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Marché : La Grèce prévoit un retour à la croissance l'an prochain

Marché : La Grèce prévoit un retour à la croissance l'an prochainMarché : La Grèce prévoit un retour à la croissance l'an prochain

par Lefteris Papadimas et George Georgiopoulos

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce devrait émerger l'an prochain de six ans de récession, prévoit le gouvernement dans le projet de budget présenté lundi, entérinant une amélioration progressive de la situation économique après une crise de la dette qui a contraint Athènes à accepter une mise sous tutelle internationale.

Si ces prévisions se matérialisaient, la Grèce pourrait enfin commencer à se défaire de son image d'enfant à problèmes de l'Europe après être passée d'une crise à l'autre, flirté avec la faillite et provoqué l'exaspération de ses créanciers faute d'avoir pu tenir un grand nombre de ses promesses.

Les analyses émettent toutefois quelques réserves au tableau brossé par Athènes, soulignant que le pays reste dépendant de l'aide internationale et qu'il sera sans doute nécessaire de passer par un nouvel allègement de la dette grecque qui devrait représenter cette année 175% du produit intérieur brut.

"L'élément à souligner, c'est que si les choses s'améliorent, on part de très très bas. La Grèce a encore besoin d'une assistance financière extérieure", observe Ben Lay, économiste de Capital Economics.

"De toute évidence, il y a des signes qui montrent que le pire de la crise est sans doute passé pour la zone euro mais, sur le long terme, on voit très bien que des inquiétudes persistent."

L'économie grecque, qui s'est contractée de près d'un quart depuis le pic atteint en 2007, devrait bénéficier en 2014 d'une croissance de 0,6% grâce à un rebond de l'investissement et des exportations, montre le projet de loi de finances.

Cette année, l'activité économique devrait se contracter de 4%, avec un taux de chômage culminant à 27%.

LES GRECS SCEPTIQUES

Par ailleurs, l'objectif d'un excédent primaire - qui ne tient pas compte du service de la dette - est jugé capital pour permettre à la Grèce d'espérer un nouvel allégement de sa dette publique par ses bailleurs de fonds internationaux.

La Grèce projette un excédent budgétaire primaire de 1,6% du Produit intérieur brut (PIB) en 2014, après un petit excédent de 340 millions d'euros cette année.

Le projet de budget 2014 prévoit un déficit budgétaire global de 2,4% du PIB l'an prochain et une dette publique de 174,5% du PIB, ainsi qu'un taux de chômage en légère diminution à 26%.

Athènes vise un retour sur les marchés obligataires au cours du second semestre 2014, a fait savoir le secrétaire d'Etat aux Finances Christos Staikouras, en présentant le budget 2014.

"Depuis cette année, les sacrifices commencent à porter leurs fruits, donnant les premiers signes d'une sortie de crise", a-t-il dit.

Dans les rues d'Athènes, les Grecs restent sceptiques sur les chances de sursaut et ils sont peu nombreux à partager l'optimisme de leur gouvernement.

"Je ne les crois pas. Tout ce qu'ils nous ont dit s'est avéré faux", peste Yorgos Dedousis, un vendeur de journaux installé sur la place Syntagma, située en face du Parlement.

"Chaque jour, des gens passent devant et me disent: 'j'ai faim, j'ai faim!' Qu'est-ce qui a changé? Tant qu'il y aura ce renflouement, nous aurons des problèmes."

La Grèce est entrée dans un long tunnel de crises en 2008 après les années fastes qui ont suivi son entrée dans la zone euro.

Les incessantes coupes budgétaires imposées par ses bailleurs de fonds, le Fonds monétaire international et l'Union européenne, ont exacerbé la récession et alimenté la colère populaire contre le régime d'austérité.

Privée d'accès aux marchés financiers, la Grèce ne doit sa survie qu'aux 240 milliards d'euros apportés par la "troïka", formée de la Banque centrale européenne, de l'UE et du FMI.

Les prévisions du gouvernement grec ont reçu un soutien inattendu lundi, celui du fonds spéculatif américain Paulson. Ce dernier, qui voit la récession toucher son point bas cette année, lorgne un secteur bancaire grec devenu attractif depuis sa recapitalisation.

Avec Harry Papachristou, Karolina Tagaris et Tatiana Fragou, avec Deepa Babington, Marc Angrand et Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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