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Marché : La Lettonie est prête pour l'euro, malgré ses lacunes

Marché : La Lettonie est prête pour l'euro, malgré ses lacunesMarché : La Lettonie est prête pour l'euro, malgré ses lacunes

par Alan Wheatley et Aleks Tapinsh

RIGA (Reuters) - La Lettonie, qui a présenté la semaine dernière sa candidature à l'entrée dans la zone euro, serait le pays le plus pauvre de la région si elle l'intégrait mais elle dispose d'une économie suffisamment solide pour respecter les critères imposés par l'Union européenne (UE).

Le pays balte devra maintenir le cap de réformes rendues indispensable par un taux de chômage élevé, un profil démographique peu engageant, un système éducatif insatisfaisant et un niveau d'inégalités sans équivalent dans la zone euro.

Pour rejoindre cette dernière, la Lettonie doit se soumettre à une évaluation de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE), qui vérifieront si le pays respecte les cinq critères prévus par le traité de Maastricht en 1992, sur la dette, le déficit public, l'inflation, les taux d'intérêt à long terme et une parité stable avec l'euro.

Les ministres des Finances de la zone euro devraient prendre en juillet une décision, qui permettra ou non à la Lettonie de devenir le dix-huitième pays de l'union monétaire.

"Nous nous attendons avec certitude à obtenir une recommandation positive", a déclaré Valdis Dombrovskis, le Premier ministre letton, à Reuters. "Nous espérons que personne n'inventera de nouveaux critères de Maastricht juste pour la Lettonie."

Après avoir été durement touchée par la crise économique de 2008-2009, au cours de laquelle l'économie du pays s'est contractée de 21%, la Lettonie a retrouvé l'un des plus forts taux de croissance de l'UE, de 5,1% en 2012.

La dette publique est inférieure à 40% du produit intérieur brut (PIB), et le gouvernement attend en 2013 un déficit peu élevé de 1,4% du PIB.

L'économie lettonne, qui a subi l'explosion d'une bulle du crédit, se base désormais à nouveau sur les exportations de biens et de services, qui ont augmenté de 15,2% au cours du dernier trimestre 2012.

TAUX DE CHÔMAGE ÉLEVÉ

La Lettonie a en outre choisi pendant la crise de ne pas recourir à une dévaluation de sa monnaie, le lats, qui aurait mis fin à sa parité avec l'euro, ce qui place Riga dans la lignée de la position défendue au sein de l'UE par l'Allemagne, peu favorable aux leviers monétaires.

La Commission européenne et la BCE craignent toutefois que le gouvernement freine ses mesures d'austérité en vue des élections législatives prévues en octobre 2014, et que le passage à l'euro soit trop rapide pour une population encore très attachée au lat, vu comme un symbole de l'indépendance acquise en 1991 face à l'Union soviétique.

Les autorités européennes sont en outre échaudées par la crise du système financier chypriote et redoutent que les banques lettones soient fragilisées par la part importante des dépôts de non-résidents.

Parmi les faiblesses de l'économie lettone figure également un taux de chômage élevé, à 14%. Le pays subit toujours le déséquilibre des compétences provoqué par 50 ans de gestion soviétique, une fuite des cerveaux persistante et un système d'éducation obsolète.

La Lettonie est le pays de l'UE qui investit le moins d'argent dans l'enseignement supérieur et aucune de ses universités n'est classée parmi les 500 meilleures au monde. La proportion de diplômés en sciences humaines est très importante et ne correspond pas aux compétences attendues par les employeurs, qui recherchent en particulier des informaticiens.

Les observateurs ne s'attendent cependant pas à ce qu'une entrée dans l'euro suffise à résoudre les problèmes rencontrés par l'économie lettonne.

"Regardez ce qui se passe dans le sud de l'Europe", souligne Toms Silins, du Conseil des investisseurs étrangers en Lettonie. "Rejoindre l'Europe ne veut pas dire que tout va bien se passer pour vous ensuite."

Julien Dury pour le service français, édité par Marc Angrand

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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