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Marché : La Grèce fait des concessions jugées insuffisantes

Marché : La Grèce fait des concessions jugées insuffisantesMarché : La Grèce fait des concessions jugées insuffisantes

par Renee Maltezou et Jan Strupczewski

ATHENES/BRUXELLES (Reuters) - Le gouvernement grec a tenté mardi de se rapprocher d'un compromis au sujet de la dette du pays en soumettant à ses bailleurs de fonds une nouvelle proposition de réformes aussitôt jugée insuffisante par des responsables de l'Union européenne.

Athènes, qui tente des concessions dans l'espoir d'obtenir des fonds pour écarter la menace d'un défaut, a adopté un ton plus conciliant en acceptant d'augmenter la TVA et de réduire l'écart entre ses propres objectifs d'excédent primaire et ceux définis par ses créanciers.

Les discussions vont se poursuivre ce mardi dans le but de rapprocher les positions des deux parties afin que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, puisse conclure un accord mercredi à Bruxelles, a-t-on appris de source proche des négociations à Athènes.

"Nous allons nous rapprocher autant que possible ce soir, nous allons essayer de réduire la distance qui nous sépare, pour que les dirigeants politiques puisse franchir la dernière étape demain", a déclaré cette source à Reuters.

Alexis Tsipras, qui doit rencontrer mercredi Angela Merkel et François Hollande, sait que le temps lui est compté.

Le programme d'aide accordé à la Grèce par l'Union européenne et le Fonds monétaire international expire en effet à la fin du mois et Athènes doit honorer avant son terme des échéances de remboursement auxquelles elle aura bien du mal à faire face si elle n'obtient pas de nouveaux financements.

Alexis Tsipras, qui avait qualifié vendredi d'"absurdes" les exigences des créanciers, a adopté un ton plus conciliant en affirmant dans un entretien au Corriere della Sera de mardi qu'un accord était possible.

Le chef du gouvernement, parvenu au pouvoir sur un programme dénonçant l'austérité imposée à son pays en échange de l'aide internationale, refuse toutefois de lâcher du lest sur l'épineuse question des retraites.

"Je crois que nous sommes très proches d'un accord sur l'excédent primaire pour les prochaines années", déclare Alexis Tsipras au quotidien italien.

"Il faut toutefois qu'il y ait une attitude positive sur d'autres propositions concernant la baisse des retraites et des mesures récessionnistes", ajoute-t-il.

UN COMPROMIS S'IMPOSE

Ces résistances sur un aspect jugé crucial par les créanciers expliquent sans doute en partie pourquoi la nouvelle proposition de réformes que la Grèce a transmise aux institutions représentant ses bailleurs de fonds a été accueillie froidement.

Cette proposition n'est pas suffisante pour débloquer les négociations sur l'octroi d'une nouvelle aide financière, ont dit mardi deux responsables européens.

"Ce qui nous a été présenté n'est pas suffisant pour faire avancer le processus", a dit l'un d'eux.

"Je dirais que ce n'est pas suffisant et pas acceptable par les Etats membres", a renchéri l'autre.

Un porte-parole de la Commission a déclaré pour sa part que l'exécutif communautaire étudiait les propositions d'Athènes, en soulignant que les autres responsables parlaient uniquement en leur nom propre et pas au nom de la Commission.

Depuis la victoire aux élections l'an dernier de son parti de gauche, Syriza, Alexis Tsipras n'a cessé de dénoncer les vagues successives d'austérité imposées à son pays, les rendant responsables de la chute du niveau de vie de la population et de l'explosion du chômage.

Un compromis s'impose cependant puisque la Grèce n'a reçu aucune aide internationale depuis août dernier et que ses créanciers ne cessent d'affirmer qu'ils ne débloqueront de nouveaux fonds qu'une fois que le gouvernement grec se sera engagé à mettre en oeuvre des réformes jugées suffisantes.

TSIPRAS AGITE ENCORE LA MENACE D'UN "GREXIT"

Dans son entretien au Corriere della Sera, Alexis Tsipras brandit une nouvelle fois le spectre d'un "Grexit", soit une sortie de la Grèce de la zone euro, et de ses conséquences sur l'union monétaire.

"Ce serait le début de la fin pour la zone euro", dit-il. "Si la Grèce échoue, les marchés vont aussitôt chercher le prochain. Si les négociations échouent, le coût pour les contribuables européens sera énorme".

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a au contraire estimé lundi qu'un "Grexit" n'affaiblirait pas la zone euro.

De nombreux économistes penchent toutefois plutôt du côté d'Alexis Tsipras et une sortie de la Grèce de la zone euro provoquerait sans aucun doute des turbulences sur les marchés financiers.

Si l'urgence de parvenir à un accord est reconnue par les deux camps, la route menant à un compromis reste semée d'embûches.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, partisan de la ligne dure dans les négociations, a déclaré mardi, au lendemain d'un entretien avec son homologue grec Yanis Varoufakis, que les vues des deux camps divergeaient toujours.

Quant au ministre finlandais des Finances, Alexander Stubb, il a déclaré que la patience de plusieurs de ses homologues de l'Eurogroupe était à bout.

(Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Angrand)

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