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Marché : La croissance allemande freinée par le commerce extérieur

Marché : Ralentissement de la croissance en Allemagne au 3e trimestreMarché : Ralentissement de la croissance en Allemagne au 3e trimestre

par Michael Nienaber

BERLIN (Reuters) - La croissance de l'économie allemande a légèrement ralenti au troisième trimestre à cause du commerce extérieur, sa dépendance aux exportations s'étant retournée contre elle sur fond de difficultés des pays émergents, montre vendredi la première estimation publiée par Destatis, l'office fédéral de la statistique.

Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,3% sur la période juillet-septembre, un chiffre conforme au consensus Reuters, après une hausse de 0,4% au deuxième trimestre.

Et c'est la demande intérieure qui a été le principal moteur de la croissance, précise Destatis. "La consommation tant privée que publique a augmenté", explique-t-il dans un communiqué, tout en précisant que l'investissement en biens durables a reculé.

Le niveau record de l'emploi et la hausse des salaires soutiennent actuellement la consommation des ménages allemands et la décision du gouvernement d'Angela Merkel d'accueillir plusieurs centaines de milliers de réfugiés se traduit par une augmentation de la dépense publique.

Parallèlement, poursuit Destatis, la croissance du troisième trimestre a été freinée par le commerce extérieur, les importations progressant bien plus vite que les exportations.

"Les turbulences sur les marchés émergents et le ralentissement chinois ont fini par imprimer leur marque sur l'économie allemande", commente Carsten Brzeski, économiste d'ING.

Il note que la faiblesse des taux d'intérêt et de l'inflation, la vigueur du marché du travail et les hausses de salaires permettent encore de soutenir la consommation, compensant le ralentissement de l'industrie et de l'exportation.

L'INVESTISSEMENT À LA PEINE

Les indicateurs récents sur l'économie allemande ont confirmé la tonalité mitigée de la conjoncture, alimentant les craintes d'un impact durable des difficultés des pays émergents: en septembre, exportations et importations ont rebondi mais la production industrielle a accusé sa plus forte baisse depuis plus d'un an.

Et les commandes à l'industrie, elles, ont reculé pour le troisième mois consécutif, ce qui ne s'était plus reproduit depuis l'été 2011.

Les données brutes publiées vendredi montrent qu'en rythme annuel, le PIB a augmenté de 1,8% au troisième trimestre, un chiffre lui aussi conforme au consensus Reuters.

Le gouvernement estime que la consommation privée et la hausse des dépenses publiques liée à l'afflux de réfugiés devraient permettre d'atteindre son objectif d'une croissance de 1,7% sur l'ensemble de cette année et de 1,8% en 2016.

Les importations devraient néanmoins continuer d'augmenter plus vite que les exportations au cours des mois à venir, ce qui empêcherait toute contribution positive du commerce extérieur à l'évolution du PIB l'an prochain.

Pour Carsten Brzeski, les chiffres de vendredi reflètent une situation économique toujours solide et saine mais masquent les risques à venir.

"Tant que l'investissement intérieur ne se redresse pas, il faut prendre avec des pincettes le discours sur la vigueur de la demande intérieure allemande", prévient-il.

Les chiffres détaillés du PIB du troisième trimestre seront publiés le 24 novembre.

(Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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