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Marché : La Grèce obtient un avis positif de l'UE sur ses réformes

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par Francesco Guarascio et Frank Siebelt

LUXEMBOURG (Reuters) - La Commission européenne a émis lundi une appréciation positive au sujet du dernier train de mesures adopté par la Grèce, ce qui doit permettre aux ministres des Finances de la zone euro réunis à Luxembourg de débloquer une nouvelle aide de 2,8 milliards d'euros en faveur d'Athènes.

Certains pays, Allemagne en tête, ont toutefois un avis plus nuancé que celui de l'exécutif européen et jugent que le gouvernement grec n'a pas mis en oeuvre toutes les "actions préalables" attendues de lui.

Pour obtenir le versement d'une nouvelle tranche d'aide, la Grèce devait adopter un paquet de 15 réformes, dont la dernière a été approuvée au cours du week-end. Il revient à la Commission européenne, à la Banque centrale européenne (BCE), au Mécanisme européen de stabilité (MES) - le fonds de sauvetage de la zone euro - et au Fonds monétaire international (FMI) d'évaluer les actions du gouvernement grec.

"Le jugement que nous sommes amenés à prononcer, je crois, pourra être positif, ce qui devrait ouvrir la porte au déboursement des 2,8 milliards d'euros qui restent dans le cadre de la première revue du programme", a dit Pierre Moscovici à son arrivée à la réunion des ministres des Finances de la zone euro.

"Comme souvent dans le dossier grec, les choses se font un peu à la dernière minute, mais elles se font", a ajouté le commissaire européen aux Affaires économiques et financières.

D'après des responsables européens, certains pays, en particulier l'Allemagne, considèrent que la Grèce ne respecte pas encore vraiment les 15 conditions qui lui ont été posées, notamment celle prévoyant que le fonds chargé des privatisations soit pleinement opérationnel. Ces réticences pourraient retarder le déblocage complet de cette tranche de 2,8 milliards d'euros, la dernière prévue dans le cadre du premier examen des réformes entreprises par Athènes.

Au-delà du versement de cette somme, qui servira pour l'essentiel à payer des arriérés accumulés ces derniers mois, le respect des 15 "actions préalables" doit aussi permettre l'ouverture d'un nouveau chapitre du plan d'aide de 86 milliards d'euros conclu à l'été 2015. Le lancement de cette nouvelle phase, ou deuxième examen, conditionne lui-même l'ouverture de discussions sur un éventuel allègement du fardeau de la dette grecque.

Si Athènes respecte d'ici la fin de l'année l'ensemble des réformes prévues dans ce deuxième examen, elle pourrait obtenir l'ouverture de négociations avec les autres pays de la zone euro sur sa dette à moyen et long terme, ce qui constituerait une victoire politique pour le gouvernement d'Alexis Tsipras.

Les ministres des Finances de la zone euro ont accepté en mai dernier de commencer à discuter de l'ampleur d'un allègement de la dette, qui n'interviendrait qu'en 2018, une fois que le FMI leur aura transmis - en principe en décembre prochain - une nouvelle analyse sur la viabilité de la dette grecque.

(Marc Angrand et Bertrand Boucey pour le service français)

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