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Marché : La devise ukrainienne chute, un possible défaut évoqué

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LONDRES (Reuters) - La monnaie ukrainienne, la hryvnia, a chuté mercredi à un nouveau plus bas historique renforçant le risque d'un défaut de Kiev sur sa dette, en particulier sur un emprunt de 3 milliards de dollars souscrit par la Russie en décembre.

Cette éventualité pèse sur le rouble dont le cours pondéré contre l'euro et le dollar a touché mercredi un plus bas historique à 42.

Au cours de la seule journée de mercredi, la hryvnia a enregistré une baisse allant jusqu'à 4%, tombant à 10 pour un dollar.

La banque centrale semble s'être résignée à cette dérive sur fond de baisse de ses réserves en devises et dans la perspective d'un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) sur une aide financière, qui serait conditionnée à l'adoption d'un taux de change flottant.

"C'est une mesure délibérée de la part de la banque centrale. Une dévaluation est inévitable", a commenté Neil Shearing, responsable de la recherche sur les marchés émergents chez Capital Economics.

"Nous pourrions avoir un mouvement désordonné vers 14/15 (hryvnia pour un dollar) et ensuite une crise (de dette) émergente classique. C'est maintenant le véritable risque."

Les réserves en devises de l'Ukraine sont évaluées entre 12 et 14 milliards de dollars par Goldman Sachs, contre un montant de 17,8 milliards à fin janvier qui représentait un plus bas depuis 2006.

La banque centrale ukrainienne n'était pas présente sur le marché mercredi selon des opérateurs qui soulignaient la faiblesse des volumes échangés.

Sur le marché à terme, la hryvnia s'échange à 11 contre le dollar à échéance six mois, ce qui représente une dépréciation supplémentaire d'environ 9%.

Le cours des emprunts de l'Ukraine en dollars d'échéance 2017 et 2023 s'inscrivent en recul tandis que le coût de l'assurance contre un risque de défaut du pays à un horizon de cinq ans a bondi de plus de 76 points de base à 1.063 points de base.

L'Ukraine doit rembourser pour six milliards de dollars de dette extérieure avant la fin 2014 alors que la Russie a suspendu une aide financière de 15,5 milliards de dollars offerte en décembre en raison des troubles politiques qui ont abouti à la destitution du président Viktor Ianoukovitch.

HAUSSE MECANIQUE DU RATIO D'ENDETTEMENT

Le ministère des Finances ukrainien a évalué à 35 milliards de dollars (25,5 milliards d'euros) les besoins du pays pour 2014 et 2015 et souhaité obtenir un premier versement dans les deux semaines à venir, suggérant l'organisation d'une conférence de donateurs.

Le vice-ministre russe des Finances Sergueï Storchak a déclaré mercredi que s'il y avait actuellement des négociations sur une aide à l'Ukraine, elles n'avaient lieu qu'à des niveaux nationaux et qu'aucun groupe international d'experts n'avait encore été formé.

Il n'avait pas exclu la veille l'éventualité d'un défaut de Kiev sur les trois milliards de dollars d'euro-obligations à deux ans souscrites par Moscou en décembre.

Un défaut sur cet emprunt aurait des répercussions sur la note souveraine de l'Ukraine, actuellement supérieure au niveau D, correspondant au défaut.

L'agence de notation Fitch doit publier vendredi le résultat de sa revue de la note souveraine de l'Ukraine.

L'emprunt souscrit par Moscou est assorti d'une clause restrictive imposant à Kiev de maintenir son ratio d'endettement sous 60% de son produit intérieur brut (PIB).

Il dépasse déjà 50% du PIB, selon Tim Ash, responsable de la recherche sur les marchés émergents de Bank of America qui souligne que la dépréciation de la hryvnia entraîne mécaniquement son augmentation.

Selon ses calculs, toute dépréciation d'une hryvnia contre le dollar entraîne une hausse de deux points du ratio d'endettement.

En fonction de son montant, un plan d'aide international en faveur de l'Ukraine risque aussi de déclencher la clause restrictive sur le ratio d'endettement.

"Il y a un risque réel que cette clause ne soit pas respectée", estime Tim Ash. Un pessimisme qui n'est pas partagé par tous. Richard Segal, analyste sur les marchés émergents chez Jefferies ne pense pas que les clauses restrictives seront enfreintes.

"Il faudrait une chute spectaculaire de la devise et il ne faut pas oublier qu'une grande partie de l'aide internationale sera utilisée pour refinancer des dettes existantes", explique-t-il.

(Natsuko Waki, Julien Dury et Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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