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Marché : La Grèce fait un retour réussi sur le marché obligataire

Marché : La Grèce fait un retour réussi sur le marché obligataireMarché : La Grèce fait un retour réussi sur le marché obligataire

par Sarka Halas

LONDRES (Reuters) - Quatre ans après en avoir été exclu, la Grèce, pays à l'origine de la crise de la dette de la zone euro, a fait un retour en fanfare sur le marché obligataire via une émission à cinq ans massivement souscrite de trois milliards d'euros, avec un rendement offert à 4,95%.

Pour sa première émission sur le marché international depuis son sauvetage en 2010, Athènes a attiré une demande de plus de 20 milliards d'euros de la part de plus de 550 investisseurs, qui semblent avoir laissé derrière eux le souvenir cuisant de la décote qui leur a été infligée lors de la restructuration de la dette grecque il y a deux ans.

La fourchette de prix indicative pour cette obligation, qui porte un coupon de 4,75%, avait été fixée jeudi à 5% plus ou moins cinq points de base. Le placement avait commencé mercredi avec une première fourchette indicative entre 5% et 5,25%.

L'opération est vue comme une étape clef dans la voie du lent redressement de la Grèce, qui pourrait renouer avec la croissance en 2014 après six années de récession et où le taux de chômage est encore à 26,7%, soit plus du double de celui du reste de la zone euro.

Un gérant de portefeuille basé à Londres estime toutefois que le taux de rendement reste élevé par rapport à celui du Portugal - qui a aussi fait l'objet d'un plan de sauvetage - et s'attend à une nouvelle baisse du rendement des titres grecs dans la mesure "où il va y avoir beaucoup de demande non satisfaite", dit-il.

La perspective de ce retour sur les marchés a contribué à faire reculer encore le rendement des emprunts grecs à 10 ans sur le marché secondaire, tombé mercredi en dessous de 6% pour la première fois en quatre ans alors qu'il évoluait à 40% au plus fort de la crise de la dette.

Selon des traders, l'obligation grecque s'est même échangée avec un taux de rendement à 4,8% sur le marché "gris" entre brokers.

Le vice-Premier ministre grec, Evangelos Venizelos, a déclaré à la presse peu après le résultat de l'émission que la demande massive prouvait que la dette grecque était viable.

De son côté, le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia, a jugé que cette émission devrait avoir un impact positif sur l'ensemble des marchés obligataires européens qui viennent de se remettre de la crise de la dette souveraine.

"C'est une très bonne nouvelle (...) qui va renforcer la confiance en Europe pour surmonter la crise", a-t-il dit à la presse après avoir rencontré le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, qui de son côté a parlé d'un "immense succès".

"LA CRISE N'EST PAS FINIE"

L'Irlande a levé de son côté un milliard d'euros de dette à 10 ans jeudi, comme prévu, lors de sa deuxième émission régulière depuis la sortie de son plan de sauvetage en décembre, à un taux de 2,917%, en baisse par rapport aux 2,967% de mars.

Sur le marché secondaire, le rendement de l'obligation irlandaise à 10 ans est lui aussi encore retombé à 2,904% jeudi, contre 2,954% mercredi soir.

En revanche, le rendement du 10 ans grec sur le marché secondaire est légèrement remonté jeudi, à 5,928% contre 5,919% la veille, tout en restant sous les 6%.

Certains intervenants restent inquiets même s'ils reconnaissent que le succès de l'émission prouve bien que la défiance des investisseurs n'est plus à son comble.

"En termes de capacité d'émission pour la Grèce, c'est formidable mais je ne tirerais par de conclusions trop hâtives comme quoi la crise est finie parce que le processus d'ajustement structurel se poursuit", souligne Michael Leister, responsable de la stratégie chez Commerzbank.

"Même avec un rendement de 5% ou 5,25%, ils (la Grèce) payent encore davantage que dans le plan de sauvetage, ce qui fait que tout bien considéré ce n'est pas une émission tellement bon marché pour eux. Mais ils sont sur la bonne voie (...)."

Bank of America Merrill Lynch, Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC, JP Morgan et Morgan Stanley sont chargés de l'opération.

La Grèce est le premier pays de la zone euro à avoir été contraint de recourir à un plan d'aide international et a ensuite eu besoin d'un deuxième programme de soutien. Elle a reçu au total un montant de 240 milliards d'euros d'aides de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Le gouvernement grec, qui va toucher la dernière tranche du plan d'aide international dans le courant du mois, a exprimé le souhait de ne pas solliciter davantage la zone euro. Mais les partenaires européens d'Athènes restent sceptiques sur sa capacité à s'autofinancer dès l'année prochaine

Le pays est noté Caa3 par Moody's, soit neuf crans en dessous de la catégorie d'investissement. Standard & Poor's et Fitch l'ont également placé en catégorie spéculative, à B-, soit six crans en dessous de la catégorie d'investissement.

(Bureau IFR de Londres, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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