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Marché : La faible croissance britannique contrarie les plans de Cameron

Marché : La faible croissance britannique contrarie les plans de CameronMarché : La faible croissance britannique contrarie les plans de Cameron

par David Milliken et Peter Griffiths

LONDRES (Reuters) - Le ministre britannique des Finances a reconnu mercredi qu'il ne pourrait pas tenir sa promesse de faire baisser le niveau d'endettement du Royaume-Uni d'ici 2016 en raison de la dégradation des perspectives de croissance.

Dans son discours semestriel sur la situation budgétaire, George Osborne a expliqué qu'il faudrait attendre l'exercice 2016-2017 pour voir diminuer le ratio dette publique/produit intérieur brut, soit un an de plus qu'annoncé initialement.

La Grande-Bretagne, a-t-il ajouté, devra donc s'en tenir à sa politique actuelle d'austérité budgétaire en dépit des difficultés liées à la crise de la dette dans la zone euro et à la détérioration de la conjoncture mondiale.

Un constat qui justifie pour le gouvernement la prolongation de coupes dans les dépenses publiques jusqu'en 2017-2018, là encore un an de plus que prévu, ce qui se traduira entre autres par une baisse des prestations sociales ajustées de l'inflation.

"La Grande-Bretagne est sur la bonne voie. Faire demi-tour maintenant serait un désastre", s'est justifié le chancelier de l'Echiquier dans un discours au Parlement régulièrement interrompu par les huées de l'opposition. "C'est un chemin difficile mais nous y arriverons."

La croissance britannique ne devrait pas dépasser 1,2% en 2013, loin du niveau de 2% attendu en mars, a précisé le ministre en citant les nouvelles prévisions de l'Office for Budget Responsibility (OBR), l'équivalent de la Cour des comptes.

Et cette année, elle devrait se contracter de 0,1% alors que l'OBR tablait au printemps sur une expansion de 0,8%.

En 2014, la hausse du PIB ne serait que de 2%, soit 0,7 point de moins que prévu en début d'année.

UN "ÉCHEC ÉCONOMIQUE", ACCUSENT LES TRAVAILLISTES

La faiblesse de la croissance a donc déjà ruiné les espoirs de la coalition gouvernementale conservateurs-libéraux démocrates dirigée par David Cameron de combler le déficit budgétaire structurel du Royaume-Uni à temps avant les prochaines élections, prévues en 2015.

L'opposition travailliste accuse George Osborne de s'obstiner à poursuivre une politique d'austérité qui, selon elle, étouffe la croissance, sape la demande et réduit les recettes fiscales. Dans les sondages d'opinion, les conservateurs accusent actuellement un retard d'environ dix points sur les travaillistes.

"Aujourd'hui, au bout de deux ans et demi, nous pouvons constater, comme les gens de ce pays, l'ampleur réelle de l'échec économique de ce gouvernement", a déclaré Ed Balls, porte-parole du "Labour" pour les questions budgétaires et financières.

Pour le gouvernement, la dégradation des perspectives de croissance est d'autant plus problématique qu'il avait érigé l'assainissement des finances publiques en priorité lors de son arrivée au pouvoir en 2010, alors que le déficit budgétaire venait d'atteindre un niveau sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, à 11% du PIB.

Devant le Parlement, George Osborne a assuré que le déficit diminuerait chaque année jusqu'au prochain scrutin, ajoutant : "Oui, le déficit est encore trop élevé pour être acceptable. Nous ne pouvons pas relâcher nos efforts."

La correction de la trajectoire de baisse de l'endettement pourrait aussi avoir des conséquences pour le "triple A" dont bénéficie toujours le Royaume-Uni auprès des grandes agences de notation.

Parallèlement aux baisses de dépenses, George Osborne a annoncé une série de mesures censées favoriser la croissance, parmi lesquelles de nouveaux avantages fiscaux pour le secteur des gaz de schiste et la baisse d'un point du taux de l'impôt sur les sociétés, qui sera ramené à 21% en avril 2014.

L'ensemble des mesures annoncées sera "neutre" pour le budget, a assuré le ministre, dont la cote de confiance est tombée à 19% dans la dernière enquête Comres-ITV publiée mardi.

Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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