirsten Donovan et Elizabeth Piper

DAVOS, Suisse (Reuters) - La forte baisse de l'ensemble des marchés financiers a dominé mercredi les discussions entre dirigeants d'entreprise et responsables politiques réunis à Davos, même si la plupart excluent pour l'instant l'éventualité de la voir dégénérer en crise mondiale.

Alors que l'édition 2016 du Forum économique mondial en Suisse est officiellement consacrée à la "quatrième révolution industrielle", le recul de plus de 3% des principales Bourses de la planète, au plus bas depuis plus d'un an, a pris le pas sur le programme initial.

S'il se poursuit, ce mouvement pourrait faire du mois de janvier le pire pour les marchés actions depuis 2009, lors de la crise financière mondiale.

"Je ne pense qu'il s'agisse d'une répétition de 2008 (...) Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de risques importants qui pèsent sur les marchés, dont le ralentissement de la croissance chinoise n'est pas le moindre", a dit John Veihmeyer, le président du groupe d'audit KPMG, lors d'un débat organisé par Reuters.

Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé mardi sa prévision de croissance mondiale pour la troisième fois en moins d'un an, la ramenant à 3,4% pour 2016, juste après l'annonce d'un ralentissement de la croissance chinoise, revenue au plus bas depuis 25 ans.

Interrogé sur le ralentissement chinois et la chute des cours du pétrole, au plus bas depuis plus de 12 ans, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, a lui aussi déclaré à Reuters Television qu'il ne croyait pas à une nouvelle crise financière internationale.

"Je n'ai pas l'impression que la crise financière soit de retour (...) mais il y a des mouvements de baisse que nous devons traiter", a-t-il dit.

"Il y a certaines inquiétudes (...) notamment à propos de la Chine, qui connaît une transition difficile et incertaine."

Certains participants au Forum de Davos se sont toutefois dits moins optimistes pour cette année.

"Les turbulences sur les marchés peuvent être un signe avant-coureur montrant que quelque chose ne fonctionne pas et même si elles sont irrationnelles, elles peuvent avoir des conséquences bien réelles. Ce qui se passe en ce moment montre que l'optimisme excessif qui s'était répandu était injustifié", a ainsi dit à Reuters l'économiste américain Joseph Stiglitz.

LE PÉTROLE PRÉOCCUPE LES PATRONS

Si Pierre Moscovici estime que les banques centrales ont les moyens de soutenir l'économie mondiale, Joseph Stiglitz n'est pas convaincu que ce soit le cas.

"La Fed n'a rien compris. La Fed relève ses taux d'intérêt, le Brésil relève ses taux d'intérêt alors que le marché ne se va pas bien. Les centrales banques sont souvent plus déconnectées de la réalité que les marchés", a dit Stiglitz.

Du côté des dirigeants d'entreprises, Roger Carr, le président du groupe britannique de défense BAE Systems, a lui aussi estimé que l'horizon économique semblait sombre.

"A la même date l'an dernier à Davos, le contexte était très différent, il était assez calme. Le débat portait sur les pauvres et les riches, et non sur la question de savoir si nous allons tous devenir plus pauvres", a-t-il dit à Reuters.

"Le climat est très pessimiste en ce moment", a-t-il ajouté.

Bod Diamond, ex-directeur général de la banque Barclays, a lui jugé que le ralentissement chinois constituait "une correction saine", certes préoccupante mais nécessaire.

Il a ajouté que la situation actuelle n'était pas comparable à celle de la fin 2008 et du début 2009 -- une époque qu'il a décrite comme "la pire correction économique que j'ai jamais vue" -- en rappelant qu'aujourd'hui, les Etats-Unis étaient en croissance, tout comme l'Europe occidentale.

Pour sa part, Ding Yuan, vice-président de la China Europe International Business School de Shanghai, a jugé que la dépréciation du yuan et la baisse des Bourses chinoises ne devaient pas être considérées comme des indicateurs de la santé de l'économie de la République populaire.

"Il ne s'agit que de volatilité à court terme (...) On se focalise trop sur le court terme. Il faut s'intéresser aux cinq prochaines années, pas aux deux prochains mois", a-t-il dit.

Quel que soit l'horizon choisi, pour les dirigeants d'entreprise présents dans la station de ski des Grisons, l'évolution du prix du pétrole reste pour l'instant la principale inconnue.

"Sur beaucoup de marchés sur lesquels nous sommes présents, le prix du pétrole est un facteur clé de la santé de l'économie. On attend des gouvernements qu'ils s'adaptent au nouvel ordre des cours du pétrole, qu'ils soient à 30 dollars, plus bas ou plus haut", a dit à Reuters Jean-Yves Charlier, le directeur général du groupe russe de télécommunications Vimpelcom.

(avec Paul Taylor, Martinne Geller, Elizabeth Piper, Sujata Rao, Carmel Crimmins, Dmitry Zhdannikov et Noah Barkin; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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