Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : La reprise du marché de l'emploi toujours fragile aux USA

Marché : La reprise du marché de l'emploi toujours fragile aux USA

Marché : Taux de chômage en hausse aux Etats-UnisMarché : Taux de chômage en hausse aux Etats-Unis

par Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - L'économie américaine a créé un peu plus d'emplois que prévu au mois de mai, tandis que les chiffres d'avril ont été révisés en nette baisse avec pour conséquence une légère remontée du taux de chômage à 7,6%, montrent les statistiques publiées vendredi par le département du Travail.

Ces chiffres contrastés laissent entrevoir un statu quo de la politique de la Réserve fédérale américaine au plus grand soulagement des marchés. Dans le sillage de la publication de la statistique, les Bourses européennes ont accentué leur progression, comme les futures sur Wall Street.

L'administration a recensé la création de 175.000 postes non agricoles en mai. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 170.000 créations de postes.

Le nombre de créations d'emplois pour avril a été révisé en baisse, de 165.000 à 149.000.

Le taux de chômage est quant à lui légèrement reparti à la hausse, à 7,6%, contre 7,5% en avril. Les économistes prévoyaient un taux stable.

Après l'embellie hivernale, l'économie américaine peine à confirmer sa reprise. Le mois de mai a été le troisième mois consécutif avec moins de 200.000 créations d'emploi non agricoles.

Ces statistiques vont conforter ceux qui pensent que l'austérité budgétaire affecte la croissance, et devrait dissuader la Réserve fédérale de réduire son programme de rachat d'actifs.

"Ce qui fait que c'est un bon chiffre, c'est qu'il n'est pas extrême dans un sens ou dans l'autre, et qu'il envoie le signal que les investisseurs attendaient, celui d'une reprise lente et régulière, sans risque de hausse rapide des taux", souligne Rick Meckler, président de LibertyView Capital Management.

"Une reprise plus soutenue serait bien sûr bonne pour les Américains, mais elle provoquerait l'inquiétude liée à une hausse des taux d'intérêts et pourrait avoir un effet à court terme sur les Bourses", note-t-il.

Des dirigeants de la Réserve fédérale avaient récemment laissé entendre que la Banque centrale américaine songeait à réduire ses achats d'actifs, en dépit de la faible croissance, qui ne devrait pas accélérer avant la fin de l'année, lorsque l'impact des coupes budgétaires commencera à s'estomper.

Ces mesures d'austérité ont entraîné un gel des embauches dans de nombreuses agences fédérales, et pourraient finir par affecter les effectifs. En mai, le secteur gouvernemental comptait 3.000 employés en moins.

AMÉLIORATION LENTE

Au total, 4,4 millions d'Américains n'ont pas travaillé depuis plus de six mois, soit à peu près 3 millions de plus qu'avant le début de la récession.

Plus une personne reste longtemps au chômage, moins elle a de chance de retrouver un emploi. Une telle situation risque d'affecter durablement l'économie, et c'est justement l'argument utilisé par la Fed a utilisé pour justifier son soutien massif à la croissance.

Les chiffres du mois de mai ne sont pas déprimants pour autant, puisqu'ils s'inscrivent dans la moyenne des douze derniers mois.

Pendant cette période, le taux de chômage a diminué d'un demi point de pourcentage et le nombre de chômeurs de plus de six mois s'est réduit d'environ un million.

"C'est une amélioration trop lente, mais c'est une amélioration quand même", relève Guy Berger, économiste chez RBS à Stanford.

Même la hausse du taux de chômage est atténuée par un aspect positif: elle résulte en partie d'une augmentation de la force de travail - les gens qui ont ou cherchent un emploi -, remontée à 63,4% en mai grâce à l'arrivée sur le marché du travail de 420.000 personnes supplémentaires.

Or, les baisses récentes du taux de chômage s'expliquaient justement par le fait qu'un certain nombre d'Américains avaient renoncé à chercher du travail, en partant à la retraite, en retournant à l'université ou en restant chez eux.

Dans ce panorama, le secteur manufacturier reste le plus affecté par les conséquences de la crise de la dette en Europe et du ralentissement économique mondial, avec 8.000 emplois perdus le mois dernier.

Après une très légère croissance au dernier trimestre 2012, l'économie américaine a retrouvé un rythme plus soutenu lors des trois premiers mois de l'année, à 2,4% en rythme annuel, mais elle a eu tendance à s'essouffler à la fin du trimestre. La plupart des économistes tablent donc sur une croissance plus modeste de 1,5% pour le trimestre en cours.

La prochaine réunion de politique monétaire de la Fed est programmée les 18 et 19 juin. Les économistes s'attendent donc à ce qu'elle laisse inchangée sa politique de rachat d'actifs (85 milliards de dollars par mois) et à ce que le marché de l'emploi ne soit pas assez solide pour qu'elle prenne la décision de les réduire avant décembre.

Tangi Salaün pour le service français, édité par Nicolas Delame

Copyright © 2013 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...