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Marché : La récession en zone euro plus marquée qu'attendu en 2013

Marché : La CE revoit à la baisse ses prévisions économiquesMarché : La CE revoit à la baisse ses prévisions économiques

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - L'économie de la zone euro va se contracter davantage que prévu cette année, ce qui se traduira par une réduction ralentie des déficits publics, a annoncé vendredi la Commission européenne (CE).

La France, l'Espagne, l'Italie et les Pays-Bas, quatre des cinq principales économies de la région, devraient être en récession en 2013, selon les prévisions de printemps de l'exécutif communautaire, l'Allemagne étant la seule encore promise à la croissance.

"Au vu de la récession prolongée, nous devons faire tout ce qu'il faut pour surmonter la crise du chômage en Europe. La politique de l'UE est centrée sur la croissance durable et la création d'emplois", a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn.

"La consolidation budgétaire se poursuit mais son rythme ralentit. Parallèlement, les réformes structurelles doivent être intensifiées pour débloquer la croissance en Europe."

La Commission prévoit désormais une contraction de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) des Dix-Sept cette année et une croissance de 1,2% l'an prochain.

Dans ses prévisions d'hiver, elle tablait sur une baisse de 0,3% du PIB en 2013 et une hausse de 1,4% en 2014.

Les nouvelles prévisions sont proches des médianes des fourchettes de prévisions présentées en mars par la Banque centrale européenne (BCE), à savoir une contraction de 0,9 à 0,1% en 2013 et une croissance de zéro à 2,0% en 2014.

La CE a revu à la baisse ses prévisions pour tous les principaux pays de la zone euro. Pour la France, elle table donc désormais sur une récession cette année, avec une baisse de 0,1% du PIB alors qu'elle anticipait jusqu'à présent une croissance de 0,1%.

DEUX ANS DE PLUS POUR PARIS ET MADRID

La Grèce est le seul pays de la région pour lequel Bruxelles a revu en hausse ses hypothèses depuis février: la contraction de l'économie hellénique ne devrait être que de 4,2% cette année, contre -4,4% prévu auparavant.

Pour réduire l'impact baissier de la consolidation budgétaire sur l'activité économique, la réduction du déficit global de la zone euro devrait être un peu plus lente que prévu initialement cette année et l'an prochain.

Au total, les finances publiques des Dix-Sept devraient accuser un déficit de 2,9% du PIB cette année et de 2,8% l'an prochain (après 3,7% en 2012), soit un dixième de point de plus qu'attendu jusqu'à présent.

Mais la consolidation sera plus nettement ralentie en Italie, où le déficit 2013 devrait atteindre 2,9% alors que Bruxelles l'attendait à 2,1% il y a trois mois. Il atteindrait 2,5% en 2014.

Pour la France, Bruxelles anticipe un déficit à 3,9% du PIB cette année et 4,2% l'année prochaine mais la Commission attend encore que Paris précise l'impact du "crédit d'impôt compétitivité emploi".

Olli Rehn a toutefois jugé qu'il serait "raisonnable" de prolonger de deux ans, donc jusqu'à la fin 2015, le délai accordé à la France et à l'Espagne pour ramener leur déficit à 3% et il a laissé entrevoir la fin de la procédure de déficit excessif visant l'Italie.

Quant au Portugal, toujours sous assistance financière de la "troïka", il devrait accuser un déficit à 5,5% du PIB en 2013, contre 6,4% en 2012, alors que la CE espérait en février le voir ramené à 4,9%.

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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