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Marché : La croissance dans la zone euro tirée par l'Allemagne

Marché : La croissance dans la zone euro un peu meilleure qu'attenduMarché : La croissance dans la zone euro un peu meilleure qu'attendu

par Philip Blenkinsop et Alexandra Hudson

BRUXELLES/BERLIN (Reuters) - La croissance économique dans la zone euro a enregistré fin 2014 une accélération inattendue, grâce avant tout à la bonne santé retrouvée de l'Allemagne alors que plusieurs autres pays, dont la France, restaient à la peine.

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a progressé de 0,3% sur la période octobre-décembre par rapport aux trois mois précédents, montre la première estimation publiée vendredi par Eurostat, l'institut européen de la statistique.

Les 51 économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de 0,2% seulement, comme au troisième trimestre.

En rythme annuel, le PIB du quatrième trimestre affiche une hausse de 0,9% sur octobre-décembre, elle aussi supérieure de 0,1 point au consensus.

La première économie de la région, l'Allemagne, dépasse d'une bonne tête le reste de la classe avec une croissance de 0,7%, qui dépasse largement les attentes puisque le consensus ne donnait que 0,3% de croissance.

Ce bon chiffre marque un retour à une expansion solide de l'économie allemande après deux trimestres de quasi-stagnation et il permet à Berlin d'afficher sur l'ensemble de 2014 une croissance de 1,6%.

Destatis, l'institut national allemand de la statistique, explique la bonne performance du quatrième trimestre par la nette progression de la consommation des ménages, qui a permis de surmonter le ralentissement de l'été.

"C'est un coup de tonnerre. La reprise économique en Allemagne a commencé bien plus tôt que prévu. Certains évoquaient la possibilité d'une récession après l'été mais au contraire, l'Allemagne a rebondi", a commenté Andreas Rees, économiste de la banque UniCredit.

Le contraste avec la France n'en est que plus net: la croissance française a au contraire ralenti fin 2014 pour tomber à 0,1% selon la première estimation de l'Insee, après 0,3% au troisième trimestre. Et sur l'ensemble de 2014, Paris n'affiche qu'une progression de 0,4%.

"C'est évidemment encore trop faible mais les conditions sont réunies pour permettre un redémarrage plus net de l'activité en 2015", a déclaré le ministre des Finances, Michel Sapin, qui juge que les derniers chiffres "confortent" la prévision d'une croissance de 1% cette année.

BAISSE DU PÉTROLE ET BCE DONNENT ESPOIR POUR 2015

La situation est plus difficile encore en Italie, où le PIB a stagné au quatrième trimestre et reculé de 0,3% en rythme annuel. Octobre-décembre marque ainsi le 14ème trimestre consécutif sans croissance.

La zone euro traverse actuellement une nouvelle zone de turbulences, en raison principalement des tensions provoquées par l'arrivée au pouvoir du parti de gauche anti-austérité Syriza, mais aussi de la situation en Ukraine et de la crise économique en Russie.

Mais la chute des cours du pétrole depuis l'été dernier et la perspective du lancement par la Banque centrale européenne (BCE) de son plan d'achats d'actifs au rythme de 60 milliards d'euros par mois à partir de mars et pour 18 mois au moins devraient soutenir l'activité.

Les derniers indicateurs disponibles suggèrent ainsi un début d'année plus soutenu dans la zone euro que la fin 2014. L'enquête mensuelle de janvier auprès des directeurs d'achats (PMI) a ainsi donné les meilleurs résultats depuis la mi-2014 et suggère une croissance de 0,3% au premier trimestre.

En Grèce, le PIB s'est contracté de 0,2% sur octobre-décembre après trois trimestres consécutifs de hausse. En rythme annuel, l'économie grecque affiche une croissance de 1,7%, soit un demi-point de moins qu'attendu.

Les chiffres de l'Espagne et du Portugal sont plus encourageants : le PIB espagnol, dont la première estimation a été publiée il y a deux semaines, a crû de 0,7% sur les trois derniers mois de l'année, sa meilleure performance depuis sept ans, et le portugais a progressé de 0,5%.

Dans l'ensemble de l'Union européenne, le PIB est en hausse de 0,4% au quatrième trimestre par rapport au troisième et de 1,3% en rythme annuel, précise Eurostat. La croissance des pays d'Europe centrale, Hongrie en tête, est restée soutenue, malgré la crise en Ukraine.

(avec Alexandria Sage et Yann Le Guernigou à Paris, Gavin Jones à Rome, George Georgiopoulos à Athènes; Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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