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Marché : La "culture du secret" de General Motors vilipendée au Congrès

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par Ben Klayman et Eric Beech

WASHINGTON (Reuters) - La directrice générale de General Motors (GM) Mary Barra a dû faire face mercredi au Congrès aux critiques des élus contre la "culture du secret" reprochée au groupe dans le dossier des rappels de plusieurs millions de véhicules affectés de défauts de fabrication.

Convoquée par la sous-commission de l'Energie et du Commerce de la Chambre des représentants, Mary Barra a dû s'expliquer sur ces multiples rappels, qui portent sur une vingtaine de millions de véhicules depuis le début de l'année, et sur les défauts de fabrication liés à 13 décès au moins.

Directrice générale du constructeur depuis moins de six mois mais salariée de GM depuis plus de 30 ans, elle a affirmé ne pas avoir été informée du problème avant décembre 2013.

La représentante démocrate Diana DeGette a jugé "franchement inquiétant" le fait qu'une enquête interne au groupe ait conclu que les principaux dirigeants de GM n'avaient pas été informés de l'existence de ce défaut mortel pendant des années alors que les échelons inférieurs et les services juridiques étaient au courant.

"Il n'y pas de quoi être fier", a ajouté l'élue, estimant que la rupture avec la "culture du secret" devait aller bien au-delà du changement des titulaires de quelques postes de direction.

GM a limogé 15 salariés depuis les rappels, dont certains cadres dirigeants, mais ces départs n'ont pas touché les rangs les plus élevés de la direction.

Les 44 rappels annoncés par General Motors depuis le 1er janvier représentent plus d'une année de ventes de voitures aux Etats-Unis, tous constructeurs confondus. Sur les 20 millions de véhicules concernés, près de 6,5 millions sont touchés par des problèmes liés au démarreur.

"TERRIBLE EXPÉRIENCE"

Le dernier rappel en date annoncé par GM, lundi, porte sur plus de trois millions de véhicules. Le groupe a précisé que les provisions liées à ces rappels atteindraient deux milliards de dollars dans ses comptes sur les six premiers mois de l'année.

"Nous sommes en train de mener ce qui est, je pense, l'enquête de sécurité la plus exhaustive, la plus complète de l'histoire de cette entreprise", a dit Mary Barra au Congrès.

Mais pour les députés américains, la multiplication des rappels fait craindre des problèmes de sécurité plus graves encore au sein du groupe. Mary Barra a assuré que GM traitait tous les problèmes touchant à la sécurité et elle a affirmé que le groupe était déterminé à changer.

"Je veux que cette terrible expérience soit gravée de manière permanente dans notre mémoire collective. Il s'agit d'un problème tragique qui n'aurait jamais dû se produire; et il ne doit jamais plus se produire", a-t-elle dit.

Elle a également expliqué qu'un fonds d'indemnisation en cours de création allait permettre de dédommager toutes les victimes ayant subi des blessures graves et les familles des personnes dont le décès a été lié aux défauts.

Le dossier n'a pour l'instant que peu pénalisé GM sur le plan commercial. Les ventes du groupe ont augmenté de 12,6% en mai par rapport au même mois de l'an dernier et son cours de Bourse a légèrement progressé depuis le 13 février, juste avant l'annonce du premier rappel lié au démarreur.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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