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Marché : La Slovénie s'efforce de rassurer les marchés et l'UE

Marché : La Slovénie lève plus de fonds que prévu lors d'une adjudicationMarché : La Slovénie lève plus de fonds que prévu lors d'une adjudication

LJUBLJANA (Reuters) - La Slovénie a levé mercredi deux fois plus de fonds que prévu lors d'une adjudication de bons du Trésor, ce qui apporte un répit temporaire aux difficultés budgétaires du pays, menacé de devenir le prochain pays de l'Union européenne (UE) à recevoir une aide internationale après Chypre.

Lors d'une rencontre à Paris, le président slovène, Borut Pahor, et son homologue français, François Hollande, sont convenus de dire que les cas slovène et chypriote n'étaient pas comparables.

Le ministère des Finances slovène a adjugé 1,1 milliard d'euros de bons à 18 mois, à un rendement de 4,15%, soit plus du double des 500 millions qu'il comptait initialement lever.

Le gouvernement de gauche, au pouvoir depuis un mois, a dans la foulée procédé au rachat anticipé de 510,7 millions d'euros d'obligations du même type, qui auraient dû arriver à maturité en juin.

L'opération, effectuée avec une décote de 0,475%, est cependant d'une ampleur moindre que ce qui était attendu. Le gouvernement avait offert de racheter au total 855 millions d'euros d'obligations.

La majorité des analystes jugent que le rachat a probablement été organisé au préalable avec le concours des trois principales banques du pays, NLP, Nova KBM et Abanka Vipa, dans chacune desquelles l'Etat détient une participation majoritaire ou substantielle.

Ljubljana doit bientôt présenter un vaste programme de réforme, comprenant la vente d'actifs publics et des mesures d'austérité, pour rassurer les marchés et parvenir à emprunter le reste des trois milliards d'euros jugés nécessaires pour financer l'Etat jusqu'à la fin de l'année.

Lors d'une déclaration dans la cour de l'Elysée, François Hollande a dit "la confiance de la France dans ce qui est engagé en Slovénie".

"Le secteur bancaire slovène a toutes les conditions pour résister aux difficultés actuelles", a jugé le président français, pour qui "il n'y pas de raison de faire quelque comparaison que ce soit entre la Slovénie et un autre pays en Europe qui vient de traverser une épreuve".

LE PRÉSIDENT PAHOR CONFIANT

Entre Chypre et la Slovénie, "ce n'est pas du tout la même situation économique, bancaire, et même politique", a-t-il dit.

Borut Pahor s'est lui aussi déclaré confiant.

"La Slovénie ne cache pas ses difficultés, loin de là, surtout dans le secteur bancaire, mais ces difficultés ne sont pas comparables à celles auxquelles ont dû faire face d'autres pays qui ont dû recourir à l'aide financière", a-t-il fait valoir, selon une traduction du slovène.

"Dans les semaines et les mois à venir, la Slovénie devra adopter et réaliser de nombreuses mesures importantes, à commencer par la modification de la Constitution", a-t-il ajouté. "Ce ne sera pas facile, mais je crois qu'en fin de compte nous pourrons être fiers du fait que la Slovénie, grâce au soutien de ses partenaires dont la France, sera couronnée de succès dans ses efforts".

De l'avis des analystes comme Nicholas Spiro, du cabinet londonien Spiro Sovereign Strategy, "la forte demande lors de l'adjudication d'aujourd'hui donne un peu de répit au gouvernement".

"Cependant, le fait que les banques du pays soient de plus en plus responsables du financement de l'Etat accentue le cercle vicieux entre une dette souveraine vulnérable et un secteur financier qui l'est encore plus", a-t-il ajouté.

Le rendement des obligations slovènes a monté à près de 7% à la suite des négociations mouvementées entre l'UE et Chypre sur le plan d'aide finalement accordé en mars à Nicosie, et il était encore à 6,8% mercredi. Le rendement de l'obligation de référence à dix ans était de 4,77% le 15 mars, la veille de l'accord.

La Slovénie est le seul ancien pays communiste de l'UE à ne pas avoir privatisé ses principales banques, ce qui expose les contribuables aux créances douteuses du secteur financier, dont le taux a atteint 14,4% l'an dernier.

Marja Novak, Elizabeth Pineau à Paris, Julien Dury pour le service français, édité par Véronique Tison

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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